Loquace
adj
Sommaire
Définitions de « loquace »
Trésor de la Langue Française informatisé
LOQUACE, adj.
Il commença, lui si peu loquace, de me tenir des discours confus, presque poétiques par le tour et le vocabulaire, de me parler du ciel et de la saison (Duhamel, Jard. bêtes sauv.,1934, p. 137).Malheureusement mon porteur était dans les vignes et zigzaguait loquacement (Amiel, Journal,1866, p. 482).Rem. Synon. plus recherché de bavard, prolixe (ce dernier s'applique plutôt aux discours, aux écrits trop longs), volubile (lequel implique à la fois abondance et rapidité).
REM.
Loquacement, adv.,rare. En parlant abondamment. Malheureusement mon porteur était dans les vignes et zigzaguait loquacement (Amiel, Journal,1866, p. 482).
Prononc. et Orth. : [lɔkas], [-kwas]. Att. ds Ac. dep. 1835. ,,On prononce locouace`` (Ac. 1835, 1878); ,,qua se prononce coua`` (Ac. 1935). Prononc. [-kwas] partout sauf Besch. 1845. Prononc. [-kas] ds Besch. 1845 et, à titre de var., ds Passy 1914, Barbeau-Rodhe 1930, Pt Rob. (cour.), Warn. 1968, Lar. Lang. fr., Lexis 1975. « Sur dix personnes de diverses professions libérales interrogées à cet égard, (...) huit [ont] loquace et deux lokace » (Rouss.-Lacl. 1927, p. 154); Martinet-Walter 2973, en revanche, [-kas] (16/17). Étymol. et Hist. 1765 (Voltaire, Philosophie [de l'Histoire par feu M. l'abbé Bazin] Princ. diact., ch. 15 ds Littré). Empr. au lat.loquax, -acis « loquace, verbeux, bavard, babillard ». Fréq. abs. littér. : 89.
-ACE, -ASSE, suff.
A.− Ajoute ordinairement une nuance soit augmentative (idée d'abondance), soit péjorative
1. Augmentative
a) Substantif :
bannasse « grand panier » (banne)
galéaace /galéasse « grande galère »
grêlasse « grosse grêle »
liasse « tas de papiers liés ensemble »
rosace « grande rose »
b) Adjectif :
loquace « qui parle beaucoup et volontiers »
sagace « qui a l'odorat subtil »
tenace « qui tient fermement, qui s'accroche »
vivace « qui résiste fortement, qui se maintient »
2. Péjorative
a) Subst. (animé ou coll. de l'animé) :
canasse « gens de bas étage »
crapouillasse « grande crapule »
fillasse « mauvaise fille »
pédantasse « mauvais pédant »
populace « peuple » (avec mépris)
pouillasse « grand pouilleux »
savantasse « pédant qui joue les savants »
b) Subst. (inanimé) :
bancasse MAR., « coffre servant de banquette de lit »
brinasse « seconde qualité d'étoupe (brin) »
caillasse « pierraille »
cognasse « coing sauvage »
godasse « pop., chaussure »
lavasse « mauvais liquide »
milliasse « p. plaisant. quantité immense »
Cf.grimace « contorsion du visage »
ragougnasse « mauvais ragoût, cuisine infecte »
villace « grande ville mal peuplée et mal bâtie »
vinasse « mauvais vin, à demi aigri »
c) Adjectif :
blondasse « d'un vilain blond (des cheveux blondasses) »
cocasse « primitivement var. péj. de coquard, coq », « vaniteux »
fadasse « qui a une fadeur déplaisante »
hommasse « [en parlant d'une femme] qui ressemble à un homme »
mollasse « trop flasque, qui manque d'énergie »
B.− Certains dérivés en -ace/-asse ne présentent pas cette valeur :
1. Le sens du suff. est complètement obscurci, et le dér. est un dimin. :
brumasse « petite brume »
grainasse /grenasse « petit grain de vent »
mulasse « jeune mule, mulet »
2. Qqf. il sert à former des termes sans aucune coloration péj. ou augm., termes techn., termes de mét., termes de sc. naturelles... :
cardasse « peigne pour la bourre de soie »
cuirasse « arme défensive qui recouvre le buste »
escargasse « démêloir à la forme d'escargot »
ferrasse « coffre en tôle »
limace « mollusque »
rubace « terme de joaillier, rubis de couleur claire »
rubasse « quartz coloré en rouge naturellement ou artificiellement »
3. Plusieurs subst. en -ace/-asse, mais dont la plupart ne sont des dér. ni synchroniquement, ni historiquement, servent à désigner des oiseaux :
agace « la pie »
agasse « la pie »
ageasse « la pie »
calouasse « la pie »
craouillasse « la pie »
darnagasse « la pie »
jacasse « la pie »
jocasse « la grive »
bécasse -
scolopace (Littré)
trijasse (Littré)
Rem. Chacune des var. graph. -ace et -asse s'accole à des subst., à des verbes et à des adj. pour former des subst. ou d'autres adj. a) S'accole à un subst. pour former un subst. : banne > bannasse barque > barcasse bec > bécasse brume > brumasse coing > cognasse corne > cornasse cuir > cuirasse cul > culasse fille > fillasse grain > grenasse/grainasse grêle > grêlasse miel > mélasse mill(ion) > milliasse paille > paillasse paon > paonace papier > paperasse pin > pinace plume > plumace rose > rosace savant > savantasse teigne > teignasse/tignasse terre > terrasse ville > villace vin > vinasse b) S'accole à un subst. pour former un adj. (substantivable) : homme > hommasse pédant > pédantasse savant > savantasse c) S'accole à un adj. pour former un adj. : blond > blondasse fade > fadasse laid > laidasse lourd > lourdasse mou > mollasse vif > vivace d) S'accole à un verbe pour former un subst. : chier > chiasse crever > crevasse laver > lavasse lier > liasse tirer > tirasse traîner > traînasse
Prononc. : [-as].
Étymol. ET HIST. A.− Étymologie 1. Lat. -acea (lat. vulg. -acia) : bonace (1220) < bonacia (lat. pop.) fallace (xiiie) < fallacia « ruse, tromperie » filasse (1160) < filace < filacea < filum « fil » fouace (xiie) ou fougasse < focacea < focus 2. Lat. -ax/-acis : a) contumace (subst. xiiie− adj. 1392) ou contumax « absent, défaillant en parlant de l'accusé » < contumax, contumacia donace ou donax < donax « petit mollusque » efficacité (1327) < efficace (1155) < efficax, -acis « qui produit de l'effet » fugacité (1827) < fugace (1550) < fugax, -acis < fugere « fuir » limace (1175) < limacia < limax, -acis « limace, colimaçon » b) loquace (1764)/loquacité (1466) < loquax, loquacitas « bavardage » pugnace (1842)/pugnacité (1820) < pugnax, pugnacis < pugnare « combattre » sagace (1495)/sagacité (1444) < sagax, sagacitas « odorat subtil » salace (1555)/salacité (1560) < salax « lubrique », salacitas tenace (1501)/ténacité (1488) < tenax, tenacitas < tenere « tenir » vivace (1496)/vivacité (1488) < vivax, vivacitas « vitalité, vivacité » vorace (1603)/voracité (xive) < vorax, voracitas < vorare « dévorer » Rem. 1. Bonace « calme de la mer » < lat. pop. bonacia, sur malacia « calme de la mer » < gr. malakia, analysé en malus + acea et refait sur bonus à cause du sens. Cf. ital. bonaccia, prov. bonassa, même sens. Ce mot est empl. adjectivement : une mer bonasse « une mer calme ». D'où, peut-être sous l'influence de l'ital., caractère bonasse. Rem. 2. Substitution de suff. : caillasse < caillou − cf. cailloutis cocasse < coquard « coq » encore dans les pat. fougasse < fougade < ital. fogata grimace < grimmiche < grime milliasse < million rapace < rapal − Etymol. douteuse : carcasse (1550) < charcois, carcois (?) jocasse (1775) « grosse grive » − peut-être du frq. jōc, juc « perchoir » B.− Finales homophones 1. (Angl.) lovelace, palace, wallace 2. (All.) agasse, perlasse, potasse, védasse 3. (Provençal) bagasse/bagace (xvie) < prov. bagasse « prostituée » − cf. ital. bagascia, esp. bagase (tige de canne à sucre) patarasse (1687) < prov. patarasso < germ. paita « morceau d'étoffe » (Dauzat 1964) rascasse (1554 − Dauzat 1964) < prov. rascasso < rasco « teigne » (poisson à grosse tête hérissée d'épines) 4. (Italien) galéasse/galéace (1402 − Bl.-W.4) < ital. galeazza « grande galère » morasse (1845 − Bl.-W.4) terme de typogr., peut-être de l'ital. moraccio « noiraud » paillasse (subst. masc. XVIIIe− Dauzat) « bateleur » < ital. pagliaccio, personnage du théâtre ital. strasse (1690 − Dauzat) « bourre de soie » < ital. straccio « chiffon » 5. (Gr.) borasse (1830 − Ac.) < gr. borassos « dattes » 6. (Espagnol) calebasse (1555 − Bl.-W.4) < esp. calabaza (1542, calabasse) « fruit pouvant servir de récipient » mélasse (1664 − Bl.-W. melasche, 1508) < esp. melaza de mel « miel » pinasse (1461 − Bl.-W.4) < prob. esp. pinaza dér. de pino « pin » (embarcation à fond plat) 7. (Frq.) échasse (XIIe− Bl.-W.4, Dauzat) au Moy. Âge eschace « jambe de bois, bâton » < frq. skakja, verbe skakan « courir vite » − cf. prov. escassa « béquille » 8. (Port.) sargasse (1604 − Bl.-W.4) < port. sargaço « variété de ciste et par ressemblance algue marine » < lat. salix, salicis « saule » Rem. 1. Pour qq. subst. on a hésité entre -as* et -asse/-ace : brouillas/brouillasse coutelas/coutelace dégueulas/dégueulasse populas/populace Doublets graph. (entre parenthèses les formes qui paraissent inusitées) : agace ou agasse (bagace) ou bagasse bonace ou bonasse (bonace est de préférence subst., l'adj. s'écrit bonasse) (culace) ou culasse (filace) ou filasse galéace ou galéasse (hommace) ou hommasse mollace ou mollasse (pinace) ou pinasse villace ou villasse (vinace) ou vinasse Rem. 2. Nyrop t. 3 1936 se demande par quelle voie on est arrivé à employer au masc. des adj. ayant la termin. fém. -asse (blondasse, bonasse, cocasse, fadasse, hommasse, laidasse, mollasse, savantasse, vx fr. mulace, riace), et pense qu',,il faut probablement supposer que les plus anciens de ces mots ne se sont employés d'abord qu'avec des substantifs féminins : la mer bonasse, une femme hommasse, et qu'ensuite la terminaison -asse s'est pour ainsi dire pétrifiée et a été étendue aussi au masculin : un garçon hommasse, un trait hommasse.`` Il ajoute qu',,on pourrait peut-être aussi penser que des mots tels que hommasse, riace, ont été primitivement des substantifs féminins qu'on avait employés sans changement comme appositions : une hommasse − une femme hommasse − un garçon hommasse; ce serait ainsi la même combinaison que dans une femme médecin.`` Enfin il rappelle ,,qu'on a essayé de réagir contre l'emploi de -asse au masculin en créant une forme en -as (fadas et savantas sans doute à l'imitation des formes méridionales − cf. prov. sabentas)``, que ,,Molière et La Bruyère se servent encore de savantas`` et que ,,Le Larousse universel donne dégueulas à côté de dégueulasse`` (Nyrop t. 3 1936, p. 101). C.− Productivité. − Les créations nouv. ne sont pas très nombreuses (cf. Darm. 1877, p. 91 : ,,Je ne vois à citer que cocasse qui date de notre siècle``). On notera cependant : fouillasse dans le sens de « fouillis » fainéasse − cf. fainéant godasse < godillot jaunasse < jaune marmelasse − cf. marmelade ragougnasse < ragoût ragouillasse < ragoût vinasse 1836 (Dauzat 1964) pugnace 1842 (ibid.) brouillasse 1842 (ibid.) caillasse 1864 (ibid.) bourbasse < (Littré Suppl. 1877) bourdonnasse < (Littré Suppl. 1877) boutasse < (Littré Suppl. 1877) escargasse < (Littré Suppl. 1877) favasse < (Littré Suppl. 1877) grêlasse < (Littré Suppl. 1877) rubasse < (Littré Suppl. 1877) godasse 1881 (Bl.-W.4.) D.− Productivité du suffixe à différentes époques du fr. : − xiies. : bécasse (Bl.-W.4, Dauzat 1964); crevasse (ibid.) 1160 filasse (Dauzat) 1170 liasse, au sens de « faisceau » (Bl.-W.) − xiiies. : mulasse (ibid., Dauzat) 1250 paillasse (Bl.-W.4, Dauzat) 1266 cuirasse (ibid.) − xives. : hommasse (ibid.); grimace (Bl.-W.4); molasse « grès tendre » (ibid.) 1368 gougasse (ibid., Dauzat) − xves. : lavasse « pluie » (Bl.-W.4, Dauzat); brumasse (Dauzat) 1479 milliasse (Bl.-W.4) 1496 vivace (ibid.) − xvies. : 1501 tenace (ibid.) 1547 rosace (ibid.) 1549 coriace (ibid.) 1555 salace (ibid., Dauzat) 1555 populace (Bl.-W.4) 1578 chiasse (ibid.) 1581 culasse (écrit -ace) (ibid.) 1588 paperasse (ibid.; 1553 − Dauzat) − xviies. : 1603 vorace (Bl.-W.4) 1646 savantasse (d'abord savantas) (ibid.) 1680 tignasse (ibid., Dauzat) 1680 traînasse (Bl.-W.4) − xviiies. : 1700 blondasse (ibid.) 1726 fugace (ibid.) 1739 cocasse (Dauzat; 1752 − Bl.-W.4) 1761 fadasse (Bl.-W.4) 1762 teignasse (ibid.) 1765 ferrasse (Dauzat) 1765 vinasse (cf, 1836) « vin à demi aigri » (Bl.-W.4, Dauzat)
BBG. − Dauzat Ling. fr. 1946, pp. 324-325.
Rem. Chacune des var. graph. -ace et -asse s'accole à des subst., à des verbes et à des adj. pour former des subst. ou d'autres adj. a) S'accole à un subst. pour former un subst. : banne > bannasse barque > barcasse bec > bécasse brume > brumasse coing > cognasse corne > cornasse cuir > cuirasse cul > culasse fille > fillasse grain > grenasse/grainasse grêle > grêlasse miel > mélasse mill(ion) > milliasse paille > paillasse paon > paonace papier > paperasse pin > pinace plume > plumace rose > rosace savant > savantasse teigne > teignasse/tignasse terre > terrasse ville > villace vin > vinasse b) S'accole à un subst. pour former un adj. (substantivable) : homme > hommasse pédant > pédantasse savant > savantasse c) S'accole à un adj. pour former un adj. : blond > blondasse fade > fadasse laid > laidasse lourd > lourdasse mou > mollasse vif > vivace d) S'accole à un verbe pour former un subst. : chier > chiasse crever > crevasse laver > lavasse lier > liasse tirer > tirasse traîner > traînasse
Wiktionnaire
Français
Source : Wikitionnaire
Adjectif
| Singulier | Pluriel | |
|---|---|---|
| Masculin et féminin | loquace | loquaces |
| \lɔ.kas\ ou \lɔ.kwas\ | ||
loquace \lɔ.kas\ ou \lɔ.kwas\ masculin et féminin identiques
- Qui parle beaucoup.
- Et pendant cette opération, le loquace caporal interpellait toujours le voyageur, qui ne pouvait l’entendre. — (Jules Verne, Le Pays des fourrures, 1 partie, chapitre 3, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873, page 19)
- Je me propose de converser à discrétion avec ce brave homme pour peu qu’il soit loquace. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre LII, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
- Maintenant qu’est passée la période loquace où la facilité de langage et les attitudes impressionnantes étaient une condition nécessaire pour atteindre à la prééminence politique, le contrôle tombe de plus en plus entièrement dans les mains d’une classe d’avocassiers et d’intrigants, à l’esprit souple et tenace. — (H. G. Wells, Anticipations, 1901, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Société du Mercure de France, Paris, 1904)
Anagrammes
→ Modifier la liste d’anagrammes
- cloaque
Voir aussi
- loquace sur le Dico des Ados
Littré (1872-1877)
loquace
(lo-koua-s') adj.
- Qui parle beaucoup.
Je ne vois aucun moraliste parmi nous, aucun de nos loquaces prédicateurs, aucun même de nos tartufes qui ait fait la moindre réflexion sur cette habitude affreuse [le meurtre des animaux], devenue chez nous nature
, Voltaire, Philosophie, Princ. d'act. ch. 15.Quoique le cygne soit assez silencieux, il a néanmoins les organes de la voix conformés comme ceux des oiseaux d'eau les plus loquaces
, Buffon, Ois. t. XVII, p. 34.
Étymologie de « loquace »
- (1765) Emprunté au latin loquax (« bavard »).
Lat. loquacem, de loqui, parler ; comparez le grec λάσϰω, crier, parler, et le sanscrit lap, parler.
Source : Dictionnaire LittréPhonétique du mot « loquace »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| La prononciation \lɔ.kas\ rime avec les mots qui finissent en \as\. | ||
| Suisse (canton du Valais) : écouter « loquace » |
|
|
| France (Vosges) : écouter « loquace » |
|
Fréquence d'apparition du mot « loquace »
Source : GoogleTraductions du mot « loquace »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | loquacious |
| German | Redselig |
| Spanish | locuaz |
| Portuguese | loquaz |
| Italian | loquace |
| Dutch | spraakzaam |
| Polish | gadatliwy |
| Russian | loquacious |
Synonymes de « loquace »
Antonymes de « loquace »
Citation du mot "loquace"
La parole est d'argent, le silence est d'or.
Proverbe français
Il vaut mieux fermer sa gueule et passer pour un con plutôt que de l'ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet.
Pierre Desproges
Le silence est un ami qui ne trahit jamais.
Confucius

