Naguère
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Définitions de « naguère »
Trésor de la Langue Française informatisé
NAGUÈRE, adv.
Le long de la route, notre conducteur nous dit avoir naguère rencontré un ours, le matin, dans la vallée d'Ossau (Michelet, Journal, 1835, p.191).Éveline, qui naguère encore s'intéressait à ses affaires et lui montrait, sinon de la tendresse, du moins une bonne amitié, désormais ne lui laissait voir que de l'indifférence et du dégoût (A. France, Île ping., 1908, p.368):Wiktionnaire
Adverbe
naguère \na.ɡɛʁ\ adverbe de temps
- (Désuet) Récemment ; il y a peu.
- A ce spectacle, tous les assistans attendris, émus, électrisés, quoique tous de différens cultes, volèrent dans les bras les uns des autres, et des larmes fraternelles coulèrent où naguère le fanatisme enflammoit tous les esprits et divisoit tous les cœurs. — (« Progrès de la tolérance », dans La Feuille villageoise, n° 32, du jeudi 3 mai 1792, Paris : Imprimerie Desenne, page 133)
- Le long de la route, notre conducteur nous dit avoir naguère rencontré un ours, le matin, dans la vallée d'Ossau. — (Michelet, Journal, 1835, page 191)
- (Désuet) Peu de temps auparavant ; auparavant.
- Pons réchauffé reprit forme humaine : la couleur vitale revint aux yeux, la chaleur extérieure rappela le mouvement dans les organes, Schmucke fit boire à Pons de l’eau de mélisse mêlée à du vin, l’esprit de la vie s’infusa dans ce corps, l’intelligence rayonna de nouveau sur ce front naguère insensible comme une pierre. — (Honoré de Balzac, Le Cousin Pons, 1847)
Cette gamine vicieuse et prétentieuse est la fille d’une grosse commère qui tenait, naguère, une fruiterie dans les environs de Barbès.
— (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 198)
- Il y a longtemps. Note : contrairement à l’étymologie qui implique un temps passé récent, l’usage moderne consacre le sens d’un temps antérieur, lointain, révolu.
- Cette gamine vicieuse et prétentieuse est la fille d'une grosse commère qui tenait, naguère, une fruiterie dans les environs du Barbès. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 198)
- Naguère, la masse populaire, résignée à sa vie primitive, obscure, souvent sordide, n’avait point conscience d’être malheureuse. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
- En rentrant dans le giron de la nation française, Bordeaux, naguère capitale continentale du royaume d'Angleterre, subissait un dommage considérable. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
- Un des slogans des économies autarciques (on disait naguère économies fermées) est : Ne rien perdre. — (Maurice Lecerf, Le Fer dans le monde, Payot, 1942)
- Car les écrits modernes sont beaucoup plus nombreux que naguère, et on les trouve dans beaucoup plus de styles. — (Anne-Marie Beaudouin-Bégin, La langue affranchie, se raccommoder avec l’évolution linguistique, Québec, Éditions Somme toute, 2017, page 100.)
Anagrammes
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- Enguera
- Gauréen, gauréen
- Guarene
- guènera, guénera
- narguée
- nèguera, néguera
- nuagère
- renuage, renuagé
Littré (1872-1877)
naguère ou naguères
- Il y a peu de temps.
Est-ce lui qui naguère aux dépens de sa vie Sauva des ennemis votre empereur Décie ?
Corneille, Poly. I, 3.L'ombre avec la lumière y peut tracer souvent [dans une lunette astronomique] Un homme, un bœuf, un éléphant : Naguère l'Angleterre y vit chose pareille
, La Fontaine, Fabl. VII, 18.Le grand désir de vous voir un enfant Vous transportait naguère d'allégresse
, La Fontaine, Mandrag.Un roi qui naguère, avec quelque apparence, De l'aurore au couchant portait son espérance…
, Racine, Mithr. III, 1.Ceux qui naguère étaient de petits tyrans dans leurs provinces ou dans les places frontières, n'en étaient plus que les gouverneurs
, Hamilton, Gramm. 5.
REMARQUE
Naguère, d'après Marguerite Buffet, Observ. p. 52, en 1668, était un mot suranné ; il fallait dire depuis peu. Purisme sans raison ; car les meilleurs auteurs employaient le mot qui est resté en usage, surtout en poésie et dans le style relevé.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
NAGUÈRE. Ajoutez :Naguère que j'oyais la tempête souffler… Eussé-je osé prétendre à l'heureuse merveille D'en être garanti ?Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne.
HISTORIQUE
XIIIe s. N'a encor gueres qu'il cuida Tel engingnier qui l'engingna
, Ren. 2165.
XVe s. Gens qui nagueres avoient esté leurs ennemys
, Commines, V, 9. Comme n'a guieres seïsse en mon estude… me prindrent diverses ymaginacions moult parfondes
, Chastelain, Exposit sur vérité mal prise. Il devint amoureux d'une jeune demoiselle, qui nagueres estoit mariée
, Louis XI, Nouv. XLVIII.
XVIe s. Elle avoit de nagueres fait divorce avec son mary
, Amyot, Sylla, 72.
Étymologie de « naguère »
- De il n’y a guère (de temps). Voir aussi na.
Adverbe composé de trois mots : ne, a, guère, c'est-à-dire il n'y a guère [de temps].
Source : Dictionnaire LittréPhonétique du mot « naguère »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| La prononciation \na.ɡɛʁ\ rime avec les mots qui finissent en \ɛʁ\. | ||
| France (Toulouse) : écouter « naguère » |
|
Fréquence d'apparition du mot « naguère »
Source : GoogleTraductions du mot « naguère »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | formerly |
| German | naguère |
| Spanish | antes |
| Portuguese | anteriormente |
| Italian | in precedenza |
| Dutch | voorheen |
| Polish | dawniej |
| Russian | ранее |
Synonymes de « naguère »
Antonymes de « naguère »
Citations du mot "naguère"
Le passé se réduit à un préjugé : ce qui s'est passé, était.
André Gide
La littérature, c'est déjà un peu du passé : un monde qui vient de courir une aventure et nous revient avec un récit.
Yann Moix
Le présent n’a jamais été qu’un avenir naguère.
Henri Bergson