Cette femme impie, mademoiselle des Touches, est venue gâter bien des choses! (...) − Oh! une gaupe, une gourgandine s'écria le curé (Balzac, Béatrix,1839, p. 50).Pendant que le bon Mistral habite chez Mariéton et court les gourgandines, il a remisé sa femme chez ses parents (Goncourt, Journal,1889, p. 1009) :Ce grave amateur de mollets, cette espèce de fakir, ce voyeur étrange, est généralement pris pour un gourgandin (Richepin, Pavé,1883, p. 262).Les domestiques (...) détestaient cette enfant du ruisseau devenue la femme de leur maître. Que n'auraient-ils donné pour la prendre en gourgandinage! (A. Daudet, Pte paroisse,1895, p. 55).Des drôlesses qui ne font que gourgandiner (Rigaud, Dict. arg. mod.,1881, p. 201).[Le chevalier au comte :] tu auras ta soirée libre pour gourgandiner un brin (Richepin, Glu,1881, p. 135).La Pierronne vint savoir si c'était avec Jeanlin que sa Lydie avait filé. Levaque répondit que ça devait être quelque chose comme ça, car Bébert, lui aussi, avait disparu; et ces galopins gourgandinaient toujours ensemble (Zola, Germinal,1885, p. 1234).Le patron s'était esclaffé dès que le jeune homme avait eu le dos tourné : « Il est de mon pays, c'est sûr, avec un nom comme ça! Et vous savez ce que c'est un gourgaud dans mon pays?... c'est tout ce qui ne vaut rien comme homme » (Magnane, Bête à concours,1941, p. 13).
REM. 1.
Gourgandin,subst. masc.,,Coureur de filles`` (France 1907).Ce grave amateur de mollets, cette espèce de fakir, ce voyeur étrange, est généralement pris pour un gourgandin (Richepin, Pavé,1883, p. 262).
2.
Gourgandinage,subst. masc.Conduite de gourgandine.Les domestiques (...) détestaient cette enfant du ruisseau devenue la femme de leur maître. Que n'auraient-ils donné pour la prendre en gourgandinage! (A. Daudet, Pte paroisse,1895, p. 55).
3.
Gourgandiner,verbe intrans.a)Se conduire en gourgandine.Des drôlesses qui ne font que gourgandiner (Rigaud, Dict. arg. mod.,1881, p. 201).b)Fréquenter les gourgandines; mener une vie libertine.[Le chevalier au comte :] tu auras ta soirée libre pour gourgandiner un brin (Richepin, Glu,1881, p. 135).La Pierronne vint savoir si c'était avec Jeanlin que sa Lydie avait filé. Levaque répondit que ça devait être quelque chose comme ça, car Bébert, lui aussi, avait disparu; et ces galopins gourgandinaient toujours ensemble (Zola, Germinal,1885, p. 1234).
4.
Gourgaud,subst. masc.Canaille, crapule.Le patron s'était esclaffé dès que le jeune homme avait eu le dos tourné : « Il est de mon pays, c'est sûr, avec un nom comme ça! Et vous savez ce que c'est un gourgaud dans mon pays?... c'est tout ce qui ne vaut rien comme homme » (Magnane, Bête à concours,1941, p. 13).
Prononc. et Orth. : [guʀgɑ ̃din]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1640 « prostituée » (OudinCuriositez). Prob. composé du rad. de gourer*, goret* (cf. m. fr. gorre « syphilis », gorrasse « coquette », dial. gore, goure « femme de mauvaise vie » etc. ds FEW t. 4, p. 198a) et d'un dér. dial. de l'a. fr., a. prov. gandir « s'esquiver » (cf. gandin* et dès la fin xviie-début xviiies. gandine « guenipe »; v. FEW t. 17, p. 502a et 503b). Fréq. abs. littér. : 37. Bbg. Giraud (J.). Variations et chang. de sens. Amis Lex. fr. Ét. lexicogr. 1976, t. 3, no14/15, p. 8.
(Familier)(Désuet) Coureuse, femme de mauvaise vie, dévergondée.
Toi, dit-il à Gabrielle, misérable gourgandine à langue de vipère qui as empoisonné ma maison !— (Honoré de Balzac, L’Enfant maudit, 1831)
Elle est malheureuse, mais c’est une gourgandine, puisqu’elle a un enfant, et les commères ajoutent : « C’est bien fait ! Elle n’avait qu’à mieux se conduire ! »— (Pierre Louÿs, Liberté pour l’amour et pour le mariage, 1900, dans Archipel, 1932)
Ah ! si Messelon avait pu vivre un an de plus, ou seulement six mois ! Valtier avait le temps d’oublier sa gourgandine, et tout s’arrangeait. »— (Marcel Aymé, La jument verte, Gallimard, 1933, collection Le Livre de Poche, page 105.)
Il y est question d’un fils acoquiné avec une gourgandine.— (Michel Leiris, L’âge d’homme, 1939, collection Folio, page 92.)
(Malacologie) Sorte de bivalve.
Forme de verbe
Voir la conjugaison du verbe gourgandiner
Indicatif
Présent
je gourgandine
il/elle/on gourgandine
Imparfait
Passé simple
Futur simple
Subjonctif
Présent
que je gourgandine
qu’il/elle/on gourgandine
Imparfait
Impératif
Présent
(2e personne du singulier) gourgandine
gourgandine\ɡuʁ.ɡɑ̃.din\
Première personne du singulier de l’indicatif présent de gourgandiner.
Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de gourgandiner.
Première personne du singulier du subjonctif présent de gourgandiner.
Troisième personne du singulier du subjonctif présent de gourgandiner.
Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de gourgandiner.
1 Terme très familier. Femme de mauvaise vie, coureuse.
2Sorte d'habit de femme à la mode en 1694, qui consistait en un corset ouvert par devant et laissant voir la chemise. Enfin la gourgandine est un riche corset, Entr'ouvert par devant à l'aide d'un lacet ; Et, comme il rend la taille et moins belle et moins fine, On a cru lui devoir le nom de gourgandine, Boursault, Mots à la mode, sc. 15.
3Coquille du genre Vénus, la Vénus flexueuse, bivalve.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
GOURGANDINE. - ÉTYM. Ajoutez : M. Pihan cite le persan gourgandjé, prostituée, libertine, comme origine de gourgandine ; mais comment ce mot persan aurait-il pu venir en notre langue dans le courant du XVIIe siècle ? Il vaut donc mieux s'en tenir à l'opinion de M. Lehéricher, laquelle s'appuie sur un fait, le verbe normand gourgandir.
Sans doute du radical de gourer et de l’ancien occitan gandir (« s’esquiver »), ou, comme le propose Antoine-Paulin Pihan, de l’arabo-persan غرغنجة, gharghanja[1].
Origine inconnue. Lehéricher, s'appuyant sur ce passage de la Muse normande : Pour s'en aller gourgandir sur ces riaux, le tire de gore, prostituée, et gaudir, réjouir (Hist. et Gloss. du normand, p. 381). Le passage de Boursault prouve que gourgandine, vêtement, a été dit d'après gourgandine, femme.