Juif

subst adj et

Définitions de « juif »

Trésor de la Langue Française informatisé

JUIF, JUIVE, adj. et subst.

I. − Adj. et subst.
A. − HIST. ANC.
1. (Celui, celle) qui vit dans le royaume biblique de Juda ou qui en est originaire. Synon. judéen.Le nom hébreu Yehoudim ne se lit pas dans la bible avant le temps de Jérémie, contemporain de la destruction du 1ertemple; (...) la transcription de ce mot en Ioudaioi, Judaei, judéens ou juifs, prévaudra sur hébreux et israélites (Weill, Judaïsme,1931, p. 19):
1. Après la mort du roi Salomon, un schisme a divisé le peuble d'Israël (...). Le petit royaume du Sud, dont le rayonnement dépasse l'importance géographique, est appelé « Royaume de Juda » (...) tous ses ressortissants seront des yehoudim − des « juifs ». M. Catane, Qui est Juif? Paris, R. Laffont, 1972, p. 22.
2. [À partir de l'exil babylonien] (Celui, celle) qui appartient au peuple issu d'Abraham et dont l'histoire est relatée dans la Bible. Synon. hébreu (v. ce mot A 1), israélite (v. ce mot A 1).Juif alexandrin, essénien, helléniste; grand-prêtre, prophète juif. Pour qui connaît les anciennes sectes juives, cette parabole est essénienne. Jamais Saducéen, jamais Pharisien n'aurait dit ou écrit pareille chose (P. Leroux, Humanité, t. 2, 1840, p. 770).La destinée unique du peuple juif, aboutissant à Jésus et au christianisme, m'apparaissait comme quelque chose de tout à fait à part (Renan, Souv. enf.,1883, p. 59):
2. C'est en Babylonie que la grande majorité des Judéens sont déportés (...). Les Juifs de Babylone vont être (...) les témoins d'un des bouleversements les plus spectaculaires de l'Orient ancien : l'écroulement de l'empire chaldéen. A. et R. Neher, Hist. biblique du Peuple d'Israël, Paris, Adrien-Maisonneuve, t. 2, 1962, p. 570.
B. − (Celui, celle) qui appartient aux descendants du peuple ci-dessus, qui se réclame de la tradition d'Abraham et de Moïse. Synon. hébreu (v. ce mot A 2), israélite (v. ce mot A 2).C'était un dur obstacle que d'être né juif, mais c'était peut-être aussi une force (Maurois, Disraëli,1927, p. 52).C'était une fine Juive au teint laiteux, languissante et fiévreuse. Elle s'appelait Sephira (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 81).Être « juif » n'est exclusivement ni l'appartenance à une ethnie ni l'adhésion à une foi, mais une condition qui, généralement acquise par la naissance, compte néanmoins des implications spirituelles (M. Catane, Qui est Juif? Paris, R. Laffont, 1972p. 30).V. apocalypse ex. 4, apparence ex. 2, dispersion B 6 ex. de J. de Maistre :
3. Otages torturés, garçons français abattus au bord des routes, femmes et nouveau-nés d'Oradour, paysans d'Ascq, enfants juifs arrachés des bras de vos mères, entassés dans des wagons de marchandises comme des agneaux, c'est à vous qu'il faut dédier ce jour qui, d'un seul coup, rachète tant de compromissions, de complicités et de crimes. Mauriac, Bâillon dén.,1945, p. 395.
SYNT. Monde, prolétariat, syndicat juif; communauté, minorité, nation, personnalité, population, société juive; copiste, docteur juif; banquier, compositeur, écrivain, fonctionnaire, marchand, médecin, penseur, philosophe juif; juif espagnol, français, polonais, portugais, russe; juif occidental; juif parisien; juif converti; juif honteux; juif du ghetto; juifs de la diaspora; haine, persécution des juifs; le Dieu des Juifs; la Pâque des Juifs; déporter, expulser les juifs.
Loc. À la juive. À la manière des juifs. Tel fils de sénateur, protégé de César, envie peut-être l'agneau rôti du vigneron et la carpe à la juive que me cuit mon épouse Phénenna (Arnoux, Juif Errant,1931, p. 13).
En partic.
1.
a) Le Juif errant. Personnage légendaire condamné à errer jusqu'à la fin des temps pour avoir injurié le Christ portant sa croix. La légende, la plainte du Juif errant. Je suis une chose que l'on met à cheval ou en voiture, qui part, qui passe, qui arrive et qui repart, le tout au galop (...). Bref, je suis comme le Juif errant (...) « Marche! marche!... » (Dumas père, L. Bernard,1843, I, 7, p. 218).
P. métaph. Je suis le Juif-Errant de la pensée, toujours debout, toujours marchant, sans repos, sans jouissances de cœur (...); je mendie l'avenir, je lui tends la main (Balzac, Lettres Étr., t. 1, 1836, p. 324).
b) [P. all. à ce personnage] Il est possible que mon Itinéraire demeure comme un manuel à l'usage des Juifs errants de ma sorte (Chateaubr., Mém., t. 2, 1848, p. 235).
2. Péj. [À cause des métiers d'argent interdits aux chrétiens et réservés aux juifs au Moy. Âge] Synon. de avare, usurier.Sans doute quelque vieil avare, quelque vieux juif (Dumas père, Laird de Dumbiky,1844, III, 9, p. 89).
3. Pop. Petit juif. Face postéro-interne du coude, sur le trajet du nerf cubital. Touchée au petit-juif, ma mère pousse un cri et s'efface (H. Bazin, Huile sur feu,1954, p. 243).
II. − Adjectif
A. − Qui concerne les juifs, qui leur appartient. Femme magnifique : profil juif busqué, brune florentine, le nez net comme un nez de camée, les cheveux noirs, la bouche découpée au ciseau (Goncourt, Journal,1855, p. 165).Nouvelle plongée dans Simenon; je viens d'en relire six d'affilée. Et les Réflexions sur la Question juive de Sartre (Gide, Journal,1948, p. 319).Les Testaments des Douze Patriarches sont un écrit juif alexandrin du IIeou Iersiècle avant J-C, qui revêt la forme de testaments légués par les douze fils de Jacob à leurs successeurs (Philos., Relig., 1957, p. 36-4).V. alexandrin1ex. 1 :
4. Son enfance s'était écoulée dans un ghetto de Lithuanie, et juqu'à sa quinzième année il avait mené l'existence que menaient, il y a quarante ans, les étudiants talmudiques dans ces petites universités juives qu'on appelle des yéchiba. Tharaud, An prochain,1924, p. 178.
SYNT. Âme, authenticité, condition, culture, histoire, identité, inquiétude, origine, pensée, religion juive; école, maison, noce, vie juive; esprit, nom, sang, type juif; théâtre juif; état, pays, quartier, temple juif; théocratie juive; le problème juif.
B. − En partic. Qui concerne le judaïsme, qui lui appartient. Si nous ne disposions (d'ailleurs) que du Livre [le Coran] pour connaître les origines des institutions musulmanes, nous ignorerions complètement que le premier çawm imposé aux Croyants fut le jeûne juif du 10 Tichri (G.-H. Bousquet, Prat. rit. Islam,1949, p. 53).Jésus, fidèle aux schémas de l'apocalyptique juive, considérait comme imminente la fin des temps et l'instauration du Royaume (Philos, Relig., 1957, p. 4-14):
5. En apparence, c'est l'Église qui, en secouant le joug de la loi, en déclarant caduque la Tora juive pour introniser la loi de charité, le règne de la Grâce, a délié l'homme enchaîné, l'a émancipé d'un despotisme théocratique oppresseur (...). En réalité, c'est la loi bien comprise qui fonde la liberté. Weill, Judaïsme,1931, p. 110.
SYNT. Canon juif; sacerdoce juif; messianisme, universalisme juif; Bible, Kabbale, Loi, Tradition juive; prière juive; année juive.
Rem. 1. On trouve le subst. juif écrit avec ou sans majuscule. Dans le premier cas, le terme semble exprimer plutôt l'appartenance à un groupe ethnique; dans le second l'appartenance à une communauté relig. L'usage de la majuscule tend, cependant, à se généraliser. 2. L'adj. juif est plus usité que son synon. judaïque, mosaïque étant réservé au domaine religieux.
Gambetta, catalogué comme demi-juif (Blumenkranz, Hist. des Juifs en Fr., Toulouse, E. Privat, 1972, p. 341).Le mercredi 31 mai une manifestation silencieuse groupant (...) Juifs et non-Juifs, se déroulait devant l'ambassade d'Israël (Blumenkranz, Hist. des Juifs en Fr., Toulouse, E. Privat, 1972p. 434).Le monde non juif (Grand Rabbin Kaplan, Justice pour la foi juive, Vendôme, Le Centurion, 1977, p. 13).À partir du moment où les dits juifs (...) épousent des non-juifs ou des non-juives (A. Harris, A. de Sedouy, Juifs et Français, Paris, Grasset, 1979, p. 195).Je reconnais là un de ces juifaillons qui infestent le pays des Morticoles (L. Daudet, Morticoles,1894, p. 164).Nous approchons fort, la juiverie doit être peu éloignée maintenant. − La juiverie! (...) − Votre future est donc une hérétique? une juiferesse? − Une israélite, maître (Borel, Champavert,1833, p. 117).Isaac Laquedem passe dans la rue, se multiplie comme la Mère Gigogne; de son manteau rouge et bleu sortent mille juifs et juivillons, vêtus le plus curieusement du monde, qui fourmillent sur le marché au bric-à-brac (Jammes, Mém.,1923, p. 85).
REM. 1. En composition. a) Élément initial synon. de judéo-. La religion juive-chrétienne (P. Leroux, Humanité, t. 2, 1840, p. 518).Élie Nadelman est ce jeune sculpteur juif-polonais qu'Alexandre Natanson me menait visiter dans sa tanière (Gide, Journal,1909, p. 272).b) Élément terminal. α)
Antijuif*. -
β)
Demi-juif, demi-juive, adj. et subst.(Celui, celle) dont seul l'un des parents est juif. Gambetta, catalogué comme demi-juif (Blumenkranz, Hist. des Juifs en Fr., Toulouse, E. Privat, 1972, p. 341).
γ)
Non(-)juif, non(-)juive,(Non juif, Non-juif, non juive, non-juive) adj. et subst.Le mercredi 31 mai une manifestation silencieuse groupant (...) Juifs et non-Juifs, se déroulait devant l'ambassade d'Israël (Blumenkranz, Hist. des Juifs en Fr., Toulouse, E. Privat, 1972p. 434).Le monde non juif (Grand Rabbin Kaplan, Justice pour la foi juive, Vendôme, Le Centurion, 1977, p. 13).À partir du moment où les dits juifs (...) épousent des non-juifs ou des non-juives (A. Harris, A. de Sedouy, Juifs et Français, Paris, Grasset, 1979, p. 195).
2.
Juifaillon, juivaillon, subst. masc.,vieilli. Synon. péj. de juif.Je reconnais là un de ces juifaillons qui infestent le pays des Morticoles (L. Daudet, Morticoles,1894, p. 164).Juivaillon attesté ds Nouv. Lar. ill., Lar. 20e, Quillet 1965.
3.
Juiferesse, subst. fém.Synon. péj. de juive.Nous approchons fort, la juiverie doit être peu éloignée maintenant. − La juiverie! (...) − Votre future est donc une hérétique? une juiferesse? − Une israélite, maître (Borel, Champavert,1833, p. 117).
4.
Juivillon, subst. masc.,rare. Jeune juif. Isaac Laquedem passe dans la rue, se multiplie comme la Mère Gigogne; de son manteau rouge et bleu sortent mille juifs et juivillons, vêtus le plus curieusement du monde, qui fourmillent sur le marché au bric-à-brac (Jammes, Mém.,1923, p. 85).
Prononc. et Orth. : [ʒ ɥif], fém. [ʒ ɥi:v]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Subst. masc. ca 980 Judeu (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 215); mil. xiies. juef (Épître de Saint Etienne, 19 ds Foerster-Koschwitz,, col. 169 [ms. 2emoitié xiies.] : tuít li íuef); ca 1190 Juiu (Marie de France, Purgatoire, éd. Th. Atkinson Jenkins, 1916); ca 1223 juif (Gautier de Coinci, Miracles de Notre Dame, éd. V. Fr. Koenig, t. 2, p. 95, titre, var. ms. 13es. [I Mir. 12]); b) subst. fém. ca 1274 juise (Adenet Le Roi, Berte, éd. A. Henry, 1831, juyve [var. ms. 1remoitié du xives.]); 2. adj. 1119 judeue (Philippe de Thaon, Comput, 1549 ds T.-L. : judeue gent); ca 1245 juiue (Huon de Cambrai, Regrets N. D., éd. A. Långfors, 44, 5 : la gent juiue). Du lat. Judaeus « de la tribu de Juda; juif », empr. au gr. Ι ο υ δ α ι ̃ ο ς « id. », et celui-ci à l'hébr. Yehūdī « id. », dér. de Yehūdā « Juda, personnage biblique, fils de Jacob et de Léa, chef d'une des douze tribus d'Israël (Genèse, 35, 23; 49, 8); p. ext. nom de cette tribu, puis nom d'un des deux royaumes de Palestine (cf. judéen) et du peuple qui y vivait ». L'ext. sém. « membre de la tribu de Juda → juif » est due au fait que « la plupart des Hébreux qui revinrent de la captivité [de Babylone] étaient de la tribu de Juda et occupèrent le territoire de l'ancien royaume de Juda » (Bible, s.v. Judée, col. 1818). La forme juif a été refaite sur le fém. juive, juiue de l'a. fr. juiu (H. Suchier ds Z. rom. Philol. t. 6, p. 438 et 439; Meyer-L. t. 1, §§ 115 et 260; Fouché, p. 637). Fréq. abs. littér. : 3 981. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 4 923, b) 3 866; xxes. : a) 8 743, b) 5 398. Bbg. Honoré (J.-P.). Le Vocab. de l'antisémitisme en France pendant l'affaire Dreyfus. MOTS. 1981, no2, pp. 73-92. - Richard (W.) 1959, pp. 54-55.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Adjectif

Singulier Pluriel
Masculin juif
\ʒɥif\

juifs
\ʒɥif\
Féminin juive
\ʒɥiv\
juives
\ʒɥiv\

juif \ʒɥif\

  1. (Histoire) Relatif au royaume de Juda.
    • Après la mort du roi Salomon, un schisme a divisé le peuple d’Israël (…). Le petit royaume du Sud, dont le rayonnement dépasse l’importance géographique, est appelé « Royaume de Juda » (…) tous ses ressortissants seront des yehoudim − des « juifs ». — (M. Catane, Qui est Juif ?, R. Laffont, 1972)
    • La transcription de ce mot [yehoudim] en Ioudaioi, Judaei, judéens ou juifs, prévaudra sur hébreux et israélites. — (Weill, Judaïsme, 1931, page 19)
  2. Relatif au peuple hébreu.
    • Ses traits offraient dans sa plus grande pureté le caractère de la beauté juive : ces lignes ovales, si larges et si virginales qui ont je ne sais quoi d’idéal, et respirent les délices de l’Orient, l’azur inaltérable de son ciel, les splendeurs de sa terre et les fabuleuses richesses de sa vie. — (Honoré de Balzac, Louis Lambert, 1832)
    • Pour qui connaît les anciennes sectes juives, cette parabole est essénienne. — (P. Leroux, Humanité, tome 2, 1840)
    • Mon arrière-grand-mère juive et mon arrière-grand-père palestinien ont eu neuf enfants. Ma grand-mère était l’aînée. L’histoire s'est vraiment compliquée pendant la grande révolte arabe. — (Justine Augier, Jérusalem, Actes Sud Littérature, 2013)
  3. (Religion) Relatif au judaïsme.
    • On comprend bien des choses si l’on sait que chacun de ces hommes devait être enterré selon les rites de sa bande, avec tout ce qu’il peut y avoir de prières : catholiques, juives, puritaines, presbytériennes, méthodistes, parsies, jaines, musulmanes. — (Paul Nizan, Aden Arabie, chapitre VIII, Rieder, 1932 ; Maspéro, 1960)

Nom commun

Singulier Pluriel
juif juifs
\ʒɥif\

juif \ʒɥif\ masculin (pour une femme, on dit : juive)

  1. (Judaïsme) Personne appartenant à la descendance du peuple sémite établi en Israël, de religion monothéiste, que cette personne se conforme ou non à la religion juive et aux traditions judaïques.
    • Forcer tous à subir l’obéissance, c’est tuer le génie et le talent. Qui a passé des années au port d’armes à la façon allemande est mort pour les œuvres fines ; aussi l’Allemagne, depuis qu’elle s’est donnée tout entière à la vie militaire, n’aurait plus de talent si elle n’avait les juifs, envers qui elle est si ingrate. — (Ernest Renan, Souvenirs d’enfance et de jeunesse, 1883, collection Folio, page 112)
    • Il faut toujours bien prendre garde que le Juif du Moyen Âge, devenu si résigné, ressemble beaucoup plus au chrétien qu’à ses ancêtres. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, chapitre VII, La morale des producteurs, 1908, note au bas de la page 339)
    • D’ici furent dirigés ces inquisiteurs qui allèrent brûler Vaudois, cathares, fraticelles, béguins, sorciers, envoûteurs, magiciens, flagellants, ou juifs convertis, mais soupçonnés de sortilèges. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Si l’on signale, en 350, la présence à Metz d’un évêque du nom de Siméon, qui aurait été un juif converti, cela ne signifie pas qu’il y ait déjà eu des juifs dans cette ville. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • Au point de vue juridique, les juifs relevaient de leurs rabbins et de la loi mosaïque dans les question de statut personnel ; pour le reste ils étaient justiciables, comme les musulmans, des caïds et des cadis. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, page 30)
  2. Personne fidèle au judaïsme.
    • Sainte Vierge ! dit le prieur en se signant, un juif incrédule ! un juif admis en notre présence ! — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Comme le juif de la légende, j’ai en moi un démon qui me crie incessamment : marche ! Je dois accomplir ma destinée ! — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
  3. (Péjoratif) (Vieilli) Usurier ; personne âpre au gain, homme riche.
    • Dans cette logique, le Juif est un type, pas une race, être juif c’est avoir obtenu des privilèges grâce à l’argent, même — et ce n’est pas le moindre des paradoxes — si l’on appartient à une autre confession. — (Philippe Darriulat, Les patriotes : la gauche républicaine et la nation, 1830-1870, Le Seuil, 2001, ISBN 2020225964, page 149)

Anagrammes

→ Modifier la liste d’anagrammes

  • Fuji

Voir aussi

  • juif sur l’encyclopédie Wikipédia
  • juifs dans le recueil de citations Wikiquote
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

juif, ive

(juif, jui-v') s. m. et f.
  • 1Celui, celle qui appartient au peuple hébreu, au peuple qui habita jadis la Palestine. Un Juif, une Juive (avec une majuscule). Les Juifs charnels tiennent le milieu entre les chrétiens et les païens : les païens ne connaissent point Dieu, et n'aiment que la terre ; les Juifs connaissent le vrai Dieu, et n'aiment que la terre ; les chrétiens connaissent le vrai Dieu, et n'aiment point la terre, Pascal, Pensées, XV, 12, édit. HAVET.

    Le Juif errant, personnage imaginaire que l'on suppose condamné à errer jusqu'à la fin du monde, pour avoir outragé Jésus portant sa croix, et qui paraît être une représentation populaire de la dispersion du peuple juif. N'êtes-vous point cet homme De qui l'on parle tant, Que l'Écriture nomme Isaac Juif errant ? Complainte du Juif errant. Je gage que le Juif errant N'a pas fait un plus long voyage [qu'Énée], Scarron, Virg. I. Chrétien, au voyageur souffrant Tends un verre d'eau sur ta porte ; Je suis, je suis le Juif errant, Qu'un tourbillon toujours emporte, Béranger, Juif errant.

    Fig. et familièrement. C'est un Juif errant, c'est un homme qui change souvent de demeure, qui voyage sans cesse. C'est donc un voyageur ? - C'est un vrai Juif errant, Collin D'Harleville, Chât. en Esp. II, 1.

    Juif errant, se dit aussi d'un homme qui est toujours par voie et par chemin, qu'on ne trouve jamais chez lui.

  • 2Celui, celle qui professe la religion judaïque (avec un j minuscule). Un juif est un Français, un Allemand, un Anglais, etc. professant la religion juive. Secondement, il doit à Jérémie Aaron, Usurier de métier, juif de religion, Regnard, le Joueur, III, 4. Voici mon noble aïeul ; Il vécut soixante ans, gardant la foi jurée, Même aux juifs ! Hugo, Hernani, III, 6.

    Être riche comme un juif, être fort riche. Un marchand nouvellement arrivé et plus riche qu'un juif, Lesage, Guzm. d'Alfar. I, 4.

  • 3 Fig. et familièrement. Celui qui prête à usure ou qui vend exorbitamment cher, et, en général, quiconque cherche à gagner de l'argent avec âpreté. Il y a longtemps que je n'ai vu le jeune Sanche : c'est un jeune homme affamé de gagner et bien juif, à mon gré, Patin, Lett. t. II, p. 186. Comment diable ! quel juif, quel arabe est-ce là ? c'est plus qu'au denier quatre, Molière, l'Avare, II, 1. Adieu juif, le plus juif qui soit dans tout Paris, Regnard, le Joueur, II, 14. Les arabes ! les juifs ! ouf ! ouf ! je n'en puis plus ; Ose-t-on égorger les gens de cette sorte ? Pour enterrer ma femme exiger vingt écus ! J'aimerais presque autant qu'elle ne fût pas morte, Pons, (de Verdun).
  • 4Nom qu'on donne quelquefois au squale-marteau, poisson.
  • 5 Adj. Juif, juive, qui appartient aux Juifs. Le peuple juif.

    Année juive, année lunaire de 354 jours. L'année religieuse des Juifs commençait à l'équinoxe du printemps.

    À la juive, loc. adv. À la manière des Juifs, quant aux mœurs et aux costumes.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

JUIF. - ÉTYM. Ajoutez : D'après M. d'Arbois de Jubainville (Revue celtique, t. II, p. 129), la forme juif, ne pouvant venir directement du latin judæus, suppose un bas-latin judévus (syncope du d, et changement d'e en i et de v en f) ; cette supposition est corroborée par le breton armoricain juzev.

HISTORIQUE

XIIe s. Ensi firent Giwui quant il unt Deu jugié ; Vilment l'unt escrié, batu e coleié, Th. le mart. 46.

XIIIe s. Si fu jadis par maint prophete Ceste incarnacion retraite, Et par Juïs et par paiens, la Rose, 19365. Il me conta que il ot une grande desputaison [discussion] de Juis et de clers au moustier de Clygni, Joinville, 198. En gage à juif, à lombard, ne à nule autre maniere de gent, Liv. des mét. 100.

XVIe s. Juifs en pasques, Mores en nopces, chrestiens en plaidoyers Despendent leurs deniers, Leroux de Lincy, Prov. t. I, p. 290.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « juif »

Du latin Judaeus (« de la tribu de Juda ; Juif »), emprunté au grec ancien Ἰουδαῖος, Ioudaîos de même sens, lequel provient de l'araméen Yehūdāy, lui-même à l'origine de l’hébreu Yehūdī (« de la tribu de Juda ; Judéen ; Juif »), dérivé de Yehūdā (« Juda »).[1]
Source : Wikitionnaire

Provenç. juzieu, jusieu ; catal. jueu ; espagn. judio ; portug. judeo ; ital. giudeo ; du lat. judæus ; grec ἰουδαῖος. Judæa, la Judée, est le pays des enfants de Juda ; Juda est un des fils de Jacob, et son nom vient d'une racine hébraïque signifiant célébrer, confesser.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « juif »

Phonétique Prononciation
La prononciation \ʒɥif\ rime avec les mots qui finissent en \if\.
\ʒɥif\
France (Muntzenheim) : écouter « juif »
Mulhouse (France) : écouter « juif »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « juif »

Source : Google

Traductions du mot « juif »

Langue Traduction
English Jewish
German jüdisch
Spanish Judío
Portuguese Judeu
Italian Ebraico
Dutch Joods
Polish Żyd
Russian Еврейская
Source : DeePL

Synonymes de « juif »

Antonymes de « juif »