Jacasse

subst fém

Définitions de « jacasse »

Trésor de la Langue Française informatisé

JACASSE, subst. fém.

A. − Synon. pop. de pie.La jacasse africaine y pose ses longues pattes d'araignée (Morand, Londres,1933, p. 130).
B. − Fam., péj. Personne (et en partic. femme) qui bavarde continuellement, d'une façon fatigante. [Jean à Marius :] Tu n'as pas fini de jaspiner?... (...) Quelle jacasse! (Richepin, Morts biz.,1876, p. 146).Les femmes sont des jacasses, et rien de plus (L. Daudet, Ariane,1936, p. 152).
Andoche, une pie-jacasse, un radoteur (Martin du G., Gonfle,1928, III, 3, p. 1233).Papa me donna un coup de coude impératif, équivalent probable d'un : « Tais-toi, mère-jacasse! » (H. Bazin, Huile sur feu,1954, p. 138).
REM. 1.
Jacasse s'emploie comme 2eélém. de mot composé :a)
Pie-jacasse, subst. fém.Andoche, une pie-jacasse, un radoteur (Martin du G., Gonfle,1928, III, 3, p. 1233).
b)
Mère-jacasse, subst. fém.Papa me donna un coup de coude impératif, équivalent probable d'un : « Tais-toi, mère-jacasse! » (H. Bazin, Huile sur feu,1954, p. 138).
2. Chez Huysmans, synon. de jacassement B, jacasserie B : Il essaya (...) de se boucher les oreilles aux jacasses stridentes de ces imbéciles (En mén., 1881, p. 33).
Prononc. et Orth. : [ʒakas]. Att. ds Ac. dep. 1878. Étymol. et Hist. 1. 1808 Marie jacasse « femme ou fille bavarde » (Hautel); 1847 (Dict. de l'arg., p. 144 : Couvent de femmes. Taule à jacasses); 1852 jacasse (Humbert); 2. 1902 « pie » (Nouv. Lar. ill.). Déverbal de jacasser*, ou croisement de jaque « geai » (jacques2*), ou de jaquette « pie » (jaquette3*) (mots répandus dans les dial., v. FEW t. 5, p. 9) et de agace* (FEW t. 5, pp. 9-12; Bl.-W.). Bbg. Lenoble-Pinson (M.). Le Lang. de la chasse. Bruxelles, 1977, p. 325.

JACASSER, verbe intrans.

A. − [En parlant de la pie] Pousser son cri. Synon. jaser.Des pies, qui jacassaient dans des pommiers (Zola, Joie de vivre,1884, p. 1065).
[P. ext.] De ma fenêtre je (...) n'entends guère que les oiseaux qui sifflent et jacassent toute la journée (Green, Journal,1937, p. 87).
Au part. prés. en emploi adj. Les profondeurs de l'étang s'animaient soudain de leur piaillement confus [des étourneaux], de leurs voix jacassantes (Moselly, Terres lorr.,1907, p. 178).
B. − P. anal.
1. Qqn jacasse
a) Parler avec volubilité, sans arrêt :
1. Elle était, à l'arrière de notre embarcation, une espèce de petit moulin à paroles, jacassant au vent qui filait sur l'eau. Elle bavardait sans fin avec le léger bruit continu de ces mécaniques ailées qui tournent dans la brise; et elle disait étourdiment les choses les plus inattendues, les plus cocasses, les plus stupéfiantes. Maupass., Contes et nouv., t. 1, Mouche, 1890, p. 1341.
b) Péj. Parler beaucoup, d'une voix fatigante, criarde; tenir des propos futiles. Au dîner, Sardou (...) prend la parole à la soupe et jacasse jusqu'au dessert, sans discontinuer, parlant de Nice, de la Bastille, de Versailles, intarissable et agaçant avec son admirable mémoire de lieux communs (Goncourt, Journal,1888, p. 788).Parfois toute la classe (...) se prenait à jacasser, à ruer dans les pupitres, à frapper sur les tables (Duhamel, Notaire Havre,1933, p. 109).Je vous le confie parce que vous êtes un jeune homme sérieux, que vous ne jacassez pas à tort et à travers (Arnoux, Solde,1958, p. 39).
[P. méton.] :
2. ... comme Polichinelle, dès que je le ramenais [le récepteur] près de moi, il recommençait son bavardage. Je finis, en désespoir de cause, en raccrochant définitivement le récepteur, par étouffer les convulsions de ce tronçon sonore qui jacassa jusqu'à la dernière seconde... Proust, Guermantes 1,1920, p. 134.
Au part. prés. en emploi adj. Seul à ma table [au restaurant], entouré de toutes ces tables jacassantes (Mauriac, Nouv. Bloc-notes,1961, p. 225).
2. Qqc. jacasse.Produire un bruit incessant. Les feuilles jacassent comme des petites filles la veille des vacances : l'arbre va leur donner congé (Renard, Journal,1904, p. 924).L'insolente indifférence de la pendule qui jacassait tout haut comme si je n'eusse pas été là (Proust, Swann,1913, p. 8).
Emploi trans., rare. L'horloge qui jacasse des paroles boiteuses (Rolland, J.-Chr., Aube, 1904, p. 13).
Des oiseaux jacasseurs, aux riches plumages, laissent tomber sur moi des fientes du haut des arbres (Jammes, De l'angélus,1898, p. 283).Les indigènes du village vinrent s'assembler autour du foyer, furieusement jacasseurs (Céline, Voyage,1932, p. 221).Une foule s'agitait qui pesait, achetait, se disputait avec des clameurs jacasseuses où se mêlaient la politique, le prix des œufs et le scandale (Aragon, Beaux quart.,1936, p. 126).Oh! la jacasseuse, la radoteuse! (Arnoux, Solde,1958, p. 280).Il y a, dans nos races jacassières, des individus qui accepteraient avec moins de répugnance le supplice suprême, s'il leur était permis de faire du haut de l'échafaud une copieuse harangue (Baudel., Poèmes prose,1867, p. 110).
Prononc. et Orth. : [ʒakase], (il) jacasse [ʒakas]. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. 1. 1806 « bavarder » (J. de Maistre, Corresp., p. 262); 2. 1835 « crier (en parlant de la pie) » (Ac.). Soit dér. de jaqueter, jaquetter « bavarder; crier (en parlant de la pie) » (jacter*) avec substitution de suff. (-asser*) d'apr. des verbes comme agacer « crier (pie) » (FEW t. 15, p. 7a), croasser; soit, moins vraisemblablement, dér. au moyen de la dés. -er de jacasse*. Fréq. abs. littér. : 62.
DÉR. 1.
Jacasseur, -euse, adj.Qui jacasse. a) [En parlant d'un oiseau] Des oiseaux jacasseurs, aux riches plumages, laissent tomber sur moi des fientes du haut des arbres (Jammes, De l'angélus,1898, p. 283).b) Péj. [En parlant d'une pers.] Les indigènes du village vinrent s'assembler autour du foyer, furieusement jacasseurs (Céline, Voyage,1932, p. 221).[P. méton.] Qui s'exprime par des jacassements. Une foule s'agitait qui pesait, achetait, se disputait avec des clameurs jacasseuses où se mêlaient la politique, le prix des œufs et le scandale (Aragon, Beaux quart.,1936, p. 126).Emploi subst. Oh! la jacasseuse, la radoteuse! (Arnoux, Solde,1958, p. 280).[ʒakasœ:ʀ], fém. [-ø:z]. 1reattest. 1866 (Delvau, p. 209 : jacasseur, s.m. Bavard, indiscret); de jacasser, suff. -eur2*.
2.
Jacassier, -ière, adj.,rare a) [En parlant d'une pers.] Qui jacasse, aime jacasser. Femme jacassière. Il y a, dans nos races jacassières, des individus qui accepteraient avec moins de répugnance le supplice suprême, s'il leur était permis de faire du haut de l'échafaud une copieuse harangue (Baudel., Poèmes prose,1867, p. 110).b) [P. méton.] Qui s'exprime par des jacassements. Les rages jacassières des boutiquiers (Huysmans ds Lar. Lang. fr.). [ʒakasje], fém. [-jε:ʀ]. 1reattest. ca 1790 subst. « bavard » (Jean-Bart à Marat noCVII, p. 8 ds Brunot, t. 10, p. 112); de jacasser, suff. -ier*.
BBG. Gebhardt (K.). Les Francoprovençalismes de la lang. fr. R. Ling. rom. 1974, t. 38, p. 195. - Lenoble-Pinson (M.). Le Lang. de la chasse. Bruxelles, 1977, pp. 324-326 (et s.v. jacasseuse). - Weil (A.). En marge d'un nouv. dict. R. Philol. fr. 1932, t. 45, p. 25.

-ASSER, suff.

A.− Le suff. a une valeur dimin. et dépréc. (le procès indiqué par la base n'aboutit pas à un résultat positif) :
bardasser ouberdasser, dial. de l'Ouest ou can. 1. Bavarder, bredouiller, radoter, rabâcher. 2. S'occuper à des riens, s'agiter à rien faire, se mêler de tout, embrouiller un travail. 3. Remuer en faisant du bruit, secouer (même racine que bredouiller, cf. FEW t. 1, s.v. brittus; pour le sens 3, penser aussi à berdanser « agiter, secouer » [Moisy 1885, Verr.-On. t. 1 1908]); reste sans bouger, ben à l'aise, au lieu de « bardasser » tout le temps entre les couvertes (Hémon, Maria Chapdelaine, 1916, p. 200)
bavasser .« Bavarder », sur bave « bavardage » (le même rad. que bavard); cf. aussi bavacher
dormasser .« Somnoler »; celles qui dormassaient sur les banquettes se réveillèrent en sursaut et se frottèrent les yeux (Huysmans, Marthe,1876, p. 36; seule attest. dans le corpus littér. T.L.F.)
écrivasser .« Écrire, sans aboutir à un résultat »; nous discuterions chaque virgule, si bien que jamais la première ligne ne s'établirait (...). Ce serait chose à accomplir une nuit où le Graal voudrait que nous fussions réunis et sans écrivasser, en contant! (Valéry, Correspondance [avec Gide],1891, p. 116);cf. aussi Valéry, Correspondance, 1896, p. 255
grognasser, pop. et région. « Grogner d'une façon habituelle et fatigante » (Lar. 19e)
jacasser .« 1. Se dit de la pie qui pousse son cri. 2. Parler avec volubilité et d'une voie criarde; parler à plusieurs de choses futiles » (sur jaqueter formé sur Jaquette nom pop. du geai, avec influence de coasser, croasser; cf. aussi a.fr. agacer (/-asser sur agace « pie »)
rêvasser .« Penser longuement à des sujets imprécis, changeants » (sur rêver)
rimasser .« Faire de mauvais vers »
tracasser .« Tourmenter avec insistance, de façon plus agaçante que douloureuse » (sur traquer)
traînasser .« 1. Aller de-ci de-là. 2. Mettre beaucoup de temps à faire quelque chose » (sur traîner)
La base est un subst. entrant dans une périphrase verbale :
finasser .« User de mauvaises finesses » (Littré); commutation de -asser avec -esser dans finesser; cf. auss. l'expr. jouer au plus fin)
paperasser .« Écrire, sans aboutir à un bon résultat » ou « compulser, manier de la paperasse » ; j'ai écrit ou paperassé dans la matinée (Maine de Biran, Journal,1816, p. 228);je n'ai rien trouvé de mieux que de paperasser, de revoir mes vieux souvenirs, mes écritures (E. de Guérin, Journal,1835, p. 77);(il) se tue à paperasser l'infiniment petit du document sec (E. et J. de Goncourt, Journal,1863, p. 1329);l'homme aux lunettes vertes, s'asseyant devant le bureau, se mit à paperasser fébrilement (Benoit, l'Atlantide,1919, p. 128);formé à partir d'une périphrase verbale comme faire de la paperasse
Rem. B. Hasselrot (Ét. sur la formation dimin. dans les lang. romanes, Uppsala, 1957, p. 93) signale que Stendhal a créé conspirasser.
B.− La base est un verbe impers. ou une périphrase verbale exprimant un phénomène climatique. Le suff. a une valeur le plus gén. dépréc. (dimin.) :
neigeasser .« Neiger peu abondamment » (noté ds P. Daviault, Qq. créations can. [Vie et Lang., avr. 1955], cité ds B. Hasselrot, Ét. sur la formation dimin. dans les lang. romanes, Uppsala, 1957)
pleuvasser .« Pleuvoir peu abondamment, d'une manière irrégulière »; dial. de l'Ouest ds FEW t. 9, p. XXX, il pleuvassait deux jours sur trois (Benjamin, Gaspard, 1915, p. 116)
La base est un subst. entrant dans une périphrase verbale comme il y a, il fait du brouillard, de la brume :
brouillasser .« 1. Bruiner. 2. Se dit d'un temps de brouillard » (d'apr. Littré, qui note « ce verbe, très usité dans le parler ordinaire, n'est pas reçu dans le langage écrit »)
brumasser .« Se dit d'un temps de légère brume » (attesté ds Jacquemont, 1837, cité ds Guérin 1892)
Rem. 1. Noter la valeur expr. − tantôt augmentative, tantôt péj. − de certains verbes qui ne sont pas des dér. : fracasser, fricasser, rapetasser, ressasser, tabasser. Inversement harasser n'est plus senti comme un dér. verbal. 2. On notera également la valeur expr. de certains verbes formés à partir de subst. désignant des personnes : avocasser, auj. senti comme péj., alors qu'en m.fr. et encore au xixes., dans des dial. de l'Ouest, selon Littré, il n'avait pas de valeur péj. et signifiait simplement « plaider »; se prélasser; potasser, arg. « travailler avec acharnement »; qu'on dérive ordinairement de potasse est à rapprocher de potache « interne » puis « lycéen, collégien »; putasser « faire la putain » : on avait le besoin de voleter ou de putasser au Figaro (Bloy, Journal, 1893, p. 93).
celles qui dormassaient sur les banquettes se réveillèrent en sursaut et se frottèrent les yeux (Huysmans, Marthe,1876, p. 36; seule attest. dans le corpus littér. T.L.F.)nous discuterions chaque virgule, si bien que jamais la première ligne ne s'établirait (...). Ce serait chose à accomplir une nuit où le Graal voudrait que nous fussions réunis et sans écrivasser, en contant! (Valéry, Correspondance [avec Gide],1891, p. 116);j'ai écrit ou paperassé dans la matinée (Maine de Biran, Journal,1816, p. 228);je n'ai rien trouvé de mieux que de paperasser, de revoir mes vieux souvenirs, mes écritures (E. de Guérin, Journal,1835, p. 77);(il) se tue à paperasser l'infiniment petit du document sec (E. et J. de Goncourt, Journal,1863, p. 1329);l'homme aux lunettes vertes, s'asseyant devant le bureau, se mit à paperasser fébrilement (Benoit, l'Atlantide,1919, p. 128);
PRONONC. − Mart. Comment prononce 1913, pp. 33-34 écrit : ,,Même quand ils n'ont pas d'accent circonflexe, les a qui étaient fermés et longs [= ɑ post.], étant toniques, s'abrègent bien un peu, mais ne s'ouvrent guère le plus souvent quand ils deviennent prétoniques.`` Il indique ainsi en note que ,,L'a reste donc plus ou moins fermé, en devenant prétonique, dans casser, lasser et prélasser, classer (mais non classique) amasser et ramasser (moins dans ramassis), passer et trépasser, tasser et entasser.`` Pour les mots avec [ɑ] post. tonique, cf. la finale -asse.
ÉTYMOL. ET HIST. A.− Étymol. − -asser (a.fr. -acer) a prob. été formé sur le suff. augm. péj. -ace/-asse. Les dér. en -asser se développent à partir de la fin du xves. et au xvies. : rêvasser (1490), traînasser (1493), tracasser (1580), bavasser (1584). Les dér. en -asser se sont formés postérieurement ou simultanément aux dér. péj. en -ace, -asse. Subst. : harrache (courre à la harrache xiiies.; var. harace au xives.; dér. harasser 1527); grimace (grimache fin xives., sur a. fr. grimuche); lavasse (1447, sur laver); milliasse (1479, par commutation avec -on dans million); paperasse (1568, paperas 1553); populace (1572, paperas 1555, de l'ital. populaccio); chiasse (fin xvies., sur chier), etc. Adj. : homasse (xives.); bonasse (fin xves. et var. bonace, ital. bonaccio); bravache (1510, ital. bravaccio); mollasse (mollace 1559, sur mol ou ital. molaccio). B.− Productivité et vitalité. − La liste des dér. en -asser est très limitée; le suff. ne semble pas productif. Dans la liste des verbes dimin. et péj. dressée par Hasselrot (Ét. sur la vitalité de la formation dimin. au XXes. Uppsala, 1972, p. 67), on ne voit aucun verbe en -asser; cependant, A. Doppagne ds Le Néol. chez Queneau, Cahiers de l'AIEF, no25, Paris, Les Belles Lettres, 1973, p. 97 relève dans Le Chiendent, p. 121, le hapax de discours formulasser. B. Hasselrot (Ét. sur la formation dimin. dans les lang. romanes, Uppsala, 1957, p. 97), écrit : ,,en étudiant la formation fréquentative, en général on se rend vite compte que c'est l'ouest de la France, qui l'emporte pour ce qui est de la variété des moyens mis en œuvre``; des sondages ds le FEW confirment tout à fait ce point de vue pour -asser : 1. Verbes corresp. à A : bégasser « bégayer » (FEW t. 1, p. 314b); beuvasser « boire continuellement » (Ibid., p. 349b); bourrasser « bourrer, malmener » (Ibid., p. 642a); cacasser « caqueter » (Ibid. t. 2, 1, p. 47a); coupelasser « couper maladroitement; couper par petits morceaux » (Ibid. t. 2, 2, p. 871b); cracasser « craquer, se casser avec un bruit sec; gronder en criant, caqueter, agacer » (Ibid., pp. 1270a); effilasser « effilocher » (Ibid. t. 3, p. 527a); fertasser « faire du bruit en cognant, remuer, en faisant du bruit » (même racine que frotter, frétiller), feurtasser (Ibid., t. 3, p. 785b) frétasser (Jaubert) « frétiller »; fouinasser « fouiner, chercher partout, fureter » (Ibid. t. 3, p. 370 a); graguenasser « se dit du mouvement des dents quand on mange quelque chose de dur » (sur craquer, Ibid. t. 2, 2, p. 1269 a); grelasser « se dit du bruit qui se fait dans la poitrine quand on a une bronchite », gueurlasser « être atteint d'une toux légère et fréquente » (Ibid., t. 16, p. 60 a); grignasser, attesté par grignasseries « paroles, gestes maussades » (Ibid., t. 16, p. 68 a); petasser, pétasser « faire manuellement quelque chose de malpropre; toucher à tout; radoter; mourir » (sur péter, Ibid. t. 8, p. 138a); rabasser « répéter souvent et inutilement les mêmes choses » (m.fr. et dial.; même rad. que rabâcher, Ibid., t. 10, 3b); rancasser « râler » (Ibid., t. 10, p. 467b); rouinasser (Ibid., p. 463a); tirasser, m.fr., nouv. fr. « tirailler » (Ibid., t. 6, 1, p. 402a); tournasser « tourner, remuer » (Ibid., VIII, 2, p. 63a). 2. Verbes corresp. à B : berrouasser, brouasser, brougnasser (FEW t. 15, 1, p. 298b); breugnasser, brugnasser (Ibid. t. 9, p. 491a).
BBG. − Duch. 1967. 5 60. − Hasselrot (B.). Ét. sur la formation dimin. ds les lang. rom. Uppsala-Wiesbaden, 1957, 344 p. − Hasselrot (B.). Ét. sur la vitalité de la formation dimin. fr. au xxes. Uppsala, 1972, 112 p. − Lew. 1960, pp. 339-340.
Rem. B. Hasselrot (Ét. sur la formation dimin. dans les lang. romanes, Uppsala, 1957, p. 93) signale que Stendhal a créé conspirasser.
Rem. 1. Noter la valeur expr. − tantôt augmentative, tantôt péj. − de certains verbes qui ne sont pas des dér. : fracasser, fricasser, rapetasser, ressasser, tabasser. Inversement harasser n'est plus senti comme un dér. verbal. 2. On notera également la valeur expr. de certains verbes formés à partir de subst. désignant des personnes : avocasser, auj. senti comme péj., alors qu'en m.fr. et encore au xixes., dans des dial. de l'Ouest, selon Littré, il n'avait pas de valeur péj. et signifiait simplement « plaider »; se prélasser; potasser, arg. « travailler avec acharnement »; qu'on dérive ordinairement de potasse est à rapprocher de potache « interne » puis « lycéen, collégien »; putasser « faire la putain » : on avait le besoin de voleter ou de putasser au Figaro (Bloy, Journal, 1893, p. 93).

-ACE, -ASSE, suff.

A.− Ajoute ordinairement une nuance soit augmentative (idée d'abondance), soit péjorative
1. Augmentative
a) Substantif :
bannasse « grand panier » (banne)
galéaace /galéasse « grande galère »
grêlasse « grosse grêle »
liasse « tas de papiers liés ensemble »
rosace « grande rose »
b) Adjectif :
loquace « qui parle beaucoup et volontiers »
sagace « qui a l'odorat subtil »
tenace « qui tient fermement, qui s'accroche »
vivace « qui résiste fortement, qui se maintient »
2. Péjorative
a) Subst. (animé ou coll. de l'animé) :
canasse « gens de bas étage »
crapouillasse « grande crapule »
fillasse « mauvaise fille »
pédantasse « mauvais pédant »
populace « peuple » (avec mépris)
pouillasse « grand pouilleux »
savantasse « pédant qui joue les savants »
b) Subst. (inanimé) :
bancasse MAR., « coffre servant de banquette de lit »
brinasse « seconde qualité d'étoupe (brin) »
caillasse « pierraille »
cognasse « coing sauvage »
godasse « pop., chaussure »
lavasse « mauvais liquide »
milliasse « p. plaisant. quantité immense »
Cf.
grimace « contorsion du visage »
ragougnasse « mauvais ragoût, cuisine infecte »
villace « grande ville mal peuplée et mal bâtie »
vinasse « mauvais vin, à demi aigri »
c) Adjectif :
blondasse « d'un vilain blond (des cheveux blondasses) »
cocasse « primitivement var. péj. de coquard, coq », « vaniteux »
fadasse « qui a une fadeur déplaisante »
hommasse « [en parlant d'une femme] qui ressemble à un homme »
mollasse « trop flasque, qui manque d'énergie »
B.− Certains dérivés en -ace/-asse ne présentent pas cette valeur :
1. Le sens du suff. est complètement obscurci, et le dér. est un dimin. :
brumasse « petite brume »
grainasse /grenasse « petit grain de vent »
mulasse « jeune mule, mulet »
2. Qqf. il sert à former des termes sans aucune coloration péj. ou augm., termes techn., termes de mét., termes de sc. naturelles... :
cardasse « peigne pour la bourre de soie »
cuirasse « arme défensive qui recouvre le buste »
escargasse « démêloir à la forme d'escargot »
ferrasse « coffre en tôle »
limace « mollusque »
rubace « terme de joaillier, rubis de couleur claire »
rubasse « quartz coloré en rouge naturellement ou artificiellement »
3. Plusieurs subst. en -ace/-asse, mais dont la plupart ne sont des dér. ni synchroniquement, ni historiquement, servent à désigner des oiseaux :
agace « la pie »
agasse « la pie »
ageasse « la pie »
calouasse « la pie »
craouillasse « la pie »
darnagasse « la pie »
jacasse « la pie »
jocasse « la grive »
bécasse -
scolopace (Littré)
trijasse (Littré)
Rem. Chacune des var. graph. -ace et -asse s'accole à des subst., à des verbes et à des adj. pour former des subst. ou d'autres adj. a) S'accole à un subst. pour former un subst. : banne > bannasse barque > barcasse bec > bécasse brume > brumasse coing > cognasse corne > cornasse cuir > cuirasse cul > culasse fille > fillasse grain > grenasse/grainasse grêle > grêlasse miel > mélasse mill(ion) > milliasse paille > paillasse paon > paonace papier > paperasse pin > pinace plume > plumace rose > rosace savant > savantasse teigne > teignasse/tignasse terre > terrasse ville > villace vin > vinasse b) S'accole à un subst. pour former un adj. (substantivable) : homme > hommasse pédant > pédantasse savant > savantasse c) S'accole à un adj. pour former un adj. : blond > blondasse fade > fadasse laid > laidasse lourd > lourdasse mou > mollasse vif > vivace d) S'accole à un verbe pour former un subst. : chier > chiasse crever > crevasse laver > lavasse lier > liasse tirer > tirasse traîner > traînasse
Prononc. : [-as].
Étymol. ET HIST. A.− Étymologie 1. Lat. -acea (lat. vulg. -acia) : bonace (1220) < bonacia (lat. pop.) fallace (xiiie) < fallacia « ruse, tromperie » filasse (1160) < filace < filacea < filum « fil » fouace (xiie) ou fougasse < focacea < focus 2. Lat. -ax/-acis : a) contumace (subst. xiiie− adj. 1392) ou contumax « absent, défaillant en parlant de l'accusé » < contumax, contumacia donace ou donax < donax « petit mollusque » efficacité (1327) < efficace (1155) < efficax, -acis « qui produit de l'effet » fugacité (1827) < fugace (1550) < fugax, -acis < fugere « fuir » limace (1175) < limacia < limax, -acis « limace, colimaçon » b) loquace (1764)/loquacité (1466) < loquax, loquacitas « bavardage » pugnace (1842)/pugnacité (1820) < pugnax, pugnacis < pugnare « combattre » sagace (1495)/sagacité (1444) < sagax, sagacitas « odorat subtil » salace (1555)/salacité (1560) < salax « lubrique », salacitas tenace (1501)/ténacité (1488) < tenax, tenacitas < tenere « tenir » vivace (1496)/vivacité (1488) < vivax, vivacitas « vitalité, vivacité » vorace (1603)/voracité (xive) < vorax, voracitas < vorare « dévorer » Rem. 1. Bonace « calme de la mer » < lat. pop. bonacia, sur malacia « calme de la mer » < gr. malakia, analysé en malus + acea et refait sur bonus à cause du sens. Cf. ital. bonaccia, prov. bonassa, même sens. Ce mot est empl. adjectivement : une mer bonasse « une mer calme ». D'où, peut-être sous l'influence de l'ital., caractère bonasse. Rem. 2. Substitution de suff. : caillasse < caillou − cf. cailloutis cocasse < coquard « coq » encore dans les pat. fougasse < fougade < ital. fogata grimace < grimmiche < grime milliasse < million rapace < rapal Etymol. douteuse : carcasse (1550) < charcois, carcois (?) jocasse (1775) « grosse grive » − peut-être du frq. jōc, juc « perchoir » B.− Finales homophones 1. (Angl.) lovelace, palace, wallace 2. (All.) agasse, perlasse, potasse, védasse 3. (Provençal) bagasse/bagace (xvie) < prov. bagasse « prostituée » − cf. ital. bagascia, esp. bagase (tige de canne à sucre) patarasse (1687) < prov. patarasso < germ. paita « morceau d'étoffe » (Dauzat 1964) rascasse (1554 − Dauzat 1964) < prov. rascasso < rasco « teigne » (poisson à grosse tête hérissée d'épines) 4. (Italien) galéasse/galéace (1402 − Bl.-W.4) < ital. galeazza « grande galère » morasse (1845 − Bl.-W.4) terme de typogr., peut-être de l'ital. moraccio « noiraud » paillasse (subst. masc. XVIIIeDauzat) « bateleur » < ital. pagliaccio, personnage du théâtre ital. strasse (1690 − Dauzat) « bourre de soie » < ital. straccio « chiffon » 5. (Gr.) borasse (1830 − Ac.) < gr. borassos « dattes » 6. (Espagnol) calebasse (1555 − Bl.-W.4) < esp. calabaza (1542, calabasse) « fruit pouvant servir de récipient » mélasse (1664 − Bl.-W. melasche, 1508) < esp. melaza de mel « miel » pinasse (1461 − Bl.-W.4) < prob. esp. pinaza dér. de pino « pin » (embarcation à fond plat) 7. (Frq.) échasse (XIIeBl.-W.4, Dauzat) au Moy. Âge eschace « jambe de bois, bâton » < frq. skakja, verbe skakan « courir vite » − cf. prov. escassa « béquille » 8. (Port.) sargasse (1604 − Bl.-W.4) < port. sargaço « variété de ciste et par ressemblance algue marine » < lat. salix, salicis « saule » Rem. 1. Pour qq. subst. on a hésité entre -as* et -asse/-ace : brouillas/brouillasse coutelas/coutelace dégueulas/dégueulasse populas/populace Doublets graph. (entre parenthèses les formes qui paraissent inusitées) : agace ou agasse (bagace) ou bagasse bonace ou bonasse (bonace est de préférence subst., l'adj. s'écrit bonasse) (culace) ou culasse (filace) ou filasse galéace ou galéasse (hommace) ou hommasse mollace ou mollasse (pinace) ou pinasse villace ou villasse (vinace) ou vinasse Rem. 2. Nyrop t. 3 1936 se demande par quelle voie on est arrivé à employer au masc. des adj. ayant la termin. fém. -asse (blondasse, bonasse, cocasse, fadasse, hommasse, laidasse, mollasse, savantasse, vx fr. mulace, riace), et pense qu',,il faut probablement supposer que les plus anciens de ces mots ne se sont employés d'abord qu'avec des substantifs féminins : la mer bonasse, une femme hommasse, et qu'ensuite la terminaison -asse s'est pour ainsi dire pétrifiée et a été étendue aussi au masculin : un garçon hommasse, un trait hommasse.`` Il ajoute qu',,on pourrait peut-être aussi penser que des mots tels que hommasse, riace, ont été primitivement des substantifs féminins qu'on avait employés sans changement comme appositions : une hommasseune femme hommasseun garçon hommasse; ce serait ainsi la même combinaison que dans une femme médecin.`` Enfin il rappelle ,,qu'on a essayé de réagir contre l'emploi de -asse au masculin en créant une forme en -as (fadas et savantas sans doute à l'imitation des formes méridionales − cf. prov. sabentas)``, que ,,Molière et La Bruyère se servent encore de savantas`` et que ,,Le Larousse universel donne dégueulas à côté de dégueulasse`` (Nyrop t. 3 1936, p. 101). C.− Productivité. − Les créations nouv. ne sont pas très nombreuses (cf. Darm. 1877, p. 91 : ,,Je ne vois à citer que cocasse qui date de notre siècle``). On notera cependant : fouillasse dans le sens de « fouillis » fainéassecf. fainéant godasse < godillot jaunasse < jaune marmelassecf. marmelade ragougnasse < ragoût ragouillasse < ragoût vinasse 1836 (Dauzat 1964) pugnace 1842 (ibid.) brouillasse 1842 (ibid.) caillasse 1864 (ibid.) bourbasse < (Littré Suppl. 1877) bourdonnasse < (Littré Suppl. 1877) boutasse < (Littré Suppl. 1877) escargasse < (Littré Suppl. 1877) favasse < (Littré Suppl. 1877) grêlasse < (Littré Suppl. 1877) rubasse < (Littré Suppl. 1877) godasse 1881 (Bl.-W.4.) D.− Productivité du suffixe à différentes époques du fr. : − xiies. : bécasse (Bl.-W.4, Dauzat 1964); crevasse (ibid.) 1160 filasse (Dauzat) 1170 liasse, au sens de « faisceau » (Bl.-W.) xiiies. : mulasse (ibid., Dauzat) 1250 paillasse (Bl.-W.4, Dauzat) 1266 cuirasse (ibid.) xives. : hommasse (ibid.); grimace (Bl.-W.4); molasse « grès tendre » (ibid.) 1368 gougasse (ibid., Dauzat) xves. : lavasse « pluie » (Bl.-W.4, Dauzat); brumasse (Dauzat) 1479 milliasse (Bl.-W.4) 1496 vivace (ibid.) xvies. : 1501 tenace (ibid.) 1547 rosace (ibid.) 1549 coriace (ibid.) 1555 salace (ibid., Dauzat) 1555 populace (Bl.-W.4) 1578 chiasse (ibid.) 1581 culasse (écrit -ace) (ibid.) 1588 paperasse (ibid.; 1553 − Dauzat) xviies. : 1603 vorace (Bl.-W.4) 1646 savantasse (d'abord savantas) (ibid.) 1680 tignasse (ibid., Dauzat) 1680 traînasse (Bl.-W.4) xviiies. : 1700 blondasse (ibid.) 1726 fugace (ibid.) 1739 cocasse (Dauzat; 1752 − Bl.-W.4) 1761 fadasse (Bl.-W.4) 1762 teignasse (ibid.) 1765 ferrasse (Dauzat) 1765 vinasse (cf, 1836) « vin à demi aigri » (Bl.-W.4, Dauzat)
BBG. − Dauzat Ling. fr. 1946, pp. 324-325.
Rem. Chacune des var. graph. -ace et -asse s'accole à des subst., à des verbes et à des adj. pour former des subst. ou d'autres adj. a) S'accole à un subst. pour former un subst. : banne > bannasse barque > barcasse bec > bécasse brume > brumasse coing > cognasse corne > cornasse cuir > cuirasse cul > culasse fille > fillasse grain > grenasse/grainasse grêle > grêlasse miel > mélasse mill(ion) > milliasse paille > paillasse paon > paonace papier > paperasse pin > pinace plume > plumace rose > rosace savant > savantasse teigne > teignasse/tignasse terre > terrasse ville > villace vin > vinasse b) S'accole à un subst. pour former un adj. (substantivable) : homme > hommasse pédant > pédantasse savant > savantasse c) S'accole à un adj. pour former un adj. : blond > blondasse fade > fadasse laid > laidasse lourd > lourdasse mou > mollasse vif > vivace d) S'accole à un verbe pour former un subst. : chier > chiasse crever > crevasse laver > lavasse lier > liasse tirer > tirasse traîner > traînasse
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun

Singulier Pluriel
jacasse jacasses
\ʒa.kas\

jacasse \ʒa.kas\ féminin

  1. (Vieilli) Nom populaire de la pie bavarde.
  2. (Familier) Femme bavarde.
    • Le bougre était aussi bavard qu’une jacasse ! — (Béatrice Nicodème, La conspiration de l’hermine, 2000)

Forme de verbe

Voir la conjugaison du verbe jacasser
Indicatif Présent je jacasse
il/elle/on jacasse
Imparfait
Passé simple
Futur simple
Subjonctif Présent que je jacasse
qu’il/elle/on jacasse
Imparfait
Impératif Présent (2e personne du singulier)
jacasse

jacasse \ʒa.kas\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de jacasser.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de jacasser.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de jacasser.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de jacasser.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de jacasser.

Anagrammes

→ Modifier la liste d’anagrammes

  • cajasse
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

jacasse

(ja-ka-s') s. f.
  • Terme populaire. Femme, fille qui parle beaucoup. C'est une petite jacasse.
Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « jacasse »

De jacasser.
Source : Wikitionnaire

Ce mot paraît provenir de jacquot, nom populaire donné aux perroquets et aux pies.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « jacasse »

Phonétique Prononciation
Bordeaux (France) : écouter « jacasse »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « jacasse »

Source : Google

Traductions du mot « jacasse »

Langue Traduction
English jacasse
German jacasse
Spanish jacasse
Portuguese jacasse
Italian jacasse
Dutch jacasse
Polish jacasse
Russian jacasse
Source : DeePL

Synonymes de « jacasse »