Invectiver

verbe trans

Définitions de « invectiver »

Trésor de la Langue Française informatisé

INVECTIVER, verbe trans.

A. − [Correspond à invective A] La première réunion des Tribuns fut pour lui une superbe occasion d'invectiver (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 1035).
Invectiver contre qqn, qqc.J.-J. Rousseau (...) invective contre notre mollesse et notre égoïsme (Bonald, Législ. primit., t. 2, 1802, p. 201).Invectiver quelqu'un n'est pas françois. Ne dites donc pas il m' a invectivé; (...) dites, invectiver contre quelqu'un (J.-F. Rolland, Dict. mauv. lang.,1813, p. 77).Alors Michaul se mit à invectiver contre sa femme et contre son fils, la folie dans les yeux (Aymé, Rue sans nom,1930, p. 30).
Invectiver qqn, qqc.Sa fonction, maintenant, consistait à bafouer les monarques de tous les pays. Brasseur anglais, il invectivait Charles 1er; étudiant de Salamanque, maudissait Philippe II; ou, père sensible, s'indignait contre la Pompadour (Flaub., Éduc. sent., t. 1, 1869, p. 222).Les mornes bataillons du centre invectivaient rageusement la maladresse des droitiers (Vogüé, Morts,1899, p. 198).
B. − [Correspond à invective B] Invectiver qqn.Comme elle ne s'entendit plus injurier, elle n'eut plus tentation d'invectiver, ni de chagriner personne (Sand, Pte Fad.,1849, p. 207).Elle se mit à m'invectiver, à s'arracher les cheveux, à se lacérer les joues (Arnoux, Juif Errant,1931, p. 39).
Emploi pronom. réciproque. C'étaient deux jeunes paysans qui se chamaillaient à propos d'un héritage, et s'invectivaient en termes grossiers (Moselly, Terres lorr.,1907, p. 293).
Emploi abs. Les bruits en Angleterre sont toujours les simples bruits mécaniques inévitables auxquels ne se superposent jamais les bruits humains. Ceci si frappant dans la circulation à Londres (...) je n'ai pas entendu un conducteur de taxi invectiver (Du Bos, Journal,1923, p. 268).
Je n'ai aucune sympathie pour les ratés, les invectiveurs, les déclamateurs, les rancis, les marinés dans le fétichisme de soi-même (Arnoux, Crimes innoc.,1952, p. 57).
REM.
Invectiveur, subst. masc.Celui qui invective. Je n'ai aucune sympathie pour les ratés, les invectiveurs, les déclamateurs, les rancis, les marinés dans le fétichisme de soi-même (Arnoux, Crimes innoc.,1952, p. 57).
Prononc. et Orth. : [ε ̃vεktive], (il) invective [ε ̃vεkti:v]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1542 invectiver contre « lancer des invectives contre quelqu'un » (P. de Changy, Inst. de la femme chrestienne, 48 vods Delb. Notes mss); 1636 invectiver qqn (Monet). Dér. de invective*; dés. -er. Fréq. abs. littér. : 76. Bbg. Gohin 1903, p. 303.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Verbe

invectiver \ɛ̃.vɛk.ti.ve\ intransitif transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Apostropher par des invectives ; injurier.
    • Ma femme ne voulait rien entendre à cette philosophie résignée, se prétendait la plus misérable des femmes, m’invectivait, réclamant toujours quelque argent, que je ne pouvais lui donner. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
    • […] et, surprenant un homme qui volait la ration d’un camarade, il l’invectiva et le frappa à la face. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 272 de l’édition de 1921)
    • Et lui, l’homme courtois, bien élevé, ennemi de tous les jurons ; lui qui parfois se fâche mais jamais n’invective, […] — (San-Antonio, Béru-Béru, chapitre 7, Éditions Fleuve noir, 1970)
    • Entre-temps, le plus souvent il marmonne. Il invective à mi-voix mais avec une violence inouïe les immigrés, les gens paresseux, les gouvernements laxistes. — (Marie Rouanet, Sonatine pour un petit cadavre, Éditions Climats, 1992, page 31)
    • A Éphèse, les premières grosses chaleurs estivales échauffent les esprits. Dans les églises, dans les rues, sur les places publiques, évêques, prêtres et moines, nestoriens et cyrilliens se prennent à partie et s’invectivent en termes crus. La situation devient intenable. — (Frédéric Lenoir, Comment Jésus est devenu Dieu, Éditions Fayard, 2010, chapitre 6)
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

invectiver

(in-vè-kti-vé) v. n.
  • Dire des invectives. Il invective et se déclare en quelques endroits contre les médecins de Montpellier, Patin, Lett. t. II, p. 333. [Il] Blâmait les visites secrètes, Frondait l'attirail des coquettes, Et contre un monde de recettes Et de moyens de plaire aux yeux Invectivait tout de son mieux, La Fontaine, Anneau. Des hommes qui invectivaient contre le libertinage de la cour, Bourdaloue, Car. II, Zèle, 148. Ils parlent, ils déclament, ils invectivent, ils calomnient, Bourdaloue, 2e dim. après la Pentec. Dominic. t. III, p. 237.

REMARQUE

Dites : invectiver contre quelqu'un et non invectiver quelqu'un. Invectiver est un verbe neutre. Cette faute se trouve dans Diderot : Lorsqu'il invectivera un homme connu et révéré de toute l'Europe, Claude et Nér. II, 109.

HISTORIQUE

XVIe s. C'est avec charge expresse de ceux qui les stipendient, que ces escrivailleurs invectivent ainsi contre ce brave prince, Sully, dans le Dict. de DOCHEZ.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « invectiver »

(1542) De invective.
Source : Wikitionnaire

Invective.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « invectiver »

Phonétique Prononciation
France (Occitanie) : écouter « invectiver »
France (Lyon) : écouter « invectiver »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « invectiver »

Source : Google

Traductions du mot « invectiver »

Langue Traduction
English invectiver
German invectiver
Spanish invectiver
Portuguese invetivar
Italian invettiva
Dutch invectiver
Polish invectiver
Russian инвектива
Source : DeePL

Synonymes de « invectiver »

Antonymes de « invectiver »