H

subst

Définitions de « h »

Trésor de la Langue Française informatisé

H, h, subst.

A. − [L'attention porte plus partic. sur la valeur de la lettre] Les policemen à manches blanches qui se rendent à leur service, la pèlerine cirée roulée au côté comme un bâton, les chauffeurs qui parlent « cockney » en avalant les h (Morand, Londres,1933, p. 112).
B. − [L'attention porte plus partic. sur le caractère] Ne grossissons pas, outre mesure, le rôle de l'historien, même avec un H majuscule! (Traité sociol.,1967, p. 85).
[P. anal. avec le dessin du caractère] Moteur en H (Quillet 1965). HORLOGERIE. Porte-fraise, machine à fendre les roues (cf. Boiste 1834).
C. − [Épellation des lettres d'un mot, d'un signe abréviatif ou d'un signe d'ordre]
1. [L'épellation est l'exception; dans le mot, la lettre a naturellement sa valeur] :
2. Plus loin, après le détour, je discerne des signes, la lumière qui bouge... qui s'agite... « C'est ma femme qu'il s'écrie alors!... tu vois qu'elle me parle en code : c...h...a...m... [chameau] une fois en bas! deux fois en haut! » Céline, Mort à crédit,1936, p. 543.
2. [L'épellation est la règle]
a) [Signes abréviatifs (la lettre renvoie au terme en cause, dont elle constitue l'initiale)]
H.S.P. : ache, esse, pé ou, par substitution des termes en cause, haute société protestante; h, haschisch (qui s'abrège aussi en hasch, homophone de h), ou héroïne. H.S., hors service ds Cellard-Rey 1980, sous une graph. plais. (orth.), hachesse, hachès : Sur ce, elle se retourne et aussi sec, partie à roupiller, ronflant, hachesse complètement, bourrée à zéro (Silvagni, La Peau des mercenaires,1954, p. 143).
[Sans substitution possible du terme en cause; l'épellation est obligatoire] : bombe H, rayons H; H abrév. de hydrogène.
b) [Signes d'ordre (la lettre a une signification analogique, en tant qu'élément d'un ensemble ordonné linéairement, l'alphabet, sans que le sens : f, g, h plutôt que h, g, f, ni l'ordre lui-même comptent nécessairement)]
L'heure* H.
Le registre H, le tiroir H :
3. ... je me vois marchant le long de la rue Hillerin Bertin fort étroite alors. Mais où était ce ministère de la guerre où nous allions ensemble? Je ne vois que ma place à ma table en H ou en H'; à celui de ces deux bureaux que je n'occupais pas était M. Mazoïer, auteur de la tragédie de Thésée, pâle imitation de Racine. Stendhal, H. Brulard, t. 2, 1836, p. 441.
Rem. Les lettres dont le nom se termine en -e sont traditionnellement du genre fém. H, « ache », subst. fém. ds Ac. à ce jour; masc. ou fém. ds Rob., Davau-Cohen 1972; masc. ds Dub., Lar. Lang. fr., Lexis 1975. Il est d'autre part masc. sous la désignation he [hə], ds Ac. 1762-1878 et ailleurs.
On y rencontre fréquemment des K, des Y, des H et des W, quoiqu'il [l'auteur dans son œuvre antérieure] n'ait jamais employé ces caractères romantiques qu'avec une extrême sobriété (Hugo, Han d'Isl.,1823, p. 6) :
Prononc. et Orth. : [aʃ], ache. Le nom de la lettre est inscrit, dans l'ex. 1 (supra), dans la rime : E, F, G, H Elle a pris une hache. On dit, et on écrit, l'h (v. p. ex. Ac. 1935) ou le h (v. p. ex. Lar. encyclop., où on trouve le h à côté de l'h). Bien qu'il ne corresponde gén. pas de segment distinct à h, les effets de l'« aspiration » sont ceux de l'existence d'une consonne, à savoir : à l'initiale, non liaison, les hanches [leɑ ̃:ʃ]; non élision de la voyelle : la hanche [laɑ ̃:ʃ], p. oppos. à l'anche [lɑ ̃:ʃ]; forme fém. de l'adj. dans ma hanche, p. oppos. à mon anche. Dans le cas d'une consonne non élidable, p. ex. dans cette hanche, l'aspiration a pour effet l'apparition d'un [ə] intercalaire [sεtə ɑ ̃:ʃ], ou d'un coup de glotte [sεt6ɑ ̃:ʃ]. Leur hauteur et leur auteur ne se confondent pas; par hasard est, cependant [paʀaza:ʀ], sans démarcation (d'apr. Barbeau-Rodhe 1930). Fonction analogue (hiatus) à l'intérieur, p. ex. dans enhardir. L'aspiration proprement dite consiste dans l'apparition effective d'une consonne, fricative laryngale, [h], avec une fonction d'expressivité [lahεn] la haine et, régionalement, en tant qu'élém. constitutif du mot. V. entre autres, Fouché Prononc. 1959, p. 252, notes I et II. Tous les h ne produisent pas les effets de l'aspiration. On dit les harmonies, avec la liaison; l'harmonie, j'harmonise, avec l'élision, et à l'intérieur [inymε ̃] inhumain. Sont aspirés, en règle gén., les mots d'orig. germ. (hanche, handicap), et les mots d'orig. lat. pourvus d'un h non originel (haut, hurler). Dans la suite du dict. la mention init. asp. indique l'« aspiration » d'un h initial, et l'absence de cette mention la non aspiration. Fréq. abs. littér. : 2 668. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 337, b) 9 732; xxes. : a) 706, b) 3 714. Bbg. Quem. DDL t. 18.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Lettre

Minuscule Majuscule
h H
\aʃ\
(ache)
Singulier et pluriel
h
(h aspiré)\aʃ\
ou \aʃ\

h (h aspiré)\aʃ\ ou \aʃ\ masculin, orthographe invariable

  1. Huitième lettre et sixième consonne de l’alphabet (minuscule).
    • Un grand, un petit h.
    • En français on distingue le h muet du h aspiré.
    • Tous les h ne produisent pas les effets de l’aspiration.
    • Ainsi, par exemple, les scribes ajoutent la lettre h à la séquence uit, qui désigne le chiffre 8, afin d'éviter la confusion avec le mot qui sert à désigner le membre viril (vit, alors transcrit uit). Utile feuille de vigne, ce h n'a rien d'étymologique (huit vient du latin octo). — (Francis Gingras, « Faute de s'entendre », in Argument, vol. 19, n° 1, automne-hiver 2017, page 164)

Nom commun

h \œʁ\ féminin, (Abréviation)

  1. Heures, par exemple dans l’écriture de l’heure du jour (dans ce cas, précédé par un ou deux chiffres signifiant l’heure, et pouvant être suivi de deux chiffres signifiant les minutes).
    • Ça me fait penser à allumer la téloche pour regarder les infos de 9 h. J'attrape la télécommande et je mets la dix. — (Boris Tzaprenko, Noti Flap, volume 2 : Tribulations détectivesques méziguifères, (autoédition), 2013, page 96)
    • Le premier forum des associations de la commune se tiendra samedi 10 septembre, de 10 h à midi, à la salle socioculturelle. — (journal Sud-Ouest, édition Charente-Maritime / Charente, 20 août 2022, page 20f)
    • Challengez-vous avec la randonnée (8h environ) autour de la rivière des Remparts qui relie le volcan à l’océan. — (journal 20 minutes, 30 novembre 2018)

Voir aussi

  • h sur l’encyclopédie Wikipédia
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

h

(a-ch') s. f.
  • ou, suivant l'épellation nouvelle H (he), s. m. La huitième lettre de l'alphabet. Une grande H. Une petite h.

    Dans la prononciation, h s'aspire ou est muette. H muette ne se prononce pas : habile, huître, etc. dites : abile, uître etc. H initiale aspirée se prononce et empêche l'élision des voyelles ou la liaison des consonnes, s, t, etc. avec la voyelle qui suit. Ainsi on écrit et on prononce : le hasard, la haine, belle harangue, etc. Devant les noms féminins qui commencent par une h aspirée, l'adjectif possessif ne prend jamais la forme du masculin : ma haine, ta hauteur, sa honte. Je n'aime pas les h aspirées, cela fait mal à la poitrine, je suis pour l'euphonie ; on disait autrefois je hésite, et à présent on dit j'hésite ; on est fou d'Henri IV, et non plus de Henri IV, Voltaire, Lett. Bordes, 10 juillet 1767. Cette boutade de Voltaire n'est qu'un caprice individuel, l'aspiration est un son qui ne mérite aucune condamnation et qui se trouve dans les langues les plus harmonieuses. Aujourd'hui, surtout à Paris, beaucoup n'aspirent pas l'h et se contentent de marquer l'hiatus : le éros, la onte, etc. ; mais, dans plusieurs provinces, la Normandie entre autres, l'aspiration est très nettement conservée, et cela vaut mieux.

    H placée au milieu d'un mot composé est aspirée quand le mot qui entre en composition a, d'origine, une h aspirée : aheurter, enhardir etc. ; mais elle n'est pas aspirée dans cohue, cohorte, etc.

    Quand h est après un t ou une r, ce qui n'arrive que dans les mots tirés du grec, elle est muette : théologie, rhéteur, rhythme, etc. dites : téologie, réteur, ritme.

    H précédée d'un c rend un son particulier et simple, qui pourrait être figuré par une seule lettre, et qui correspond au sh des Anglais et au sch des Allemands : chose, chute, cacher, etc.

    Mais h également précédée d'un c forme une articulation équivalente à k dans plusieurs mots dérivés du grec, de l'hébreu ou de l'arabe : chaos, archange, etc. dites : kaos, arkange, etc.

    H, précédée de p, forme une articulation équivalente à f : philosophie, Joseph, dites : filosofie, josef.

    H, sur les anciennes monnaies de France, indique qu'elles ont été frappées à la Rochelle.

    H surmontée d'une couronne indique une pièce frappée sous Henri III et sous Henri IV.

    En chimie, H désigne l'hydrogène.

    En musique, H chez les Allemands désigne le si.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

H. Ajoutez :
2Anciennement, être marqué à l'H, être battu. Prions seulement que cette ordonnance ne porte son appel en croupe, que les commissaires l'effectuent pour notre profit et pour notre consolation, et ainsi nous aurons la paix chez nous ; car, si elle est observée, nous aurons plus de biens et moins de coups ; nous sommes le plus souvent marquées à l'H, pour montrer que notre peau est tendre, la Réjouissance des femmes sur la défense des tavernes et cabarets, Paris, 1613, dans CH. NISARD, Parisianismes, p. 136, qui pense que cette locution provient d'une allusion aux lettres par lesquelles commencent le plus souvent des noms de coups et d'instruments servant à donner des coups : horion, heurt, hoche, hache, etc.

HISTORIQUE

XIIIe s. Après vous conterai de l'ache, Qui par dessous d'un pié se lace ; Li uns dit ache, l'autre ha ; Sans mouvoir langue dit on : ha, Senefiance de l'ABC, dans JUBINAL, t. II, p. 278.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « h »

H latin, Η grec, heth phénicien. Le sens et la forme de heth, 𐤇, sont d'accord pour signifier une haie, une clôture ; le signe hiéroglyphique de la haie est devenu le caractère de tous les mots commençant par le même son.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « h »

Phonétique Prononciation
\aʃ\
France (Paris) : écouter « h [aʃ] »
(Région à préciser) : écouter « h [aʃ] »
Québec (Canada) : écouter « h »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « h »

Source : Google

Traductions du mot « h »

Langue Traduction
English h
German h
Spanish h
Portuguese h
Italian h
Dutch h
Polish h
Russian h
Source : DeePL