Naissance

subst fém

Définitions de « naissance »

Trésor de la Langue Française informatisé

NAISSANCE, subst. fém.

I. − [En parlant d'un être organisé, gén. un être hum.] Point de départ de l'existence considérée dans son déroulement. Ces vagues éternelles de la vie, que la naissance et la mort élèvent et précipitent, repoussent et ramènent (Staël,Allemagne,t.3, 1810, p.76).Ma naissance est le terme pressenti comme une limite par l'espacement, en direction d'elle, des derniers points de souvenirs (Ricoeur,Philos. volonté,1949, p.416):
1. ... ma naissance et ma mort ne peuvent être pour moi des objets de pensée. Installé dans la vie (...) j'ai une sorte d'ubiquité et d'éternité de principe, je me sens voué à un flux de vie inépuisable dont je ne puis penser ni le commencement ni la fin, puisque c'est encore moi vivant qui les pense, et qu'ainsi ma vie se précède et se survit toujours. Merleau-Ponty,Phénoménol. perception,1945, p.418.
A. − Fait de venir au monde, de quitter l'organisme maternel.
1. [En parlant d'un être hum.] Naissance d'un fils, d'une fille; date, jour, lieu de naissance; annoncer, faire part d'une naissance. La naissance d'un fils mit le comble au bonheur de Charles (Duras,Ourika,1824, p.142).Mon vénérable grand-père, après cette naissance d'un héritier enfin mâle, ne voulut point mourir avant d'avoir fait encore quatre enfants à Marie, ma grand'mère (H. Bazin, Vipère,1948, p.19):
2. «La fraternité, c'est d'abord rivalité... les frères naissent ennemis» (Baudoin). Ce sentiment se révèle à la naissance d'un nouvel enfant; elle suscite chez ses frères et soeurs un sentiment de jalousie entretenu par le déplacement sur lui de l'intérêt familial. Mounier,Traité caract.,1946, p.103.
a) Loc. et expr.
α) Loc. verb. Donner naissance à. Enfanter, mettre au monde. Il est fils d'un proscrit, il se nomme Laurence Sa jeune mère est morte en lui donnant naissance (Lamart.,Jocelyn,1836, p.621).Anxieuse, subitement dévorée de crainte, elle demanda à voir l'enfant. Toujours cette peur de donner naissance à un enfant mal conformé (Roy,Bonheur occas.,1945, p.448).
β) Loc. adj./adv. De naissance (précédée d'un adj. ou d'un subst.).
[Pour désigner une caractéristique phys.] Aveugle de naissance. Sourd-muet de naissance, on l'avait élevé à garder des vaches le long des fossés des routes (Maupass.,Contes et nouv.,t.1, Béc., 1885, p.208).Greco était sans doute astigmate de naissance (Barrès,Greco,Marginalia, 1923, p.177).
Signe, tache de naissance. Signe, tache marquant la peau d'une personne depuis sa naissance, et permettant éventuellement son identification. Il était (...) empreint, au bas du cou, d'un signe de naissance (Sainte-Beuve,Volupté,t.2, 1834, p.97).M. Darzac avait, près de la saignée du bras droit une large «tache de naissance» dont les contours semblaient curieusement suivre le dessin géographique de l'Australie (G. Leroux, Parfum,1908, p.129).
[Pour désigner la situation soc., l'appartenance à un pays, une relig., etc.] Cet Olmer, juif de naissance et ravi par surprise, dit-on, à la synagogue dès sa tendre enfance (Bloy,Journal,1898, p.266).Bien que Français de naissance, de coeur, de culture et de carte d'identité, il portait un nom polonais (Triolet,Prem. accroc,1945, p.99):
3. ... il ne peut pas y avoir des riches et des pauvres de naissance sans qu'il y ait des contrats injustes. À plus forte raison, en était-il ainsi quand la condition sociale elle-même était héréditaire et que le droit consacrait toute sorte d'inégalités. Durkheim,Division trav.,1893, p.378.
[Pour désigner des dispositions intellectuelles, mor., qui se sont manifestées très tôt] Être bon, brave, méchant, paresseux de naissance. Nous aurons couru en avant par toutes les voies où leur timidité naturelle devait faire hésiter des républicains de naissance (Maurras,Kiel et Tanger,1914, p.lxxx):
4. Une sainte colère réveilla les yeux distraits de tante Hélène. Les Boches étaient des criminels de naissance; ils suscitaient la haine, plus que l'indignation: on ne s'indigne pas contre Satan. Beauvoir,Mém. j. fille,1958, p.30.
Fam. C'est de naissance. Si j'ai faim! j'ai toujours faim! C'est de naissance (Bernanos,Imposture,1927, p.451).
γ) (Jour) anniversaire de la naissance (de qqn). Il lui mit aux oreilles deux brillants, qu'il venait de courir acheter, en se rappelant que l'anniversaire de sa naissance tombait ce jour-là (Zola,DrPascal,1893, p.178).
b) Spécialement
α) ASTROLOGIE
Ciel, thème de naissance. Disposition des astres dans le ciel au moment de la naissance d'un individu, étude des influences qui en résultent pour sa destinée. Synon. thème* natal, de nativité.Cette longue impuissance (...) que lui avait value la conjugaison (...) de Jupiter ascendant et de Vénus dominante dans son ciel de naissance (Arnoux,Seigneur,1955, p.21).
β) DÉMOGR. [La naissance est envisagée d'un point de vue statistique (taux de natalité, nombre idéal d'habitants pour un pays donné, etc.)] Courbe des naissances et des décès; contrôle, régulation des naissances; espérance de vie à la naissance. Les comportements traditionnels sont d'entrée mis en cause, dans la mesure où ils s'opposent à une politique de limitation volontaire des naissances (Tiers Monde,1956, p.372):
5. On peut imaginer que des vérités nouvelles seront un jour inventées pour réglementer dans les limites qui conviennent le nombre des naissances sur une planète où il est déjà possible de prévoir une densité trop grande de la vie humaine. Gaultier,Bovarysme,1902, p.293.
Naissance vivante. ,,Naissance d'enfant vivant`` (Méd. Biol. t.3 1972).
γ) DR. ADMIN. [La naissance est envisagée comme déterminant, pour chaque individu, son état, sa situation dans la nation, dans la société]
Acte, bulletin, extrait de naissance. Je possède également un extrait de naissance sur timbre, demandé sans doute en vue de quelque formalité administrative (Duhamel,Notaire Havre,1933, p.17).
Pop. Avaler* son acte, son bulletin, son extrait de naissance. Mourir.
Bureau, registre des naissances. Bureau de la mairie où l'on déclare la naissance d'un enfant, registre (de la commune ou de la paroisse) dans lequel on la consigne. Sieur Landoys, du clos-Landès, était (...) chargé des écritures et gardien du registre des naissances, mariages et décès (Hugo,Travaill. mer,1866, p.73).Du lundi au samedi, Sandoz s'enrageait à la mairie du cinquième arrondissement, dans un coin sombre du bureau des naissances (Zola, Œuvre,1886, p.41).
Déclaration de naissance. Les déclarations de naissance seront faites, dans les trois jours de l'accouchement, à l'officier de l'état civil du lieu (Code civil,1804, art.55, p.12).
Naissance illégitime, irrégulière, légitime. Les bourgeois, qui empêchaient leurs marmots de la fréquenter, vu sa naissance illégitime (Flaub.,Éduc. sent.,t.1, 1869, p.121).Le discrédit, qui s'attache encore aux naissances irrégulières, est absurde (Martin du G.,Thib.,Épil., 1940, p.940).
δ) MÉD. Passage de la vie intra-utérine à la vie extra-utérine chez le foetus. Naissance avant terme ou prématurée; naissance difficile, provoquée; naissance double ou gémellaire. Il me semble que la nature n'ait pu satisfaire aux conditions de la naissance de l'enfant qu'en abrégeant, aux dépens du développement du foetus, la durée de la grossesse de la mère (Cournot,Fond. connaiss.,1851, p.522).
ε) RELIG. CATH.
Naissance du Christ, de Jésus, du Messie, du Sauveur. Incarnation de Jésus-Christ et début de l'ère chrétienne. Synon. nativité:
6. ... un événement par rapport auquel s'ordonnait toute l'histoire antérieure et duquel datait le commencement d'une ère nouvelle; un événement unique, dont on pourrait presque dire qu'il marquait une date pour Dieu même: l'incarnation du verbe et la naissance de Jésus-Christ. Gilson,Espr. philos. médiév.,1932, p.182.
2. [En parlant d'un animal, d'un végétal] L'époque des naissances a commencé. Chaque matin, le fermier Pajol compte deux ou trois agneaux de plus (Renard,Poil Carotte,1894, p.183).La naissance des bourgeons, la montée de la sève (Du Bos,Journal,1928, p.74).
3. [En parlant d'un organisme, d'un organe vivant] Le développement, quel qu'il soit, suit une marche rigoureusement constante. (...) ce sont les mêmes cellules qui se divisent ou se meuvent au même moment, qui donnent naissance aux mêmes organes (J. Rostand, La Vie et ses probl.,1939, p.36).Toute cellule, à un moment donné, se divise (par «scissiparité» ou «karyokinèse») et donne naissance à une nouvelle cellule semblable à elle-même (Teilhard de Ch., Phénom. hum.,1955, p.109).
B. − P. anal. et au fig. Passage à un état de renouvellement spirituel, de plus grande élévation morale. Très cher Léon Nicolaiéwitch, écrit ce paysan au lendemain de la mort de Tolstoï, c'est à toi que je suis redevable de ma nouvelle naissance spirituelle (Barrès,Cahiers,t.1, 1896, p.33).Un homme différent est sorti des mains de l'analyste (...). C'est une «deuxième naissance» dans le sens que lui donnaient précisément les initiations antiques (Choisy,Psychanal.,1950, p.224).
RELIG. Nouvelle, seconde naissance. Régénération obtenue grâce au baptême. (Dict. xixeet xxes.).
II. − P. méton.
A. − [Avec un adj. précisant l'origine] Condition, milieu social dont est issu un individu, un groupe de personnes. Synon. extraction, famille, origine.Grande, haute, illustre naissance. Déjà plusieurs jeunes gens d'une grande fortune ou d'une naissance distinguée s'étoient mis inutilement sur les rangs (Nodier,J. Sbogar,1818, p.141).Un profond sentiment du néant social où la naissance obscure et le défaut de fortune maintiennent tant d'esprits supérieurs (Balzac,Illus. perdues,1837, p.29):
7. À un grand poète et de noble naissance on passe plus aisément l'arrogance. − Mauvais raisonnement. L'arrogance est d'autant plus nécessaire que la naissance est basse. Maurois,Disraëli,1927, p.46.
Emploi abs. Origine noble ou illustre. Avoir de la naissance; faire grand cas, se vanter de sa naissance. − Mais, ma chère, un inconnu! un homme sans naissance, un ouvrier peut-être! (Stendhal,L. Leuwen,t.1, 1836, p.92):
8. ... la noblesse et la naissance étaient considérées des citoyens comme un grand avantage, et Alcibiade (...) était fort au-dessus des autres citoyens; brillant de tous les dons de la nature, il réunissait la double aristocratie des richesses et de la naissance. Sénac de Meilhan,Émigré,1797, p.1690.
DR. CIVIL. Droit de naissance. ,,Transmissibilité d'une charge ou d'un privilège par hérédité`` (Barr. 1974). La Sorbonne avait décidé que les droits de naissance ne pouvaient conférer aucun droit à la couronne à un prince ennemi de l'Église (Las Cases,Mémor. Ste-Hélène,t.2, 1823, p.57).Maître L'Ambert, successeur de son père, exerçait le notariat par droit de naissance (About,Nez notaire,1862, p.6).
B. − Naissance de + subst.Ce qui marque l'apparition, le début de quelque chose.
1. Fait de se manifester, de se montrer; moment où quelque chose apparaît. Synon. commencement, origine.
a) [Le subst. désigne une réalité concr., un phénomène perceptible par les sens] Naissance d'une étoile. Observons le soleil au matin, à la naissance de l'aurore (Bern. de St-P.,Harm. nat.,1814, p.289).La naissance du jour est une symphonie qui me recouvre comme une coupole (T'Serstevens,Itinér. esp.,1933, p.128).
b) [Le subst. désigne une réalité abstr.: manifestation de l'esprit, sentiment, etc.] Naissance de l'amitié, de l'amour; naissance d'une doctrine, d'une religion. On peut attribuer à ce moment la naissance d'un sentiment de distinction et de faveur pour Lucien (Stendhal,L. Leuwen,t.1, 1836, p.309).Il n'est guère que Maine de Biran pour apercevoir, à cette époque, avec une pareille netteté, le rôle des puissances affectives dans la naissance et le développement des songes (Béguin,Âme romant.,1939, p.9):
9. Il [le psychologue] voit la naissance des idées, leur développement, leur combinaison, les impressions des sens aboutir à des émotions et à des raisonnements, les états de conscience toujours en voie de se faire et de se défaire... Bourget,Nouv. Essais psychol.,1885, p.8.
2. Endroit, point précis où commence quelque chose. Naissance d'une branche, d'un fleuve; naissance des cheveux, de la gorge. Parvenu à la naissance du Gave béarnais (Dusaulx,Voy. Barège,t.2, 1796, p.58).Germaine a gardé son kimono de soie nagasaki (...). On aperçoit par l'échancrure la naissance des seins, le creux délicieux qui les sépare (Romains,Hommes bonne vol.,1932, p.149).
BÂT. Base, point d'assise, de départ d'un élément d'architecture, de construction. Naissance d'un arc, d'une colonne. Des galeries circulaires, adossées à de vastes tribunes, règnent autour de la basilique, à la hauteur de la naissance de la voûte (Lamart.,Voy. Orient,t.2, 1835, p.383).La partie égout [d'une gouttière] est constituée d'éléments droits, de talons, d'angles, de naissances d'où partent les descentes (Rustica,6-12mai1981, no593, p.18).
Naissance d'enduit. Bande d'enduit en plâtre présentant un léger relief et formant l'entourage d'une croisée (d'apr. Robinot, Vérif., métré et prat. trav. bât., t.1, 1929, p.146).
C. − Loc. verb. [Le suj. désigne une chose]
Donner naissance à + compl. d'obj. indir. Provoquer l'apparition d'une chose, d'une réalité nouvelle. Synon. créer, engendrer.L'étude de l'esprit (...) a donné naissance à l'école philosophique intellectuelle, ouverte aux vieux âges et perpétuée jusqu'à nous (Chateaubr.,Mém.,t.1, 1848, p.619).Ce processus donne naissance à un noyau d'oxygène (Goldschmidt,Avent. atom.,1962, p.19):
10. La population se mêla spontanément par les mariages et le latin devint la langue officielle des Francs qui oublièrent la leur, tandis que se formait la langue populaire, le roman, qui, à son tour, a donné naissance au français. Bainville,Hist. Fr.,t.1, 1924, p.25.
Prendre naissance à, dans, en ... + compl. de lieu. Apparaître, se manifester; trouver sa cause, son origine dans... Les superstitions prennent quelquefois naissance dans le peuple, les philosophies ne naissent que dans la tête des sociétés (Lamart.,Confid.,1849, p.35):
11. Quelle que soit la contrée où la culture du riz ait pris naissance, elle a conquis (...) une zone si étendue que le tribut qu'elle fournit à l'alimentation s'accroît d'une grande variété de suppléments suivant les contrées. Vidal de La Bl.,Princ. géogr. hum.,1921, p.143.
Prononc. et Orth.: [nεsɑ ̃:s], [ne-]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Début xiies. «origine par le sang, extraction (d'une personne)» (Benedeit, St Brendan, éd. E. G. R. Waters, 20); spéc. 1651 «illustre origine, noblesse» (Corneille, Nicomède, I, 2); 2. début xiies. [ms.] «venue au monde [d'une personne]» (St Alexis, éd. Chr. Storey, prol.); 1130-40 (Wace, Conception N.-D., éd. W. R. Ashford, 144); ca 1165 prendre naissance (Benoît de Ste-Maure, Troie, 23164 ds T.-L.); 3. 1670 relig. [la grâce de la] seconde naissance «la régénération par le baptême» (Pascal, Pensées, 674, éd. J. Chevalier ds Œuvres, p.1299). B. 1. Ca 1200 «moment où commence, où apparaît quelque chose» (Dialogues St Grégoire, 257, 14 ds T.-L.: devant la naissence del soloilh [ante solis ortum]); 2. id. «début, origine» (Homélies de St Grégoire sur Ezéchiel, 5, 7, ibid.); 3. 1561 archit. (Delorme, Inventions, 52 vods Quem. DDL t.4: la naissance des poutres); 4. 1770-83 anat. (Buffon, Oiseau., t.12, p.379 ds Littré: la naissance de la gorge [d'un oiseau]). Dér. de naître* d'apr. le lat. nascentia «naissance». Fréq. abs. littér.: 4295. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 7554, b) 5064; xxes.: a) 4636, b)6317. Bbg. Quem. DDL t.4.

-ANCE, -ENCE, suff.

I.− Le dérivé est rattaché au verbe ou au participe correspondant
A.− Le dérivé exprime l'action (« le fait de » + inf.)
1. Le suj. du verbe de base désignerait une pers., le fait que qqn s'accoutume, etc. :
accoutumance « le fait de s'accoutumer, de s'habituer »
ignorance « le fait d'ignorer quelque chose »
négligence « l'action, le fait de négliger quelque chose »
résidence « le fait de résider habituellement en un lieu »
vengeance « l'action de se venger »
2. Le suj. du verbe de base désignerait une chose :
alternance « le fait d'alterner (en parlant des éléments d'une série) »
convergence « le fait de converger »
émergence « le fait d'émerger (en parlant d'un rayon, d'un fluide) »
3. Le suj. du verbe de base désignerait une pers. ou une chose :
alliance « le fait pour des personnes, des éléments de s'allier »
appartenance « le fait d'appartenir »
croissance « le fait de croître, de grandir »
naissance « le fait de commencer, d'apparaître »
résistance « le fait de résister »
B.− Le dérivé exprime le sujet de l'action (« celui qui » ou « ce qui » + verbe au prés. de l'ind.)
1. Le suj. du verbe de base désignerait des pers. :
affluence « réunion d'une foule de personnes qui se portent au même endroit » (Rob.)
assistance « ceux qui assistent à... »
2. Le suj. du verbe de base désignerait des choses :
apparence « ce qui apparaît d'une personne ou d'une chose »
appartenances (au plur.) « ce qui appartient à un bien immeuble » (Rob.)
différence « ensemble de caractères qui distinguent une chose d'une autre »
nuisance(s) « ensemble de facteurs de civilisation rendant la vie pénible »
C.− Le dérivé exprime le résultat de l'action (« ce/celui qui est » + part. passé passif; « ce/celui que l'on » + prés. de l'ind.)
1. Quand le verbe de base est un verbe trans., le dér. exprime l'obj. de l'action :
connaissance « ce ou celui que l'on connaît »
croyance « ce que l'on croit »
ordonnance « prescription, ce qui est ordonné »
Cf. contenance « ce qui peut être contenu »; remontrance « critique motivée et raisonnée »
2. Quand le verbe de base est intrans., le subst. marque l'état de ce (ou de celui) qui a subi l'action (« fait d'être » + part. passé) :
déchéance « état de celui qui est déchu »
Rem. Ds laitance « liquide sécrété par les glandes des poissons mâles », le sens primitif était « lait de poisson » (terme de cuisine) de l'anc. verbe lait(i)er « donner son lait »
D.− Le dérivé exprime les circonstances de l'action
1. La manière :
apparence « manière dont une chose, une personne se présente »
contenance « manière de se tenir, de se présenter »
observance (observance stricte) « manière dont la règle est observée »
2. Le lieu :
naissance « point, endroit où commence quelque chose »; naissance d'un fleuve
provenance « endroit d'où vient une chose »
résidence « lieu construit où l'on réside »
3. Le moment ou la période :
échéance « date à laquelle expire un délai »
existence « période pendant laquelle quelque chose ou quelqu'un existe » (le reste de mon existence)
Renaissance « période historique allant du xivesiècle à la fin du xviesiècle »
vacances « période pendant laquelle on ne travaille pas »
II.− Le dérivé est rattaché à l'adjectif ou au substantif correspondant
A.− À l'adjectif. − Le subst. en -ance/-ence exprime de façon abstr. la qualité désignée par l'adj. ou le part. adjectivé (« caractère de ce qui est ... » ou « de celui qui est ... ») :
1. Cette qualité peut s'appliquer à l'animé :
bienveillance « qualité de celui qui est bienveillant »
élégance « qualité de ce/celui qui est élégant »
endurance « qualité de celui qui est endurant »
ignorance « état de celui qui est ignorant »
indigence « état de celui qui est indigent »
nonchalance « caractère de celui qui est nonchalant »
patience « qualité de celui qui est patient, qui persévère dans une activité sans se décourager »
prévoyance « qualité de celui qui est prévoyant »
suffisance « caractère de celui qui est suffisant »
tolérance « qualité de celui qui est tolérant »
2. Cette qualité peut s'appliquer à l'inanimé :
consistance « état de ce qui est consistant »
contingence « caractère de ce qui est contingent »
prépondérance « qualité de ce qui est prépondérant »
succulence « caractère de ce qui est succulent »
urgence « caractère de ce qui est urgent »
3. Cette qualité peut s'appliquer à l'animé et à l'inanimé :
importance « caractère de ce (ou de celui) qui est important »
indépendance « état d'une personne ou d'une chose indépendante »
insignifiance « caractère de ce (ou de celui) qui est insignifiant »
puissance « état de celui qui est puissant; caractère de ce qui est puissant »
transcendance « caractère de ce qui est transcendant »
B.− Au substantif. − Le subst. de base est le plus souvent un subst. qui désigne celui qui exerce une fonction, le dér. en -ance/-ence marquant alors cette fonction :
gérance « fonction de gérant »
intendance « fonction d'intendant »
lieutenance « charge, office, grade de lieutenant »
présidence « fonction, titre de président »
régence « fonction, dignité de régent »
suppléance « fonction de suppléant »
Cf. aussi vétérance « état de vétéran »
Le dérivé peut marquer en même temps
1. Il peut marquer en même temps la durée de cette fonction :
gérance « durée des fonctions du gérant »
présidence « durée des fonctions d'un président »
régence « durée des fonctions d'un régent »
2. Il peut marquer en même temps le lieu où elle s'exerce :
intendance « bureaux de l'administration d'intendance »
présidence « résidence, bureau(x) d'un président »
3. Il peut marquer en même temps l'ensemble des personnes qui exercent cette fonction (sens collectif) :
intendance dans des expr. comme intendance militaire ou les services de l'intendance
maistrance « ensemble des officiers mariniers de la marine de guerre française »
Cf. aussi ascendance « ensemble des générations de personnes d'où quelqu'un est issu »; descendance « ensemble des descendants »
Rem. 1. Différentes signif. que peut prendre un même dér. a) Un même terme pourra être considéré à la fois comme un nom abstr. d'action (I) ou comme un nom abstr. de qualité (II), selon qu'il est rattaché de préférence à la signif. verbale ou à la signif. adj. de la base. Ainsi persévérance est à la fois « le caractère de celui qui est persévérant » et « le fait de persévérer ». Cf. de même : endurance, négligence, persistance, prévoyance, reconnaissance, tolérance. Il se peut aussi que le mot en -ance/-ence soit dérivable à la fois d'un verbe et du subst. corresp. en -ant (-ent) : présidence n'est pas seulement « la fonction du président », mais aussi « l'action de présider ». Suppléance est, en même temps qu'une fonction, « le fait de suppléer quelqu'un ». Dans surveillance seul le verbe surveiller est senti, et non le subst. surveillant. b) Un subst. d'action pourra correspondre à une seule ou à plusieurs des accept. énumérées supra (I). Une seule accept. : l'action (le fait de) (insistance, soutenance, transhumance); le suj. de l'action (« ce qui » + verbe au prés.) (convenance); le résultat de l'action (« ce qui est » + part. passé passif) (contenance, redevance, remontrance); le lieu (provenance); la période (échéance, vacances). Plusieurs accept. : action et suj. de l'action (assistance, influence...); action et résultat de l'action (espérance, négligence...); action et lieu de l'action (naissance, résidence); action et moment ou période de l'action (existence, renaissance); action, résultat de l'action, manière (observance).
Rem. 2. Les dér. appartiennent à une lang. spécialisée. Dans les cas où le subst. en -ance/-ence est en concurrence avec un autre subst. abstr., il a gén. un sens spécialisé : maintenance est réservé soit au « fait de maintenir à leur nombre normal des effectifs et du matériel d'une troupe au combat », p. oppos. à maintien, soit à l'entretien d'un ordinateur; observance est spécialisé dans le domaine relig., le lang. courant dit observation; partance pour départ est vieilli et ne s'emploie plus que dans l'expr. en partance; rémittence est employé en méd., rémission étant plus gén.; résilience est un terme de phys. et s'oppose à résiliation; soutenance est le « fait de soutenir une thèse de doctorat », soutien est le terme général; dominance désigne « le fait de dominer » quand il s'agit de choses, contrairement à domination qui s'applique toujours à des pers. et tend, de ce fait, à prendre un sens spécialisé dans le domaine scientifique « état d'un caractère dominant ». Les subst. en -ance/-ence sont fréq. dans les lang. techn. : mar. (partance, maistrance, cf. A. François, La Désinence -ance dans le vocabulaire français, 1939, p. 63), banque : (créance, échéance, quittance, usance, ibid.), dr. (instance, mouvance, survenance, ibid.), relig. (observance, recouvrance, repentance, ibid.); et surtout scientifiques : phys. (efficience, fluorescence, interférence, phosphorescence, radiance, réfringence...); bot. (arborescence, virescence), électr. (conductance, brillance, impédance), math. (congruence, équipollence, tangence), philos. (contingence, immanence, transcendance). Nombreuses formations en -ance ds l'arg. mod. : béquetance (bectance) « nourriture », de béqueter « manger » (ibid., p. 25); croustance « repas », de croûte « pain » (ibid.); cuistance « cuisine » (ibid.); galetance « gamelle », de galettière « plat à galette » (ibid.); rouspétance, d'apr. rouspéter; roustance, même sens que cuistance, de roustir « brûler » (ibid.).
Rem. 3. La finale -ance/-ence correspond dans le registre suffixal à la termin. part. -ant et à la finale adjectivale -ant/-ent; un mouvement de pensée identique sous-tend l'une et l'autre. Le propre de la flexion participiale étant de faire tendre le verbe vers la partie du discours adj., les formes en -ant se situent, selon les conditions du discours, à plus ou moins grande distance de la catégorie verbale proprement dite. En fonction d'appos., en partic. lorsque le compl. (surtout le compl. d'obj.), ou a fortiori le suj., se trouve exprimé, la forme est saisie à proximité du verbe (part.) : son interlocuteur ignorant ces faits, il...; ignorant ces faits, il...; persévérant dans ses efforts, il... En fonction d'attribut ou d'épithète, elle l'est à proximité de l'adj. (adj. verbal) : il est ignorant, persévérant; un homme ignorant, persévérant. Les part. en -ant se prêtent qqf. à la substantivation (un suppléant, un gérant, un penchant...). Il ne correspond pas (ou il ne correspond plus) toujours un verbe aux formes en -ant (élégant, bienveillant...). Les formes en -ent peuvent être des adj. (divergent, négligent...) ou des subst. (président) « verbaux », c'est-à-dire qui rappellent plus ou moins le verbe. Mais le plus fréquemment, elles appartiennent à la catégorie des adj. (adjacent, évident) ou des subst. (expédient, inconvénient), sans qu'il leur corresponde un verbe. Le suff. -ance suit un mouvement en tout point identique à la flexion -ant : saisi précocément, il fournit un subst. abstr. d'action (vengeance). Saisi tardivement, il fournit un subst. abstr. de qualité (persévérance); il se peut aussi qu'il corresponde à la forme en -ant substantivée (gérance). Lorsque le suff. -ence correspond à une finale -ent d'adj. « verbal », il fournit, à l'image de -ance, soit un subst. d'action (négligence < négliger « le fait de négliger »), soit un subst. de qualité (négligence < négligent « qualité de ce qui est négligé »). Il se peut aussi que -ence soit issu d'une forme en -ent subst. (présidence < président − présider). Dans les cas où il ne correspond pas de verbe aux formes en -ant/-ent, les suff. -ance/-ence prennent forcément la signif. adj. (bienveillance, indigence...).
Étymol. ET HIST. A.− Étymol. − Dès les plus anc. textes, on relève des subst. d'action tirés de part. prés., formation héritée du latin -(antia). Type : douter/doutant/doutance, oïr/oiant/oiance... A. François, La Désinence -ance dans le vocabulaire français, 1939, p. 8, no3 relève ainsi dès la toute première période (xieet xiies.) les mots suiv. qui ont survécu : abondance, accoutumance, alliance (alloiance), appartenance, arrogance, oïr/oiant/oiance... bienveillance, et malveillance, chance, concordance et discordance, connaissance (cunoisance), reconnaissance (reconuisance) et méconnaissance, contenance, convenance, créance, croissance, déchéance, défaillance, défiance, délivrance, enfance, espérance, ignorance, jouissance (joiance), naissance, outrecuidance, persévérance, puissance, quittance, repentance, souffrance, soutenance, substance, suffisance, vaillance, vengeance. ,,Il n'y a pas de doute que, malgré sa popularité, la formation mi-savante des mots en -ance, généralement abstraits, est l'œuvre des clercs, − clercs de toute espèce : ecclésiastiques, monastiques ou juristes. En témoignent la poésie et la prose.`` (Id., ibid., p. 8). La vitalité du suff. est telle en a. fr., qu'il vient à s'accoler à des bases nominales. Ainsi pitié ou piété devient pitance; vilté se change en viltance, vuitance, d'où aviltance. Plus tard apparaîtront bobance ou bombance (orig. incertaine). À partir du xiies., les formes en -ance et en -ement se doublent presque constamment : allegement-allegeance, attendement-attendance, decevement-decevance, delivrement-delivrance, ennuiement-ennuiance, errement-errance, desheritement-desheritance, delaissement-delaissance, meprisement-meprisance, demontrement-demontrance, naissement-naissance, parlement-parlance, recouvrement-recouvrance, sevrement-sevrance, signifiement-signifiance, soutenement-soutenance, ven gement-vengeance... (Id., ibid., p. 12). C'est tantôt l'un, tantôt l'autre des 2 termes qui l'a emporté. En revanche dans les cas de doublets -ance/-tion, c'est gén. le second qui a survécu : cf. assignance-assignation, décevance-déception, dérogeance-dérogation, agravance-agravation, démonstrance-démonstration, obligeance-obligation, pourveance-provision, récréance-récréation, sevrance-séparation, signifiance-signification... (Id., ibid., p. 13). Le suff. sav. -tion a un prestige qui n'a pas son rival. B.− Vitalité et productivité 1. Vitalité. − L'analyse est, en gén., facile, que la base soit a) Un part. prés. à valeur adj. (adj. verbal) : attir(ant), -ance; défaill(ant), -ance; endur(ant), -ance; exubér(ant), -ance; ignor(ant), -ance; méfi(ant), -ance; persévér(ant), -ance; prépondér(ant), -ance; répugn(ant), -ance; rutil(ant), -ance; tempér(ant), -ance; tolér(ant), -ance; Rem. Au lieu du part. il s'agit parfois d'un adj. en -ent correspondant à un verbe : adhér(ent), -ence; afflu(ent), -ence; coïncid(ent), -ence; différ(ent), -ence; diverg(ent), -ence; excell(ent), -ence; équival(ent), -ence; influ(ent), -ence; néglig(ent), -ence. b) Un adj. En -ant : arrogant, -ance; bienfaisant, -ance; clairvoyant, -ance; élégant, -ance; intransigeant, -ance; pétulant, -ance; vigilant, -ance ... En -ent : antécédent, -ence; clément, -ence; décent, -ence; déficient, -ence; indulgent, -ence; insolent, -ence; opulent, -ence; patient, -ence; véhément, -ence; virulent, -ence. c) Plus rarement un verbe (le part. prés. du verbe ayant une valeur proprement verbale) : accoutum(er), -ance; délivr(er), -ance; espér(er), -ance; ordonn(er), -ance; veng(er), -ance ... Except. pour les dér. en -ence : confér(er), -ence; préfer(er), -ence. Rem. 1. On pourrait ajouter exig(er), -ence, exist(er), -ence si l'on considère que la graph. en -ant des adj. existant et exigeant les éloigne des subst. en -ence. 2. Le fr. mod. associe directement semence au verbe semer (malgré l'étymol. de semence < b. lat. sementia, plur. neutre de sementium, d'apr. le lat. class. sementis « semailles »). d) Parfois un subst. : gérant, -ance; intendant, -ance; lieutenant, -ance; président, -ence; régent, -ence; suppléant, -ance. Rem. 1. Suppléance pourrait aussi se rattacher aux formations du type c : supplé(er), -ance. 2. On a pu former un dér. en -ance sur vétéran en dépit de l'étymol. : veteranus d'apr. vetus, -eris. e) La base est repérable grâce à une commutation de finales : conduct-ance/conduction, induct-ance/induction, lumin-ance/ lumineux (lumière), perdit-ance/perdition, self-induct-ance/self-induction. audi-ence/auditeur, (in)expéri-ence/expérimenter. ou à l'anal. avec un mot voisin : précellence-excellence. Dans un certain nombre de cas cependant, où le radical ne sert pas de base à d'autres dérivés et où par conséquent la finale n'est pas commutable, les mots ne sont pas directement sentis comme des dér. -ance : admittance, circonstance, clearance, créance, engeance, finance, garance, impédance, nuance, pitance, (contre-)performance, réluctance, remembrance, ance (cf. cep. sé-ant), substance, thermistance. -ence : abstinence (cf. cep. s'absten-ir), cadence, calorescence, carence, circonférence, crédence, déshérence (cf. cep. déshér-iter), désinence, essence, licence, obédience, potence, providence, quintessence, ramescence, résipiscence, sapience, science, sentence (cf. cep. sent-iment « jugement »), séquence, subsidence, virescence. Rem. La différence de sens entre preste et prestance exclut le rapprochement entre ces 2 mots; l'abstr. corresp. à preste est prestesse « agilité » (Rob.). 2. Productivité. − -ance connaît une période de déclin en fr. classique, et on ne relève aucun mot nouveau au xviies. Mais il renaît dès le xviiies., surtout ,,par la récupération des mots vieux ou en train de vieillir (...)''. Certains sont recommandés par Marmontel dans son Discours sur l'autorité de l'usage (1785) : allégeance, souvenance, par l'abbé Féraud dans son Dictionnaire critique (1786) : advertance, nuisance, remembrance, enfin par la cinquième édition du Dictionnaire de l'Académie en 1798 (préparée par Marmontel) : accointance, accoutumance, malveillance, apercevance...,, ``(A. François, La Désinence -ance dans le vocabulaire français, 1939, p. 18). Dans la Néologie de S. Mercier (1801), on relève les mots nouv. suiv. (toujours d'apr. A. François) : ayance, conspirance, fécondance, garrulance, inconsistance, obligeance, provenance, raisonnance. Les formations les plus récentes appartiennent d'abord aux lang. techn. (délinquance, fréquence, interférence, efficience, équivalence, impédance, conductance, inductance, réactance, réluctance, brillance, radiance...) ou arg. (cuistance, roustance...).
BBG. − Cohn (G.) Die Suffixwandlungen im Vulgärlatein und im vorlitterarischen Französisch. Halle, 1891, pp. 74-79. − Darm. 1877, pp. 87-88; p. 207. − Dub. Dér. 1962, p. 15, 22; pp. 64-65; p. 104. − François (A.). La Désinence -ance dans le vocabulaire français... Genève-Lille, 1950, 93 p. [Cr. Goosse (A.) R. belge Philol. Hist. 1952, t. 30, pp. 224-226; Lerch (E.). Rom. Jahrb. 1950, t. 3, pp. 179-194; Orr (J.). Mod. Lang. R. 1951, t. 46, p. 270; Schöne (M.). Fr. mod. 1951, t. 19, pp. 59-60; Streicher (J.). R. Hist. litt. Fr. 1950, t. 50, p. 437]. − François (A.). Suffixe littéraire -ance. Vox rom. 1939, t. 4, pp. 20-24 [Cr. Spitzer (L.). Fr. mod. 1939, t. 7, pp. 276-278; Wartburg (W. von). Z. rom. Philol. 1942, t. 62, p. 208]. − Gossen (C. T.). Ma plus douce espérance est de perdre l'espoir. Z. rom. Philol. 1955, t. 71, pp. 337-364 [Cr. Gougenheim (G.). B. Soc. Ling. 1956, t. 52, no2, pp. 94-95]. − Hug. Mots disp. 1967, pp. 137-142. − Lew. 1960, pp. 57-69, 121-132. − Malkiel (Y.). The Development of the Latin suffixes -antia and -entia in the Romance languages... Berkeley-Los Angeles, 1945, 177 p. [Cr. Alvar (M.). Z. rom. Philol. 1955, t. 71, pp. 299-303; Holmes (U. T.), jr. Speculum. 1945, t. 20, pp. 495-497; Lerch (E.). Rom. Jahrb. 1950, t. 3, pp. 179-194]. − Merk (G.). La Vitalité des suffixes nominaux, du latin au français. R. Ling. rom. 1970, t. 34, no133/134, pp. 194-223. − Meyer-L. t. 2 1966, p. 199.
Rem. Ds laitance « liquide sécrété par les glandes des poissons mâles », le sens primitif était « lait de poisson » (terme de cuisine) de l'anc. verbe lait(i)er « donner son lait »

-ANCE, -ENCE, suff.

I.− Le dérivé est rattaché au verbe ou au participe correspondant
A.− Le dérivé exprime l'action (« le fait de » + inf.)
1. Le suj. du verbe de base désignerait une pers., le fait que qqn s'accoutume, etc. :
accoutumance « le fait de s'accoutumer, de s'habituer »
ignorance « le fait d'ignorer quelque chose »
négligence « l'action, le fait de négliger quelque chose »
résidence « le fait de résider habituellement en un lieu »
vengeance « l'action de se venger »
2. Le suj. du verbe de base désignerait une chose :
alternance « le fait d'alterner (en parlant des éléments d'une série) »
convergence « le fait de converger »
émergence « le fait d'émerger (en parlant d'un rayon, d'un fluide) »
3. Le suj. du verbe de base désignerait une pers. ou une chose :
alliance « le fait pour des personnes, des éléments de s'allier »
appartenance « le fait d'appartenir »
croissance « le fait de croître, de grandir »
naissance « le fait de commencer, d'apparaître »
résistance « le fait de résister »
B.− Le dérivé exprime le sujet de l'action (« celui qui » ou « ce qui » + verbe au prés. de l'ind.)
1. Le suj. du verbe de base désignerait des pers. :
affluence « réunion d'une foule de personnes qui se portent au même endroit » (Rob.)
assistance « ceux qui assistent à... »
2. Le suj. du verbe de base désignerait des choses :
apparence « ce qui apparaît d'une personne ou d'une chose »
appartenances (au plur.) « ce qui appartient à un bien immeuble » (Rob.)
différence « ensemble de caractères qui distinguent une chose d'une autre »
nuisance(s) « ensemble de facteurs de civilisation rendant la vie pénible »
C.− Le dérivé exprime le résultat de l'action (« ce/celui qui est » + part. passé passif; « ce/celui que l'on » + prés. de l'ind.)
1. Quand le verbe de base est un verbe trans., le dér. exprime l'obj. de l'action :
connaissance « ce ou celui que l'on connaît »
croyance « ce que l'on croit »
ordonnance « prescription, ce qui est ordonné »
Cf. contenance « ce qui peut être contenu »; remontrance « critique motivée et raisonnée »
2. Quand le verbe de base est intrans., le subst. marque l'état de ce (ou de celui) qui a subi l'action (« fait d'être » + part. passé) :
déchéance « état de celui qui est déchu »
Rem. Ds laitance « liquide sécrété par les glandes des poissons mâles », le sens primitif était « lait de poisson » (terme de cuisine) de l'anc. verbe lait(i)er « donner son lait »
D.− Le dérivé exprime les circonstances de l'action
1. La manière :
apparence « manière dont une chose, une personne se présente »
contenance « manière de se tenir, de se présenter »
observance (observance stricte) « manière dont la règle est observée »
2. Le lieu :
naissance « point, endroit où commence quelque chose »; naissance d'un fleuve
provenance « endroit d'où vient une chose »
résidence « lieu construit où l'on réside »
3. Le moment ou la période :
échéance « date à laquelle expire un délai »
existence « période pendant laquelle quelque chose ou quelqu'un existe » (le reste de mon existence)
Renaissance « période historique allant du xivesiècle à la fin du xviesiècle »
vacances « période pendant laquelle on ne travaille pas »
II.− Le dérivé est rattaché à l'adjectif ou au substantif correspondant
A.− À l'adjectif. − Le subst. en -ance/-ence exprime de façon abstr. la qualité désignée par l'adj. ou le part. adjectivé (« caractère de ce qui est ... » ou « de celui qui est ... ») :
1. Cette qualité peut s'appliquer à l'animé :
bienveillance « qualité de celui qui est bienveillant »
élégance « qualité de ce/celui qui est élégant »
endurance « qualité de celui qui est endurant »
ignorance « état de celui qui est ignorant »
indigence « état de celui qui est indigent »
nonchalance « caractère de celui qui est nonchalant »
patience « qualité de celui qui est patient, qui persévère dans une activité sans se décourager »
prévoyance « qualité de celui qui est prévoyant »
suffisance « caractère de celui qui est suffisant »
tolérance « qualité de celui qui est tolérant »
2. Cette qualité peut s'appliquer à l'inanimé :
consistance « état de ce qui est consistant »
contingence « caractère de ce qui est contingent »
prépondérance « qualité de ce qui est prépondérant »
succulence « caractère de ce qui est succulent »
urgence « caractère de ce qui est urgent »
3. Cette qualité peut s'appliquer à l'animé et à l'inanimé :
importance « caractère de ce (ou de celui) qui est important »
indépendance « état d'une personne ou d'une chose indépendante »
insignifiance « caractère de ce (ou de celui) qui est insignifiant »
puissance « état de celui qui est puissant; caractère de ce qui est puissant »
transcendance « caractère de ce qui est transcendant »
B.− Au substantif. − Le subst. de base est le plus souvent un subst. qui désigne celui qui exerce une fonction, le dér. en -ance/-ence marquant alors cette fonction :
gérance « fonction de gérant »
intendance « fonction d'intendant »
lieutenance « charge, office, grade de lieutenant »
présidence « fonction, titre de président »
régence « fonction, dignité de régent »
suppléance « fonction de suppléant »
Cf. aussi vétérance « état de vétéran »
Le dérivé peut marquer en même temps
1. Il peut marquer en même temps la durée de cette fonction :
gérance « durée des fonctions du gérant »
présidence « durée des fonctions d'un président »
régence « durée des fonctions d'un régent »
2. Il peut marquer en même temps le lieu où elle s'exerce :
intendance « bureaux de l'administration d'intendance »
présidence « résidence, bureau(x) d'un président »
3. Il peut marquer en même temps l'ensemble des personnes qui exercent cette fonction (sens collectif) :
intendance dans des expr. comme intendance militaire ou les services de l'intendance
maistrance « ensemble des officiers mariniers de la marine de guerre française »
Cf. aussi ascendance « ensemble des générations de personnes d'où quelqu'un est issu »; descendance « ensemble des descendants »
Rem. 1. Différentes signif. que peut prendre un même dér. a) Un même terme pourra être considéré à la fois comme un nom abstr. d'action (I) ou comme un nom abstr. de qualité (II), selon qu'il est rattaché de préférence à la signif. verbale ou à la signif. adj. de la base. Ainsi persévérance est à la fois « le caractère de celui qui est persévérant » et « le fait de persévérer ». Cf. de même : endurance, négligence, persistance, prévoyance, reconnaissance, tolérance. Il se peut aussi que le mot en -ance/-ence soit dérivable à la fois d'un verbe et du subst. corresp. en -ant (-ent) : présidence n'est pas seulement « la fonction du président », mais aussi « l'action de présider ». Suppléance est, en même temps qu'une fonction, « le fait de suppléer quelqu'un ». Dans surveillance seul le verbe surveiller est senti, et non le subst. surveillant. b) Un subst. d'action pourra correspondre à une seule ou à plusieurs des accept. énumérées supra (I). Une seule accept. : l'action (le fait de) (insistance, soutenance, transhumance); le suj. de l'action (« ce qui » + verbe au prés.) (convenance); le résultat de l'action (« ce qui est » + part. passé passif) (contenance, redevance, remontrance); le lieu (provenance); la période (échéance, vacances). Plusieurs accept. : action et suj. de l'action (assistance, influence...); action et résultat de l'action (espérance, négligence...); action et lieu de l'action (naissance, résidence); action et moment ou période de l'action (existence, renaissance); action, résultat de l'action, manière (observance).
Rem. 2. Les dér. appartiennent à une lang. spécialisée. Dans les cas où le subst. en -ance/-ence est en concurrence avec un autre subst. abstr., il a gén. un sens spécialisé : maintenance est réservé soit au « fait de maintenir à leur nombre normal des effectifs et du matériel d'une troupe au combat », p. oppos. à maintien, soit à l'entretien d'un ordinateur; observance est spécialisé dans le domaine relig., le lang. courant dit observation; partance pour départ est vieilli et ne s'emploie plus que dans l'expr. en partance; rémittence est employé en méd., rémission étant plus gén.; résilience est un terme de phys. et s'oppose à résiliation; soutenance est le « fait de soutenir une thèse de doctorat », soutien est le terme général; dominance désigne « le fait de dominer » quand il s'agit de choses, contrairement à domination qui s'applique toujours à des pers. et tend, de ce fait, à prendre un sens spécialisé dans le domaine scientifique « état d'un caractère dominant ». Les subst. en -ance/-ence sont fréq. dans les lang. techn. : mar. (partance, maistrance, cf. A. François, La Désinence -ance dans le vocabulaire français, 1939, p. 63), banque : (créance, échéance, quittance, usance, ibid.), dr. (instance, mouvance, survenance, ibid.), relig. (observance, recouvrance, repentance, ibid.); et surtout scientifiques : phys. (efficience, fluorescence, interférence, phosphorescence, radiance, réfringence...); bot. (arborescence, virescence), électr. (conductance, brillance, impédance), math. (congruence, équipollence, tangence), philos. (contingence, immanence, transcendance). Nombreuses formations en -ance ds l'arg. mod. : béquetance (bectance) « nourriture », de béqueter « manger » (ibid., p. 25); croustance « repas », de croûte « pain » (ibid.); cuistance « cuisine » (ibid.); galetance « gamelle », de galettière « plat à galette » (ibid.); rouspétance, d'apr. rouspéter; roustance, même sens que cuistance, de roustir « brûler » (ibid.).
Rem. 3. La finale -ance/-ence correspond dans le registre suffixal à la termin. part. -ant et à la finale adjectivale -ant/-ent; un mouvement de pensée identique sous-tend l'une et l'autre. Le propre de la flexion participiale étant de faire tendre le verbe vers la partie du discours adj., les formes en -ant se situent, selon les conditions du discours, à plus ou moins grande distance de la catégorie verbale proprement dite. En fonction d'appos., en partic. lorsque le compl. (surtout le compl. d'obj.), ou a fortiori le suj., se trouve exprimé, la forme est saisie à proximité du verbe (part.) : son interlocuteur ignorant ces faits, il...; ignorant ces faits, il...; persévérant dans ses efforts, il... En fonction d'attribut ou d'épithète, elle l'est à proximité de l'adj. (adj. verbal) : il est ignorant, persévérant; un homme ignorant, persévérant. Les part. en -ant se prêtent qqf. à la substantivation (un suppléant, un gérant, un penchant...). Il ne correspond pas (ou il ne correspond plus) toujours un verbe aux formes en -ant (élégant, bienveillant...). Les formes en -ent peuvent être des adj. (divergent, négligent...) ou des subst. (président) « verbaux », c'est-à-dire qui rappellent plus ou moins le verbe. Mais le plus fréquemment, elles appartiennent à la catégorie des adj. (adjacent, évident) ou des subst. (expédient, inconvénient), sans qu'il leur corresponde un verbe. Le suff. -ance suit un mouvement en tout point identique à la flexion -ant : saisi précocément, il fournit un subst. abstr. d'action (vengeance). Saisi tardivement, il fournit un subst. abstr. de qualité (persévérance); il se peut aussi qu'il corresponde à la forme en -ant substantivée (gérance). Lorsque le suff. -ence correspond à une finale -ent d'adj. « verbal », il fournit, à l'image de -ance, soit un subst. d'action (négligence < négliger « le fait de négliger »), soit un subst. de qualité (négligence < négligent « qualité de ce qui est négligé »). Il se peut aussi que -ence soit issu d'une forme en -ent subst. (présidence < président − présider). Dans les cas où il ne correspond pas de verbe aux formes en -ant/-ent, les suff. -ance/-ence prennent forcément la signif. adj. (bienveillance, indigence...).
Étymol. ET HIST. A.− Étymol. − Dès les plus anc. textes, on relève des subst. d'action tirés de part. prés., formation héritée du latin -(antia). Type : douter/doutant/doutance, oïr/oiant/oiance... A. François, La Désinence -ance dans le vocabulaire français, 1939, p. 8, no3 relève ainsi dès la toute première période (xieet xiies.) les mots suiv. qui ont survécu : abondance, accoutumance, alliance (alloiance), appartenance, arrogance, oïr/oiant/oiance... bienveillance, et malveillance, chance, concordance et discordance, connaissance (cunoisance), reconnaissance (reconuisance) et méconnaissance, contenance, convenance, créance, croissance, déchéance, défaillance, défiance, délivrance, enfance, espérance, ignorance, jouissance (joiance), naissance, outrecuidance, persévérance, puissance, quittance, repentance, souffrance, soutenance, substance, suffisance, vaillance, vengeance. ,,Il n'y a pas de doute que, malgré sa popularité, la formation mi-savante des mots en -ance, généralement abstraits, est l'œuvre des clercs, − clercs de toute espèce : ecclésiastiques, monastiques ou juristes. En témoignent la poésie et la prose.`` (Id., ibid., p. 8). La vitalité du suff. est telle en a. fr., qu'il vient à s'accoler à des bases nominales. Ainsi pitié ou piété devient pitance; vilté se change en viltance, vuitance, d'où aviltance. Plus tard apparaîtront bobance ou bombance (orig. incertaine). À partir du xiies., les formes en -ance et en -ement se doublent presque constamment : allegement-allegeance, attendement-attendance, decevement-decevance, delivrement-delivrance, ennuiement-ennuiance, errement-errance, desheritement-desheritance, delaissement-delaissance, meprisement-meprisance, demontrement-demontrance, naissement-naissance, parlement-parlance, recouvrement-recouvrance, sevrement-sevrance, signifiement-signifiance, soutenement-soutenance, ven gement-vengeance... (Id., ibid., p. 12). C'est tantôt l'un, tantôt l'autre des 2 termes qui l'a emporté. En revanche dans les cas de doublets -ance/-tion, c'est gén. le second qui a survécu : cf. assignance-assignation, décevance-déception, dérogeance-dérogation, agravance-agravation, démonstrance-démonstration, obligeance-obligation, pourveance-provision, récréance-récréation, sevrance-séparation, signifiance-signification... (Id., ibid., p. 13). Le suff. sav. -tion a un prestige qui n'a pas son rival. B.− Vitalité et productivité 1. Vitalité. − L'analyse est, en gén., facile, que la base soit a) Un part. prés. à valeur adj. (adj. verbal) : attir(ant), -ance; défaill(ant), -ance; endur(ant), -ance; exubér(ant), -ance; ignor(ant), -ance; méfi(ant), -ance; persévér(ant), -ance; prépondér(ant), -ance; répugn(ant), -ance; rutil(ant), -ance; tempér(ant), -ance; tolér(ant), -ance; Rem. Au lieu du part. il s'agit parfois d'un adj. en -ent correspondant à un verbe : adhér(ent), -ence; afflu(ent), -ence; coïncid(ent), -ence; différ(ent), -ence; diverg(ent), -ence; excell(ent), -ence; équival(ent), -ence; influ(ent), -ence; néglig(ent), -ence. b) Un adj. En -ant : arrogant, -ance; bienfaisant, -ance; clairvoyant, -ance; élégant, -ance; intransigeant, -ance; pétulant, -ance; vigilant, -ance ... En -ent : antécédent, -ence; clément, -ence; décent, -ence; déficient, -ence; indulgent, -ence; insolent, -ence; opulent, -ence; patient, -ence; véhément, -ence; virulent, -ence. c) Plus rarement un verbe (le part. prés. du verbe ayant une valeur proprement verbale) : accoutum(er), -ance; délivr(er), -ance; espér(er), -ance; ordonn(er), -ance; veng(er), -ance ... Except. pour les dér. en -ence : confér(er), -ence; préfer(er), -ence. Rem. 1. On pourrait ajouter exig(er), -ence, exist(er), -ence si l'on considère que la graph. en -ant des adj. existant et exigeant les éloigne des subst. en -ence. 2. Le fr. mod. associe directement semence au verbe semer (malgré l'étymol. de semence < b. lat. sementia, plur. neutre de sementium, d'apr. le lat. class. sementis « semailles »). d) Parfois un subst. : gérant, -ance; intendant, -ance; lieutenant, -ance; président, -ence; régent, -ence; suppléant, -ance. Rem. 1. Suppléance pourrait aussi se rattacher aux formations du type c : supplé(er), -ance. 2. On a pu former un dér. en -ance sur vétéran en dépit de l'étymol. : veteranus d'apr. vetus, -eris. e) La base est repérable grâce à une commutation de finales : conduct-ance/conduction, induct-ance/induction, lumin-ance/ lumineux (lumière), perdit-ance/perdition, self-induct-ance/self-induction. audi-ence/auditeur, (in)expéri-ence/expérimenter. ou à l'anal. avec un mot voisin : précellence-excellence. Dans un certain nombre de cas cependant, où le radical ne sert pas de base à d'autres dérivés et où par conséquent la finale n'est pas commutable, les mots ne sont pas directement sentis comme des dér. -ance : admittance, circonstance, clearance, créance, engeance, finance, garance, impédance, nuance, pitance, (contre-)performance, réluctance, remembrance, ance (cf. cep. sé-ant), substance, thermistance. -ence : abstinence (cf. cep. s'absten-ir), cadence, calorescence, carence, circonférence, crédence, déshérence (cf. cep. déshér-iter), désinence, essence, licence, obédience, potence, providence, quintessence, ramescence, résipiscence, sapience, science, sentence (cf. cep. sent-iment « jugement »), séquence, subsidence, virescence. Rem. La différence de sens entre preste et prestance exclut le rapprochement entre ces 2 mots; l'abstr. corresp. à preste est prestesse « agilité » (Rob.). 2. Productivité. − -ance connaît une période de déclin en fr. classique, et on ne relève aucun mot nouveau au xviies. Mais il renaît dès le xviiies., surtout ,,par la récupération des mots vieux ou en train de vieillir (...)''. Certains sont recommandés par Marmontel dans son Discours sur l'autorité de l'usage (1785) : allégeance, souvenance, par l'abbé Féraud dans son Dictionnaire critique (1786) : advertance, nuisance, remembrance, enfin par la cinquième édition du Dictionnaire de l'Académie en 1798 (préparée par Marmontel) : accointance, accoutumance, malveillance, apercevance...,, ``(A. François, La Désinence -ance dans le vocabulaire français, 1939, p. 18). Dans la Néologie de S. Mercier (1801), on relève les mots nouv. suiv. (toujours d'apr. A. François) : ayance, conspirance, fécondance, garrulance, inconsistance, obligeance, provenance, raisonnance. Les formations les plus récentes appartiennent d'abord aux lang. techn. (délinquance, fréquence, interférence, efficience, équivalence, impédance, conductance, inductance, réactance, réluctance, brillance, radiance...) ou arg. (cuistance, roustance...).
BBG. − Cohn (G.) Die Suffixwandlungen im Vulgärlatein und im vorlitterarischen Französisch. Halle, 1891, pp. 74-79. − Darm. 1877, pp. 87-88; p. 207. − Dub. Dér. 1962, p. 15, 22; pp. 64-65; p. 104. − François (A.). La Désinence -ance dans le vocabulaire français... Genève-Lille, 1950, 93 p. [Cr. Goosse (A.) R. belge Philol. Hist. 1952, t. 30, pp. 224-226; Lerch (E.). Rom. Jahrb. 1950, t. 3, pp. 179-194; Orr (J.). Mod. Lang. R. 1951, t. 46, p. 270; Schöne (M.). Fr. mod. 1951, t. 19, pp. 59-60; Streicher (J.). R. Hist. litt. Fr. 1950, t. 50, p. 437]. − François (A.). Suffixe littéraire -ance. Vox rom. 1939, t. 4, pp. 20-24 [Cr. Spitzer (L.). Fr. mod. 1939, t. 7, pp. 276-278; Wartburg (W. von). Z. rom. Philol. 1942, t. 62, p. 208]. − Gossen (C. T.). Ma plus douce espérance est de perdre l'espoir. Z. rom. Philol. 1955, t. 71, pp. 337-364 [Cr. Gougenheim (G.). B. Soc. Ling. 1956, t. 52, no2, pp. 94-95]. − Hug. Mots disp. 1967, pp. 137-142. − Lew. 1960, pp. 57-69, 121-132. − Malkiel (Y.). The Development of the Latin suffixes -antia and -entia in the Romance languages... Berkeley-Los Angeles, 1945, 177 p. [Cr. Alvar (M.). Z. rom. Philol. 1955, t. 71, pp. 299-303; Holmes (U. T.), jr. Speculum. 1945, t. 20, pp. 495-497; Lerch (E.). Rom. Jahrb. 1950, t. 3, pp. 179-194]. − Merk (G.). La Vitalité des suffixes nominaux, du latin au français. R. Ling. rom. 1970, t. 34, no133/134, pp. 194-223. − Meyer-L. t. 2 1966, p. 199.
Rem. Ds laitance « liquide sécrété par les glandes des poissons mâles », le sens primitif était « lait de poisson » (terme de cuisine) de l'anc. verbe lait(i)er « donner son lait »
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun

Singulier Pluriel
naissance naissances
\nɛ.sɑ̃s\
ou \ne.sɑ̃s\

naissance \nɛ.sɑ̃s\ ou \ne.sɑ̃s\ féminin

  1. (Famille) Venue d’un être à la vie.
    • On avait bien enregistré trois décès, occasionnés par l’influenza, mais les naissances compensaient les décès. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Le système de raréfaction des naissances est ici tellement ancré dans les esprits, qu’il finit par être jugé comme le signe d’une vie raisonnable. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Quoi qu’il en fût, ma naissance fut pénible. Je déchirai ma mère si cruellement que le contact de son mari lui devint un supplice. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 24)
    • J’ai demandé une autorisation qui me permît de prendre le nom de ma mère, une femme excellente et respectable dont le souvenir, car je l’ai perdue trop tôt, vaut mieux que celui de mon père, à qui je dois seulement l’accident de ma naissance. — (Eugène Fromentin, Dominique, L. Hachette et Cie, 1863, réédition Gründ, page 185)
  2. (Famille) Origine ; extraction.
    • Être de grande, d’illustre naissance.
    • Naissance illégitime.
    • — Mais, ma chère, un inconnu ! un homme sans naissance, un ouvrier peut-être ! dit-il d’un air suppliant à sa belle moitié. — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
  3. (Absolument) (Vieilli) Noblesse.
    • Trois jours auparavant, à la même heure, il était heureux et fier, faisant les honneurs du château de Godesberg à la chevalerie la plus noble des environs, et maintenant, […] il se trouvait […] mêlé parmi une troupe d’hommes braves et loyaux sans doute, mais sans naissance et sans avenir. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
    • – Il y a dans ce pays, cinq ou six petites filles à marier, avec un million dans leur tablier : c'est de l'argent gagné dans la manufacture..., mais gagné honnêtement. Croyez-vous que ces filles sans naissance ne seraient pas fort heureuses que vous acceptassiez leurs écus ? Vous leur feriez encore beaucoup d'honneur ; vous y mettriez du vôtre, mon neveu. — (Gaston de Raousset-Boulbon, Une Conversion (1855).)
  4. (Par extension) Commencement.
    • Et si le cyclone descend jusqu’à la terre, se forment des tornades, quelle que soit la façon dont leur naissance a lieu selon le mouvement du vent ; s’il descend jusqu’à la mer, ce sont des tourbillons qui se constituent. — (Épicure, Lettre à Pythoclès, traduction anonyme.)
    • Le XVe siècle apparaît affolé, dès sa naissance. Il semble que la démence de Charles VI se propage. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
  5. Point, endroit où apparaît pour la première fois une chose qui se prolonge ensuite dans une certaine direction.
    • Ce fleuve, à sa naissance, reçoit plusieurs ruisseaux qui le grossissent.
    • La naissance d’une tige, d’un rameau.
    • Couper une branche à sa naissance.
    • La naissance de l’épaule, du mollet.
  6. (Architecture) Commencement, là où prend appui un objet.
    • La naissance d’une colonne, le commencement du fût.
    • La naissance d’une voûte, le commencement de sa courbure.

Anagrammes

→ Modifier la liste d’anagrammes

  • Casaniens, casaniens

Voir aussi

  • naissance sur l’encyclopédie Wikipédia
  • naissance dans le recueil de citations Wikiquote
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

naissance

(nê-san-s') s. f.
  • 1Qualité, condition de l'être qui vient à la vie. La naissance d'un fils. On a fêté le jour de sa naissance. Le registre des décès et des naissances. Au milieu de leur camp tu reçus la naissance, Corneille, Cinna, V, 1. Je crains de le haïr si j'en tiens la naissance, Corneille, Héracl. V, 2. Vous ne vous trouvez au monde que par une infinité de hasards ; votre naissance dépend d'un mariage, ou plutôt de tous les mariages de ceux dont vous descendez, Pascal, Disc. sur la cond. des grands, I. La naissance a des marques indubitables de notre commune faiblesse : nous commençons tous notre vie par les mêmes infirmités de l'enfance, Bossuet, Gornay. Délaissée de toute la terre dès ma naissance, Bossuet, Duch. d'Orl. On sait qu'Érostrate, pour immortaliser son nom, mit le feu à ce fameux temple [d'Éphèse] qui en fut entièrement consumé ; c'est le jour même de la naissance d'Alexandre le Grand, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. XI, p. 36, dans POUGENS. Voilà ce qui m'amène, et non l'impatience D'apprendre à qui je dois une triste naissance, Racine, Iphig. II, 1. Dans quel sein vertueux avez-vous pris naissance ? Racine, Esther, III, 4. Et l'instant de notre naissance Fut pour nous un arrêt de mort, Lamotte, Odes, t. I, p. 497, dans POUGENS. Le nombre des naissances [en une année commune], multiplié par 34, donne toujours à peu près la somme des habitants, Voltaire, Mœurs, 185. Le total des naissances à Paris étant, pendant ces cinquante-huit années, de 1 074 367, et le total des morts 1 087 995, Buffon, Probab. de la vie, Œuv. t. X, p. 546. Je coûtai la vie à ma mère, et ma naissance fut le premier de mes malheurs, Rousseau, Confess. I. La nature n'est qu'une succession de naissances et de morts, Diderot, Claude et Nér. II, 23. Les déclarations de naissance seront faites dans les trois jours de l'accouchement à l'officier de l'état civil du lieu, Code Nap. art. 55.

    Naissances masculines, le nombre de garçons nés ; naissances féminines, le nombre de filles nées.

    Donner la naissance, donner naissance à un enfant, le mettre au monde. Savez-vous seulement qui vous donna naissance ? Chénier M. J. Œdipe roi, II, 2.

    Il se dit aussi des animaux. La naissance d'un poulain, d'un veau.

  • 2Naissance se dit, en physiologie, d'une manière générale pour indiquer l'apparition d'un corps organisé qui n'existait pas. La naissance des rudiments du poulet dans l'œuf fécondé. La naissance du tubercule dans le poumon.
  • 3Origine par le sang, par la famille. Je vous ai vu pour elle [Albe] autant d'indifférence Que si d'un sang romain vous aviez pris naissance, Corneille, Hor. I, 1. Plus la haute naissance approche des couronnes, Plus cette grandeur même asservit nos personnes, Corneille, Rodog. III, 3. Ma naissance suffit pour régner après vous, Corneille, Héracl. I, 3. Un pur hasard sans nous règle notre naissance, Corneille, Othon, II, 2. Ne rougissez-vous point de mériter si peu votre naissance ?… non, non, la naissance n'est rien où la vertu n'est pas, Molière, Don Juan, IV, 6. Le mal à craindre d'un sot, qui succède par droit de naissance, Pascal, Pens. V, 3, édit. HAVET. Il est vrai qu'il faut honorer les gentilshommes, mais non pas parce que la naissance est un avantage effectif, Pascal, ib. V, 2 ter. Issue de cette race, fille de Henri le Grand et de tant de rois, son grand cœur a surpassé sa naissance, Pascal, Reine d'Anglet. Sous prétexte qu'elle serait de moindre naissance, Pascal, Lett. abb. 249. Justin, de bonne naissance, Pascal, Hist. I, 11. L'on a trouvé [par les ancêtres] le moyen de distinguer les naissances illustres d'avec les naissances viles et vulgaires, et de mettre une différence infinie entre le sang noble et le roturier, Pascal, Gornay. N'allait-elle pas gagner tous les cœurs, c'est-à-dire la seule chose qu'ont à gagner ceux à qui la naissance et la fortune semblent tout donner ? Pascal, Duch. d'Orl. Je n'ai pas besoin de vous dire que c'est Dieu qui donne les grandes naissances, les grands mariages, les enfants, la postérité, Pascal, Mar.-Thér. L'avantage d'une haute naissance, Pascal, Louis de Bourbon. Oui, quoi que le vulgaire en pense, Rousseau, la plus vile naissance Donne du lustre à la vertu, Lamotte, Odes, t. I, p. 526, dans POUGENS. Les mortels sont égaux, ce n'est point la naissance, C'est la seule vertu qui fait la différence, Voltaire, Fanat. I, 4. Et Séide et Palmyre ignorent leur naissance, Voltaire, ib. III, 11.
  • 4 Absolument. Noblesse. C'est un homme de naissance, qui a de la naissance. Songez… Que Rome vous permet cette haute alliance, Dont vous aurait exclus le défaut de naissance, Corneille, Nicom. I, 2. …J'entends et je voi D'où vient que tu t'es fait secrétaire du roi ; Il fallait de ce titre appuyer ta naissance, Boileau, Sat. X. S'il est heureux d'avoir de la naissance, il ne l'est pas moins d'être tel que l'on ne s'informe plus si vous en avez, La Bruyère, II. Son exemple encourageait quiconque avait du mérite sans naissance, Voltaire, Russie, I, 12. Qu'y a-t-il de plus ridicule qu'un grand seigneur devenu gueux, qui porte dans sa misère les préjugés de sa naissance ? Rousseau, Ém. III. J'avais des ressources, et votre mère avait de la naissance, Diderot, Père de famille, II, 6. Le défaut de naissance vous ferme en France le chemin aux grands emplois, Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie.
  • 5Les bonnes et les mauvaises qualités avec lesquelles on est né. Quoique une heureuse naissance eût apporté de si grands dons à notre prince, il ne cessait de l'enrichir par ses réflexions, Bossuet, Louis de Bourbon. Une si heureuse naissance la rendit d'abord la passion de tout ce qu'il y avait de vertueux, Fléchier, Mme de Mont.

    En ce sens, il vieillit. On dit plutôt aujourd'hui naturel.

  • 6Dans le langage théologique, la seconde naissance, la régénération par le baptême. La grâce sera toujours dans le monde, et aussi la nature… et ainsi il y aura toujours des pélagiens et toujours des catholiques, et toujours combat, parce que la première naissance fait les uns, et la grâce de la seconde naissance fait les autres, Pascal, Pens. XXIV, 12 ter.
  • 7 Fig. Origine, commencement. La naissance d'un État, d'une ville. Séjanus, dans la naissance de sa fortune, ne se voulait pas faire connaître par des cruautés, Perrot D'Ablancourt, Tacite, dans RICHELET. Impatients désirs d'une illustre vengeance Dont la mort de mon père a formé la naissance, Corneille, Cinna, I, 1. Et ne savez-vous pas, avec toute la France, D'où ce titre d'honneur a tiré sa naissance, Et que la vertu seule a mis en ce haut rang Ceux qui l'ont jusqu'à moi fait passer dans leur sang ? Corneille, Menteur, V, 3. Je sais que ton État, encore en sa naissance, Ne saurait sans la guerre affermir sa puissance, Corneille, Hor. I, 1. La république faible encore et dans sa naissance, Bossuet, Hist. III, 6. Telle a été la naissance des Frères de Bohême, Bossuet, Var. XI, § 173. Désigner chaque secte par celui dont elle tirait sa naissance, Bossuet, Hist. II, 12. Vous redoutez un mal faible dans sa naissance, Racine, Brit. III, 1. Faites, dans sa naissance, admirer votre empire, Racine, Alex. V, 3. …Avant donc La naissance du monde et la création, Racine, Plaid. III, 3. Son empire [de Dieu] a des temps précédé la naissance, Racine, Ath. I, 4. Une naissance de passion trop faiblement rejetée, une occasion de périls trop fréquentée, Massillon, Carême, Tiéd. 2.

    Donner naissance, causer, produire. Le désir si vif et si inutile de connaître l'avenir donna naissance aux oracles des païens, D'Alembert, Éloges, Dumarsais.

    Prendre naissance, prendre sa naissance, avoir naissance, commencer à apparaître, à être produit, à se former. Tes desseins n'ont pas naissance Qu'on en voit déjà le bout, Malherbe, II, 2. Ces sentiments [supprimer tous les actes de demande à Dieu], en général, prennent leur naissance de l'orgueil naturel, Bossuet, Ét. d'orais. I, 13. La Jérusalem visible avait fait ce qui lui restait à faire, puisque l'Église y avait pris sa naissance, Bossuet, Hist. II, 7. L'idolâtrie, si nous l'entendons, prenait sa naissance de ce profond attachement que nous avons à nous-mêmes, Bossuet, ib. 11. Ce fut là que prit naissance cette amitié durable qui a vieilli avec nous, Marmontel, Mém. III.

    Naissance de la verdure, des fleurs, le moment où la verdure, les fleurs commencent à pousser.

    Naissance du jour, le moment où le jour commence à paraître. Et n'a point respecté la naissance du jour, Rotrou, Antig. V, 5.

  • 8Le point, l'endroit où commence une chose qui se prolonge ensuite en une certaine direction. La naissance d'une branche. La naissance d'une feuille. Ce fleuve porte bateau tout près de sa naissance. La naissance de la gorge dénuée de plumes, Buffon, Ois. t. XII, p. 379.

    Terme d'anatomie. La naissance d'une artère, le point d'où elle se détache du cœur ou d'une autre artère.

  • 9 Terme de construction. L'endroit où commence à paraître une voûte, une poutre, un corbeau, etc.

    Synonyme de pierre d'attente ou harpe.

    La naissance d'une colonne, le commencement du fût.

    Terme de maçonnerie. Naissance, bande d'enduit ou de plâtre faite en raccordement. Naissance d'enduit, certaines plates-bandes au circuit des croisées ou ailleurs.

  • 10De naissance, loc. adv. En naissant, en venant au monde. Elle lui demanda s'il était aveugle de naissance, Buffon, Anne de Gonz. On ne tombe pas dans les vices qu'il [le peuple romain] fit éclater sous ses maîtres, sans quelque défaut de naissance dans le cœur, Chateaubriand, Génie, IV, VI, 13.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

NAISSANCE. Ajoutez : - SYN. NAISSANCE, ORIGINE., Naissance se dit du pays où l'on est né ; origine, du pays où nos ascendants sont nés. Vicencio Carducho, Eugenio Caxes et Angelo Nardi, ces trois artistes, peintres ordinaires du roi [Philippe IV], étaient Italiens soit de naissance, soit d'origine, J. Dumesnil, Hist. des amat. ital. p. 66.

HISTORIQUE

XIIIe s. Il semerent chans, et planterent vignes, et firent fruiz de neissance, Psautier, f° 134.

XVIe s. Depuis le triste point de ma fresle naissance, Et que dans le berceau, pleurant, je fus posé, Desportes, Œuvres chrétiennes, Sonnets, 1. Si la fin d'un travail d'un autre est la naissance, Desportes, ib. 13.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « naissance »

(Date à préciser) Du latin nascentia (« nativité »). Référence nécessaire
Source : Wikitionnaire

Provenç. naissensa, naysensa, naisquenza ; catal. naxensa ; anc. espagn. nascencia ; ital. nascenza ; du lat. nascentia, qui vient de nascens, naissant. L'ancienne langue disait aussi nation au sens de naissance.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « naissance »

Phonétique Prononciation
France (Paris) : écouter « une naissance [yn nɛ.sɑ̃s] »
Québec : [nɛː.sãːs]
France (Toulouse) : écouter « naissance »
France (Lyon) : écouter « naissance »
Suisse (Lausanne) : écouter « naissance »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « naissance »

Source : Google

Traductions du mot « naissance »

Langue Traduction
English birth
German Geburt
Spanish nacimiento
Portuguese nascimento
Italian nascita
Dutch geboorte
Polish narodziny
Russian рождение
Source : DeePL

Synonymes de « naissance »

Antonymes de « naissance »