A. −Tissu croisé de laine ou de coton dont l'endroit présente une côte légèrement en relief.La chemise blanche largement ouverte sur un complet de gabardine beige, il avait l'air à l'aise dans son corps (Camus, Exil et roy.,1957, p. 1601).
B. −P. méton.Manteau imperméable coupé dans ce tissu.Il y a des agents, des gardes mobiles et ces sordides policiers en civil avec leurs gabardines, leurs parapluies, les breloques sur leur ventre (Nizan, Chiens garde,1932, p. 183).
Prononc. : [gabaʀdin]. Étymol. et Hist. [Fin xixes. d'apr. Bl.-W.1-5] 1. 1925 « espèce de serge » (Sain. Sources t. 1, p. 199, note 3); 2. 1932 « imperméable fait de ce tissu » (Nizan, loc. cit.). Prob. empr. à l'angl. gabardine, attesté au sens « sorte de serge imperméabilisée » dep. 1904 (Ladies' Field, 14 mai, 426 ds NED Suppl.), d'abord gawbardyne, gaberdine « ample manteau de tissu épais » (dep. 1520 ds NED), empr. au m. fr. gaverdine (1482 ds Gdf.), gavardine (1491 ds Gay, s.v. galvardine) « sorte de caban à larges manches », lui-même empr. à l'esp. gabardina, anc. gavardina « id. » (dep. 1423 d'apr. Cor.), issu du croisement de gabán (caban*) avec tavardina, tabardina, dimin. de tabardo « sorte de manteau » (empr. à l'a. fr. tabart, d'orig. inc., v. FEW t. 21, pp. 519b-520a). Fréq. abs. littér. : 10.
Gabardine (1)Un imperméable de femme en gabardine. (2)1
gabardine\ɡa.baʁ.din\féminin
Tissu présentant une côte en diagonale sur l’endroit.
Camille était vêtu de toile brune comme les chasseurs de France [...]. Le capitaine Philps, lui, était en fine gabardine beige.— (Georges Simenon, Le Blanc à lunettes, ch. II, Gallimard, 1937)
(Par métonymie) Manteau imperméable fabriqué en gabardine.
Mais ce bonhomme dont le ventre écarte les pans flottants d'une vieille gabardine et qui abrite son crâne luisant sous un journal à demi déployé, est-ce vraiment Fred ?— (Hervé Bazin, Cri de la chouette, Grasset, 1972, réédition Le Livre de Poche, page 146)
J'enviais ses fils de pouvoir partager avec lui des parties de ping-pong qu'il jouait, comme Columbo, sans quitter sa gabardine.— (Jean-Baptiste Harang, Nos cœurs vaillants, Paris, Grasset, 2010, pages 53-54)
À l’arrière-plan, des hommes en gabardine appartenaient probablement aux services de sécurité américains.— (Michel Houellebecq, La carte et le territoire, 2010, J’ai lu, page 131)
(1925) De l’anglais gabardine[1], attesté au sens de « serge imperméabilisée » depuis 1904, auparavant écrit gaberdine, « ample manteau de tissu épais », du moyen français galvardine, gavardine, de l’arabe قبا, aba/kaba[2] qui a donné aussi cape et caban[3].
La gabardine est une étoffe qui protège du vent et de la pluie mais qui enferme bien plus de chaleur et de paroles que d'air.Georges Perros
La gabardine du sapeur est son vestige. Quand il se penche, une effluve remonte et nos yeux voient, perles surfilées, tous les champs de bataille où, tout fringant, il était.Boris Vian
Au-dessus de ma gabardine, il y a une Newton, ou plutôt, un Laplace analytique, un peu nébuleux, mais assez précis toutefois pour me faire comprendre que mes chances de données sont réduites.Sacha Guitry