Gage

subst masc

Définitions de « gage »

Trésor de la Langue Française informatisé

GAGE, subst. masc.

I. − Au sing. ou au plur.
A. − Ce que l'on dépose entre les mains de quelqu'un en garantie.
1. DR. ,,Contrat par lequel un débiteur remet à son créancier un objet mobilier pour garantir l'exécution de sa dette`` (Banque 1963). Cf. fiducie ex. :
1. 2072. Le nantissement d'une chose mobilière s'appelle gage [it. ds le texte]. Celui d'une chose immobilière s'appelle antichrèse. Code civil,1804, p. 372.
Gage vif, gage mort ou mort gage. ,,Celui qui vient ou ne vient pas en déduction de la dette`` (Ac. 1932).
P. méton. La chose remise en gage. Celui qui ne peut pas trouver une caution, est reçu à donner à sa place un gage en nantissement suffisant (Code civil,1804, art. 2041, p. 367).Le créancier ne peut, à défaut de paiement, disposer du gage (Code civil,art. 20781804, p. 373).
2. P. ext.
a) Tout meuble ou immeuble garantissant le paiement d'une dette. Mettre en gage, prêter sur gage. Il obtint la remise des villes de Péronne, Roye et Mondidier, qui avaient été assignées en gage de la dot (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 420).Cet hiver, certaines familles mettaient en gage leur argenterie pour donner des bals (Michelet, Journal,1835, p. 169).
Prêteur* sur gages.
b) Ce qui est déposé lors d'une contestation entre les mains d'une tierce personne par les deux parties et qui sera remis à celui qui a raison. Mettons des gages entre les mains de quelqu'un (Ac.1798-1878).
3. Spécialement
a) JEUX. Ce qui est déposé par les joueurs perdants et qu'ils ne peuvent récupérer qu'à la fin du jeu moyennant une pénitence. C'est là l'origine d'une pénitence toute semblable que l'on impose, au petit jeu des gages touchés (Jouy, Hermite, t. 3, 1813, p. 62).Les gages furent tirés au sort sur les genoux d'Élodie (A. France, Dieux ont soif,1912, p. 136).
b) FÉOD. Gant ou gantelet que l'on jetait pour défier quelqu'un au combat. Gage du combat ou gage de bataille (Ac.1798-1878) :
2. ... il ajouta : Voilà le chevalier du Cygne prêt à recevoir le gage de bataille. Pour toute réponse, le roi jeta son gant, qu'Olivier ramassa. Ensuite les deux ennemis (...) se précipitèrent l'un sur l'autre. Genlis, Chev. Cygne, t. 3, 1795, p. 357.
B. − Au fig. Ce qui représente une garantie, une assurance de quelque chose. Gage d'alliance, de tendresse. Donnez-moi un gage, un gage d'oubli du passé, d'espoir dans l'avenir! (De Vogüé, Morts,1899, p. 354).Élisabeth lui donna son appui moyennant des gages : la remise du Havre d'abord et plus tard la restitution de Calais (Bainville, Hist. Fr., t. 1, 1924, p. 168).
1. [Pour le passé] Ce qui sert de preuve, de témoignage :
3. ... si (...) [le sous-secrétaire d'État] n'était venu me forcer en quelque sorte à donner de la publicité à ma lettre, publicité qui, au demeurant, devient pour le lecteur un gage de plus de l'authenticité et de l'exactitude de tous les faits mentionnés ici. Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 2, 1823, p. 553.
2. [Pour l'avenir] Ce qui constitue une promesse formelle, une assurance. Le capitaliste trouve dans l'instrument produit par le travailleur un gage d'indépendance et de sécurité pour l'avenir (Proudhon, Propriété,1840, p. 216).L'immortalité de l'âme, gage de notre béatitude future (Gilson, Espr. philos. médiév.,1931, p. 177).
3. Expressions
Demeurer pour les gages (vx).
[En parlant de ceux qui sont pris ou tués dans un combat dont les autres parviennent à réchapper] Synon. de succomber.La moitié des siens sont demeurés pour les gages (Ac.1835, 1878).
[En parlant de circonstances moins graves] ,,Par exemple si dans une hôtellerie, dans un cabaret, on retient quelques gens d'une compagnie, afin qu'ils payent pour les autres qui se sont échappés`` (Ac. 1835, 1878.
Donner des gages à un parti. Se lier à un parti par un acte attestant son attachement à celui-ci. C'est très malin, son jeu de bascule, les gages donnés un jour aux libéraux, l'autre jour aux autoritaires (Zola, Argent,1891, p. 414).
Gage de l'amour (vieilli et littér.). Synon. de enfant.Abassa portoit dans son sein le gage funeste de notre union (Genlis, Chev. Cygne, t. 2, 1795, p. 246).
Laisser (qqc.) pour gage, pour les gages. Synon. de perdre.Oui, justement, l'île de Fionie; c'est là que j'ai manqué laisser mon nez en gage (Mérimée, Théâtre C. Gazul,1825, p. 16).
Prendre des gages. Prendre des précautions en s'assurant dès maintenant des avantages que l'on n'est pas certain d'obtenir plus tard. Au printemps prochain, l'Allemagne sera défaillante; on le sait. Que se passera-t-il? Il faudra prendre des gages. Autant, dès lors, maintenir ceux que nous avons déjà (Barrès, Cahiers, t. 13, 1921-22, p. 194).
II. − Au plur.
A. − Somme que l'on verse mensuellement ou annuellement pour payer les services d'un domestique. Payer les gages. Les gages d'un cocher (Voy. La Pérouse, t. 2, 1797, p. 345). Cela ne suffit pas aux gages des domestiques, aux appointements des maîtres et des maîtresses de tes sœurs, à leur toilette et à la mienne (Lamart., Nouv. Confid.,1851, p. 34).
(Être) aux gages de qqn.
Vieilli. Être au service de quelqu'un en qualité de domestique. Il est aux gages d'un tel (Ac. 1835-1932).
Être à l'entier service de quelqu'un et, p. ext., lui être aveuglément dévoué. Ils mettent leur génie trafiquant aux gages du sultan ou des Turcs (Lamart., Voy. Orient, t. 2, 1835, p. 386).
Casser* (qqn) aux gages.
À gages. Qui est payé pour cette sorte de service. Tueur à gages. Par ce même décret, elle [la Convention] accorda des secours et pensions à tous les anciens serviteurs à gages du ci-devant roi (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 314).Elle a un secrétaire à gages pour l'administration de ses réceptions (Martin du G., Devenir,1909, p. 153).
Gén. péj. Là, point d'applaudissements à gage, à qui l'on a, pour ainsi dire, noté, sur la pièce, les endroits qu'ils doivent applaudir (Jouy, Hermite, t. 4, 1813, p. 332).Les chroniqueurs d'alors, tant français que bourguignons, étaient des chroniqueurs à gages. Tout grand seigneur avait le sien (A. France, J. d'Arc, t. 1, 1908, p. iv).
Au fig. et fam. Cet homme ne vole pas ses gages. ,,il s'acquitte bien de ce qu'il est chargé de faire`` (Ac. 1878, 1932).
Rem. On relève a) Qq. attest. au sing. MlleTrapenard entra donc au service de ce maître, pour n'en plus bouger, au gage de quarante-cinq francs par mois (Bourget, Discipline, 1889, p. 16). V. aussi Jouy supra. b) L'emploi fém. (plur.) ds Hémon, M. Chapdelaine, 1916, p. 78, 166, 182.
B. − Spécialement
1. HIST. ,,Appointements d'un office ou d'une charge`` (Lep. 1948). Un autre moyen, ce fut de retenir la moitié des gages et pensions de tous les officiers de justice et de finance du pays de Bourgogne (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 3, 1821-24, p. 169).Il avait en meubles plus de cent mille écus d'or, trente mille livres de rentes, et les profits de ses fiefs, et les gages de son office de maréchal (Flaub., Champs et grèves,1848, p. 218).
2. MAR. Solde du capitaine, des matelots d'un bâtiment de commerce. Les gages d'un capitaine de navire, d'un matelot (Ac. 1835, 1878).
Prononc. et Orth. : [ga:ʒ]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) Ca 1130 gwage « ce qu'on met ou laisse en dépôt, comme garantie d'une dette, de l'exécution de quelque chose » (Lois de Guillaume, éd. J. E. Matzke, p. 7, § 5); b) ca 1165 guage « ce qu'on donne à quelqu'un à titre de réparation, de satisfaction pour un tort qu'on lui a causé » (Benoit de Ste-Maure, Troie, 2595); 2. a) ca 1135 mettre guage « engager quelque chose, mettre en jeu » (Couronnement de Louis, éd. E. Langlois, 1873); b) 1538 terme de jeu (Est. s.v. pignus); 3.) 1694 gage « dans une contestation, enjeu déposé par les différentes parties, pour être remis à celle qui aura gain de cause » (Ac.). B. 1160-74 gages masc. plur. « solde, salaire, appointement » (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, 3103). De l'a. b. frq. *waddi « gage »; cf. m. néerl. wedde de même sens; a. h. all. wetti « gage, amende »; all. Wette « pari, gageure ». Le mot est attesté aux sens A 1, 3 et B en b. lat. (ca 643 wadium ds Nierm.) ainsi que dans les Gloses de Reichenau (De Libro Genesis, 570 ds H.W. Klein et A. Labhardt, Die Reichenauer Glossen, t. 1, p. 85 : pignus : wadius); il n'est pas exclu que le lat. vas, vadis « caution » ait pu participer à un moment quelconque à la naissance du mot (cf. Ern.-Meillet). Fréq. abs. littér. : 1 070. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 297, b) 1 254; xxes. : a) 1 470, b) 1 033. Bbg. Frank (G.). Faire ravoir les gages. Mod. Lang. Notes. 1938, t. 53, pp. 603-604.

GAGER, verbe trans.

A. − Gager qqc.
1. Servir de gage à, garantir. Il est vrai que c'est sur le domaine privé du sultan (...) que serait gagé le nouvel emprunt (Jaurès, Paix menacée,1914, p. 321).L'occupation de la rive gauche du Rhin gagerait les paiements (Bainville, Hist. Fr., t. 2, 1924, p. 274) :
1. La chambre de commerce emprunte souvent pour cet objet et l'emprunt est gagé par des taxes, taxes qui ont d'ailleurs un objet précis, le remboursement de l'emprunt, et que l'on doit cesser de percevoir quand le but est atteint. Chardon, Trav. publ.,1904, p. 199.
2. [Le compl. est un inf. ou une complétive avec que]
Gager de.S'engager à faire quelque chose. Chacun de vous avait gagé de souper avec moi; j'en avais fait la promesse à chacun de vous; nous souperons tous ensemble (Nerval, Chât. Bohême,1853, p. 58).
Gager que.Émettre une opinion, un avis, avec l'idée de pari pour la renforcer. Tu n'es guère couvert, lui dit-elle, et le temps n'est pas chaud. Je gage que tu as froid? (Sand, F. le Champi,1850, p. 17) :
2. M. de Rollebon, qui passait et ne croyait à rien, gagea contre le curé de Moulins qu'il ne lui faudrait pas deux heures pour ramener le malade à des sentiments chrétiens. Le curé tint le pari et perdit... Sartre, Nausée,1938, p. 31.
3. [Le compl. désigne l'enjeu du pari] Gager + compl. + que.S'engager à donner un objet ou une somme d'argent si l'on vient à perdre un pari. Synon. parier.Je gagerais cent livres sterling que cette rencontre de lord Talbot me portera malheur (Vigny, Chatterton,1835, II, 1, p. 276).Gageons, monsieur, me dit mon guide (...) gageons un cigare que je devine ce que vous allez faire chez monsieur de Peyrehorade? (Mérimée, Vénus Ille,1841, p. 244).
P. ext. [En prop. incise] Je gage. Je présume, je suppose. Enfin, la soirée a été très bouffonne et vous aurait divertie, je gage (Sand, Corresp., t. 1, 1826, p. 19).Mais non, il faut ci me montrer pédant Un peu, cela fait bien, sied à mon âge Sans effrayer trop le vôtre, je gage (Verlaine, Œuvres posth., t. 1, Varia, 1896, p. 22).
B. − Gager qqn, vx.Donner des gages à quelqu'un pour les services qu'il rend. Au lieu de gager les prêtres, mettez-les en prison et défendez la messe : demain le peuple sera dévot (Courier, Pamphlets pol., Au réd. « Censeur », 1819, p. 27).Tel domaine voisin qui employait vingt-cinq ou trente ouvriers, en a trouvé difficilement à gager huit (Pesquidoux, Livre raison,1932, p. 178).
REM.
Gageur, -euse, subst.,rare, fam. Celui, celle qui gage, qui a l'habitude de gager. Un grand gageur. Un gageur perpétuel (Ac. 1798-1932).
Prononc. et Orth. : [gaʒe], (il) gage [ga:ʒ]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 guagier trans. « garantir au moyen de gages le remboursement d'une somme, l'exécution de quelque chose » (Roland, éd. J. Bédier, 515); 2. a) ca 1200 soi gagier pronom. « se promettre de faire quelque chose, parier » (Aiol, 966 ds T.-L.); b) fin xiiies. gagier abs. « parier » (De Jouglet ds Fabliaux, éd. A. de Montaiglon et G. Raynaud, t. 4, p. 120, 281); c) mil. xves. gaigier que « soutenir que, être sûr que » (Mistére du Viel Testament, éd. J. de Rothschild, 17151); 3. fin xives. gagier « payer, donner un salaire à » (Froissart, Chroniques, éd. S. Luce, t. 8, p. 36, 15). Soit dér. de gage*, dés. -er; soit empr. à l'a. b. frq. *wadjare « gager » (cf. FEW t. 17, 446 b). Le mot est également attesté en b. lat. avec les mêmes sens (776 wadiare ds Nierm.). Fréq. abs. littér. : 202. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 467, b) 245; xxes. : a) 148, b) 238.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun

Singulier Pluriel
gage gages
\ɡaʒ\

gage \ɡaʒ\ masculin

  1. (Droit) Sûreté réelle par laquelle un débiteur remet à son créancier un bien meuble ou un ensemble de biens meubles, présents ou futurs, lui appartenant pour garantir sa dette.
    • Si le coupable ne paie pas immédiatement, les bandiers le « pignorent », c'est-à-dire qu'ils prennent en gage soit quelques têtes, soit une pièce de son habillement que le coupable retrouve lorsqu'il a acquitté l'amende due. — (Monique Bourin, La démocratie au village, L'Harmattan, 1987, page 199)
  2. (Par extension) Tout objet, meuble ou immeuble qui assure le paiement d’une dette.
    • C’est alors que l’idée me vint de prendre une de ses tabatières que je comptais, non pas vendre, mais mettre en gage, avec l’arrière-pensée de la dégager un jour et de la restituer. — (Georges Simenon, Les 13 Mystères, Fayard, 1932, réédition Le Livre de Poche, page 148)
    • Vers 1932, les banquiers commencèrent à redouter l’insolvabilité permanente des fermiers. Prenant peur, ils exigèrent le remboursement ou la saisie des gages. — (André Maurois, Chantiers américains, 1933)
  3. (Jeux) Ensemble des objets qu’un joueur a déposé chaque fois qu’il s’est trompé, et qu’il ne peut retirer, à la fin du jeu, qu’après avoir subi une pénitence.
    • Donner un gage.
    • Rendre les gages.
  4. Consigne donnée lorsque, dans une contestation, on est convenu que celui qui perdra paiera à l’autre une somme ou quelque autre chose.
  5. (Sens figuré) Garantie, assurance, preuve, témoignage.
    • Daignez accepter ce bassin d'or comme un faible gage de ma reconnaissance. — (Voltaire, Zadig ou la Destinée, XVIII. L'ermite, 1748)
    • Avec cette précision, gage d’authenticité : la rencontre a eu lieu le mardi 9 janvier. — (Louis-Marie Horeau, Fillon-la-terreur et son dernier pétard mouillé, Le Canard enchaîné, 12 avril 2017, page 3)
    • Peut-être qu’à force de donner des gages au système, ils s’y convertissent, et font alors du zèle pour le faire savoir médiatiquement. — (Mathieu Bock-Côté, Quand le Bye Bye fait la morale, Le Journal de Québec, 4 janvier 2023)
    • Il m’a laissé un gage de sa foi.
    • Quel gage plus sûr puis-je désirer de votre amitié que ce que vous avez fait pour moi ?
    • Cette lettre est un gage de son amour.
  6. (Au pluriel) Salaire, appointement que l’on verse à un domestique.
    • Mais Euphémie, levant de nouveau la sombre et lourde pelle, hurla :
      — Donnez-moi mon argent ! Mes gages ! Je veux mes gages !
      — (Anatole France, Le Mannequin d’osier, Calmann Lévy, 1897, réédition Bibliothèque de la Pléiade, 1987, page 885)
    • Laissez-moi mourir ici, dit le serviteur.
      ― Mais comment vivras-tu, qui payera tes gages ?
      ― Des gages ? fit l'homme étonné. Voilà seize ans que je n'en reçois plus.
      — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire » no 31, 1907)
    • — Le premier lundi de novembre, où serai-je ? pensait Madeleine ; nous sommes à quinze jours de la Toussaint où mon gage prend fin et il ne me parle pas d’un nouveau marché. — (Ernest Pérochon, Nêne, 1920)
    • Les gages d’un valet de chambre, d’une cuisinière.
    • Retenue sur gages.
    • Se mettre aux gages de quelqu’un.
    1. (Au féminin) (Québec)
      • Si nous n’avions pas Esdras et Da’Bé dans le bois, qui gagnent de « bonnes » gages, comment ferions-nous ? — (Louis Hémon, Maria Chapdelaine, J.-A. LeFebvre, Montréal, 1916)

Forme de verbe

Voir la conjugaison du verbe gager
Indicatif Présent je gage
il/elle/on gage
Imparfait
Passé simple
Futur simple
Subjonctif Présent que je gage
qu’il/elle/on gage
Imparfait
Impératif Présent (2e personne du singulier)
gage

gage \ɡaʒ\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe gager.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe gager.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent du verbe gager.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe gager.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent du verbe gager.

Voir aussi

  • gage sur l’encyclopédie Wikipédia
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

gage

(ga-j') s. m.
  • 1Dépôt qu'on fait de quelque objet entre les mains d'autrui, pour sûreté d'une dette, d'un emprunt. Un gage suffisant. Prêter sur gages. Emprunter sur gage. Brancas me demanda hier de bonne foi si je ne voudrais pas prêter sur gages, et m'assura qu'il n'en parlerait point, Sévigné, 106. Il lui a fait mettre en gage ses perles, Sévigné, 400. L'ordonnance du roi Asychis ne permettait [chez les Égyptiens] d'emprunter qu'à condition d'engager le corps [momie] de son père à celui dont on empruntait ; c'était une impiété et une infamie tout ensemble de ne pas retirer un gage si précieux, Bossuet, Hist. III, 3. Je me mettrais en gage en mon besoin urgent. - Sur cette nippe-là vous auriez peu d'argent, Regnard, Joueur, II, 14. Elle est d'accord de tout, du temps, des arrérages ; Il ne faut maintenant que lui donner des gages, Regnard, ib. I, 6. Sanci, dans cette négociation, dépensa une partie de ses biens ; il mit en gage ses pierreries et, entre autres, ce fameux diamant, nommé le Sanci, qui est à présent à la couronne, Voltaire, Henriade, VIII, Variantes. Vingt fois pour vous [plaisirs] j'ai mis ma montre en gage, Béranger, Grenier.

    Terme de jurisprudence. Contrat de nantissement d'une chose mobilière, par opposition à antichrèse.

    Fig. Demeurer pour les gages ou pour gage, périr dans une circonstance où d'autres s'échappent.

    Demeurer pour gages, signifie encore simplement être arrêté dans quelque querelle, pendant que s'échappent les autres qui y avaient participé ; et aussi être pris d'une façon quelconque. Chacun peut sur un lit Se tenir toujours prêt sans quitter son habit ; Qui ne le sera point restera pour les gages, Th. Corneille, D. Bertr. de Cigarr. II, 4.

    Demeurer pour gage, se dit aussi d'une chose que l'on a perdue. La presse fut si grande qu'un pan de mon habit y est demeuré pour gage.

    Laisser pour les gages, pour gage, c'est-à-dire perdre. Échappé Non pas franc, car pour gage il y laissa sa queue, La Fontaine, Fabl. v, 5.

    Fig. Donner des gages à un parti, faire une démarche décisive, éclatante, pour être accepté dans un parti.

  • 2 Par extension, tout meuble ou immeuble qui assure le payement d'une dette. Il a affecté sa maison comme gage de sa dette. Les meubles du locataire sont le gage du propriétaire.
  • 3Dans les petits jeux ou jeux de société, objet qu'on dépose quand on s'est trompé, et qu'on ne peut retirer qu'après avoir subi une pénitence. Jouer au gage touché.
  • 4Ce que l'on consigne et met en main tierce, pour garantie d'une somme à payer, quand, dans une contestation entre deux ou plusieurs personnes, il est convenu que celle qui sera condamnée payera cette somme. Donner des gages. Rendre les gages.
  • 5Autrefois, gage de bataille, ou gage du combat, engagement de combattre manifesté par l'offre d'un gant pour gage, et contracté quand l'ennemi, en ramassant le gant, avait accepté le gage. Je jette devant toi le gage du combat ; L'oses-tu relever ? Voltaire, Tancr. III, 6. Le parlement décréta que le cas [duel de Legris et Carrouge] ne requérait pas gage de bataille, Voltaire, Mœurs, 100.
  • 6 Fig. Tout ce qui est assimilé à un gage comme garantie. D'une paix mal conçue on m'a faite le gage, Corneille, Rodog. III, 3. Ces lettres de ma foi vous seront de bons gages, Corneille, Sertor. V, 6. Vous en aviez déjà sa parole pour gage, Corneille, Hor. v, 2. Ces deux grâces me sont un gage de la présence de l'époux, Bossuet, Lett. Corn. 161. Ainsi la première victoire fut le gage de beaucoup d'autres, Bossuet, Louis de Bourbon. Elle reçut ce dernier gage de son amour, Fléchier, Dauph. Je réponds d'une paix jurée entre mes mains, Néron m'en a donné des gages trop certains, Racine, Brit. v, 3. De votre obéissance elle ne veut qu'un gage, Racine, Athal. III, 4. Vous avez de ses feux un gage solennel, Racine, Mithr. II, 1. Je vous le livre [Télémaque] comme le gage le plus précieux qu'on puisse vous donner de la fidélité des promesses d'Idoménée, Fénelon, Tél. X. Épée que Laërte lui avait donnée comme un gage de sa tendresse, Fénelon, ib. XVI. Prions ; le jour au jour ne donne point de gage, Et le dernier rayon, en sortant du nuage, Ne nous a pas juré de remonter demain, Lamartine, Harm. II, 6.
  • 7Gage de l'amour, enfant. …Et qu'il en [de cet hymen] eut pour gage une jeune princesse, Racine, Iphig. IV, 4. Ce fils que de sa flamme il me laissa pour gage, Racine, Andr. III, 8.
  • 8 S. m. pl. Ce qu'on paye aux domestiques par an pour leurs services, ainsi dit parce que c'est la somme payée par suite de l'engagement. On ne renvoie pas un domestique sans lui payer ses gages. S'il se casse quelque chose, je le rabattrai sur vos gages, Molière, l'Avare, III, 1. …S'il avait quelques deniers comptants, Ne me paierait-il pas mes gages de cinq ans ? Regnard, Joueur, III, 7. Je sers un maître sans bien ; ce qui suppose un valet sans gages, Lesage, Crisp. riv. de son maître, sc. 2.

    Être aux gages de quelqu'un, être payé pour faire l'office de domestique. Je ne suis pas à ses gages, Sévigné, 117. Il y en a bien d'autres que lui qui ont été aux gages des gens, et puis qui ont eu des gens à leurs gages, Marivaux, Pays. parv. 2e part.

    Cet homme ne vole pas ses gages, se dit d'un domestique qui fait bien son service ; et fig. de toute personne qui s'acquitte bien de ce qu'elle a à faire. Hom ! si vous le payez pour vous faire haïr, Il ne vous vole pas ses gages, Favart, Soliman II, I, 10.

    Dans un sens plus général, être aux gages de quelqu'un, être payé par lui pour certains offices. Il a, le croirait-on ? des comtes à ses gages, à qui, pour le servir selon ses intérêts, Il fournit équipage et carrosse et laquais, Hauteroche, Bourg. de qualité, v, 3. Vous supposiez qu'on ne pouvait être bon français sans être à vos gages, Fénelon, Dial. des morts mod. Richel. et Mazarin.

    On dit dans un sens analogue : tenir à ses gages. Les grands [de Rome], pour s'affermir achetant des suffrages, Tiennent pompeusement leurs maîtres [les gens qui votent] à leurs gages, Corneille, Cinna, II, 1. Un faquin orgueilleux qui vous tient à ses gages, Boileau, Sat. I.

    Familièrement. Casser aux gages, retirer à quelqu'un son emploi, ses appointements. Et que pour sa paresse il faut casser aux gages, Scarron, dans LE ROUX, Dict. comique.

    Il se dit aussi d'un supérieur qui retire sa confiance à un inférieur. Il a eu longtemps quelque crédit auprès du ministre ; mais il a été cassé aux gages. Enfin, pour l'inconnue, elle est cassée aux gages, Th. Corneille, Galant doubl. III, 1.

    À gages, qui reçoit des gages. Ce gouverneur n'est pas un homme à gages, Rousseau, Ém. I.

    En mauvaise part. À gages, qui est payé pour faire quelque service peu honorable. Des applaudisseurs à gages. La Cleveland [maîtresse de Charles II], dont il ne se souciait plus, ne laissait pas de le déshonorer par des inconstances réitérées, par des choix indignes, et le ruinait par des amants à gages, Hamilton, Gramm. 11.

    La Fontaine a dit à gage au singulier. Notre souffleur à gage Se gorge de vapeur, s'enfle comme un ballon, Fabl. VI, 3.

  • 9Gages se dit quelquefois du salaire d'un capitaine de navire, d'un matelot.
  • 10Gages se disait autrefois du payement que le roi ordonnait par an aux officiers de sa maison, aux officiers de justice et de finance.

HISTORIQUE

XIe s. Il durra [donnera] wage, e truverad plege, Lois de Guill. 6. Devant iceo que [avant que] [le bétail] seit mis en guage, ib. 25.

XIIe s. Donner son gage, Ronc. p. 13. La teste [il] i pert, n'i laissa autre gage, ib. p. 64. Pur ço [cela] s'ala à Turs cele nuit herbergier, E saveir se li reis le voldreit là baisier ; Mais il ne porta là ne maille ne denier ; Ses guages li covint rachater ou laissier ; Ne li reis nel baisa, n'il nes fist desguaigier, Th. le mart. 117.

XIIIe s. Par la beneoite mere Dieu, j'ai biaus enfans de mon seigneur, je les meterai en gage et bien trouverai qui me prestera sour aus [eux], Chron. de Rains, 158. Mais la qeue remest en gages, Dont moult li poise et moult li grieve, Ren. 1250. Cil qui apele par gages de bataille ne pot contremander, Beaumanoir, LXIX. La tierce maniere de proeve si est par gage de bataille, Beaumanoir, XXXIX, 4. Et cil qui presta sor le gage ne pot avoir son garant de celi qui li bailla en gages, Beaumanoir, XXV, 23. Je dis au roy que Mons. Pierre de Courcenay me devoit quatre cens livres de mes gajes, lesquiex il ne me vouloit paier, Joinville, 253. Mestiers fu à l'umain lignaige, Que plus fort de li mist en gaige Souffisant pour li acquiter Vers Dieu qui l'ot fait à s'ymaige, J. de Meung, Tr. 278.

XIVe s. Se un rent à l'autre son gage ou son depost, non pas de volenté, mais par paour, l'en ne doit pas dire que il face juste operacion fors tant solement par accident, Oresme, Eth. 158. Mais il sont pluseurs gens, en che [ce] siecle regnant, Qui ne croient en Dieu, le pere royaumant, Se che n'est sus bon gaige qu'avoir voelent devant, Baud. de Seb. v, 86.

XVe s. [Le capitaine apprend à sa garnison que le château est miné] Les compagnons ne furent mie bien assurés de ces paroles ; car nul ne meurt volontiers, puisqu'il peut finer sur autres gages [quand il peut sortir d'embarras autrement], Froissart, I, I, 326. Ainsi amour me mist en son servaige, Mais pour seurté retint mon cueur en gaige, Orléans, 1. [Maison] Où serviteurs ot en grant habondance Qui gaiges ont excessis sans raison, Deschamps, Admin. de l'ostel du prince. En ladicte bataille estoient mors huyt mil hommes du party dudit duc prenans gages de luy, et autres menues gens assez, Commines, V, 3. Je veiz le bonhomme vieil presenter le gage à son filz [le duc de Gueldres et son fils comparaissaient devant le duc de Bourgogne pour un différend qu'ils avaient entre eux], Commines, IV, 1. Voulezvous faire un gage [pari] à moi ? Oui, vraiment, dit-il ; quel sera-t-il ? Louis XI, Nouv. XXVII. Pensez que le pauvre gentilhomme rendoit bien gage [payait cher] du bon temps qu'il avoit eu en ce jour, Louis XI, ib. LXXII. Lesdits capitaines… casseront des gages d'un quartier ceulz qu'ilz trouveront avoir excedé et delinqué ; et s'ilz y renchéent une autre fois, ilz les casseront du tout et mectront d'autres en leurs lieux, Ordonn. 6 oct. 1486.

XVIe s. Il y a deux sortes de gages vif et mort. Vif gage est qui s'acquitte des issues [dont le revenu vient en déduction de la dette], mort-gage, qui de rien ne s'acquitte [dont le revenu est absorbé en pure perte pour le débiteur], Loysel, 483, 484. Telle estoit la coustume que celui qui appelloit jettoit un gant pour gage, et l'appellé le levoit, et s'appeloit gage de bataille, Brantôme, Sur les duels, p. 17, dans LACURNE. Alors du dit combat, l'armée venitienne estoit en bataille… lesquels Venitiens gardoient les gages [demeuraient simples spectateurs du combat] ; car, s'ils eussent voulu assaillir de leurs costés, les ennemis eussent esté contraints de separer leurs forces en divers lieux, Du Bellay, M. Mém. liv. II, f° 41, dans LACURNE. De gage qui mange, nul ne s'en arrange, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 131. Gager est s'obliger à payer les rentes et redevances dues pour l'année suivante ; si le vassal n'est pas resseant sur le fief, à raison duquel il les doit, il doit donner plege qui y demeure et qui s'oblige de les payer ; de ces deux mots, gage et plege, on a composé celuy de gage-plege, Laurière, Gloss. du droit fr. L'un l'avoit nourri et avoit pour gages de son amitié la nourriture de son enfance, La Boétie, Servitude volontaire.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « gage »

Emprunt au francique *waddi, apparenté au néerlandais wedde « salaire, solde », à l’allemand Wette « pari, mise ; gageure ».
Source : Wikitionnaire

Wallon, voig ; prov. gatge, gatghe, gaje ; espagn. gage ; ital. gaggio ; du bas-latin vadium, wadium, dans les lois barbares. Il y a deux étymologies aussi probables l'une que l'autre : la première latine, vas, vadis, répondant, garant ; bien que le g ou gu réponde ordinairement au w germanique, l'objection n'est pas absolue, car vagina, entre autres, a donné gaîne ; la seconde germanique : goth vadi ; anc. haut-allem. wetti ; frison, ved, gage, caution, promesse. Il est probable que les deux étymologies ont concouru pour former le mot roman.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « gage »

Phonétique Prononciation
\ɡaʒ\
France : écouter « gage »
Suisse (Lausanne) : écouter « gage »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « gage »

Source : Google

Traductions du mot « gage »

Langue Traduction
English pledge
German Pfand
Spanish compromiso
Portuguese penhor
Italian pegno
Dutch belofte
Polish zobowiązanie
Russian залог
Source : DeePL

Synonymes de « gage »

Antonymes de « gage »