Jobard
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Définitions de « jobard »
Trésor de la Langue Française informatisé
JOBARD, -ARDE, adj. et subst.
Quand on a des rentes, sacristi! il faudrait être jobard pour s'esquinter le tempérament (Maupass., Pierre et Jean,1888, p. 323).J'aime Odette de tout mon cœur, mais pour lui faire des théories d'esthétique, il faut tout de même être un fameux jobard! (Proust, Swann,1913, p. 228).Curieux d'alchimie et de traditions occultes, mais sans archaïque manipulation de substances, jobardement épris de toute absconse doctrine capable de travestir son néant (...) il gratifie d'excellents dîners tous les estomacs influents qu'il suppose coutumiers des reconnaissantes digestions (Bloy, Désesp.,1886p. 23).Il n'a du rôle de médecin ici-bas, qu'une notion confuse, gâtée par sa confiance dans le jobardisme de ses contemporains (L. Daudet, Dev. douleur,1931, p. 81).Ce n'est guère poli; je ne suis pas assez jobine, pour qu'on nous traite comme une mioche (Le Père Lantimèche, 55 [Basset et Martin], 1805ds Quem. DDL t. 19).− Dis donc! le forgeron te fait de l'œil (...). Oh! Je suis bien tranquille, il est trop godiche... On le lui rendra, son argent. Mais, vrai, s'il avait affaire à de la fripouille, il serait joliment jobardé (Zola, Assommoir,1877, p. 492).− De ces huit ans, pas un jour ne s'est écoulé qui n'ait été pour votre « amie » l'occasion d'une petite canaillerie nouvelle; pas un soir, vous ne vous êtes couché qu'excellemment jobardé et cocufié comme il convient (Courteline, Boubouroche,1893, I, 3, p. 42).Ce nom [d'Astier], grâce à vous, le voilà devenu synonyme d'ignorance et de jobardise, on ne peut plus le prononcer sans rire (A. Daudet, Immortel,1888, p. 296).Ma science, mon sens critique (...) se développent, sans que toutefois, en ce qui me concerne ma crédulité, ma jobarderie de novice diminuent (Arnoux, Double chance,1958, p. 31).Wiktionnaire
Adjectif
| Singulier | Pluriel | |
|---|---|---|
| Masculin | jobard \ʒɔ.baʁ\
| jobards \ʒɔ.baʁ\ |
| Féminin | jobarde \ʒɔ.baʁd\ | jobardes \ʒɔ.baʁd\ |
jobard \ʒɔ.baʁ\
- Simple d’esprit, crédule, niais.
- – Si vous trouvez plaisant d’être jobard…
– Dans jobard il y a Job, mon ami. — (André Gide, Les Caves du Vatican, 1914) - « Décidément, vous êtes le plus curieux garçon que je connaisse… Il y a en vous du paladin et du jobard, si vous me permettez de vous le dire… Chevalier à midi… Bouffon à minuit… Vous excellez dans tous les emplois !… — (Maurice Dekobra, La Madone des sleepings, 1925, réédition Le Livre de Poche, page 143)
- Aujourd’hui, poursuivit-il, transi, purotin, jobard, moulu par l’affliction, ayant un gros bourdon, il avait cru, naïf, qu’un cyprin du Jardin d’Acclimatation lui offrirait, pourquoi pas ? un amical bonjour. — (Georges Perec, La Disparition, 1969)
- – Si vous trouvez plaisant d’être jobard…
Nom commun
| Singulier | Pluriel |
|---|---|
| jobard | jobards |
| \ʒɔ.baʁ\ | |
jobard \ʒɔ.baʁ\ masculin (pour une femme, on dit : jobarde)
- (Moquerie familière) Celui qui est simple d’esprit, crédule, niais.
- Vexé d’être pris pour un jobard, l’arbitre décerna un carton jaune à l’un des simulateurs. — (Antoine Bello, Mateo, 2013 ; collection Blanche, page 186)
- Dans l’argot du monde criminel, le terme de « jobard » désigne la victime, actuelle ou virtuelle, de formes concertées d’exploitation illégale. — (Erving Goffman, « Calmer le jobard : quelques aspects de l'adaptation à l'échec » in Le Parler frais d’Erving Goffman, Paris, Éditions de Minuit, 1987, pages 277-300)
S’il y a un jobard ici, et surtout un malade fou à lier, c’est bien toi.
— (Jean-Baptiste Baronian, L’Apocalypse blanche, 2000)- Les nihilistes de 1880 étaient une secte mystique, des rêveurs, les routiniers du bonheur universel. Nous, nous étions aux antipodes de ces jobards et de leurs fumeuses théories. — (Blaise Cendrars, Moravagine, Grasset, Les Cahiers Rouges, 1986, page 72)
Voir aussi
- jobard sur Wikipédia
Littré (1872-1877)
jobard
- Terme familier. Homme niais, crédule, qui se laisse facilement tromper.
Étymologie de « jobard »
- Dérivé de jobe (« niais, sot »), avec le suffixe -ard.
Jobe, qui s'est dit autrefois pour homme niais et crédule : …Il aura plus tost conquis ce qu'il pretend, avec un mot bien couché… que par servir et faire le mignon longtemps, qui est l'office d'un jobe ou caillette,
Noël du Fail, Propos rustiques et facétieux, ch. 6. Le Berry dit jober, jouer, s'amuser. Scheler tire ces mots du flamand jobbe, nigaud, et en écarte le patriarche Job, qui, suivant Génin, avait donné son nom à cette famille de mots.
Phonétique du mot « jobard »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| Lyon (France) : écouter « jobard » |
|
Fréquence d'apparition du mot « jobard »
Source : GoogleTraductions du mot « jobard »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | jobard |
| German | Jobard |
| Spanish | jobard |
| Portuguese | jobard |
| Italian | jobard |
| Dutch | jobard |
| Polish | jobard |
| Russian | джобард |
Synonymes de « jobard »
Antonymes de « jobard »
Citations sur le mot "jobard"
Le jobard est celui qui pense que les autres sont jobards.
Martin Page
Il est plus aisé de connaître un avis sur tout que de ce moquerie de rien.
Voltaire
Le jobard est un incurable qui se prend trop au sérieux et se permet de juger tout en se plaignant de tout.
Jacques Salomé

