Polissonner
verbe
intrans
Sommaire
Définitions de « polissonner »
Trésor de la Langue Française informatisé
POLISSONNER, verbe intrans.
A.− [Le suj. désigne un enfant]
1. Vagabonder (dans les rues, dans les champs). Quand M. le curé (...) apercevait Charles qui polissonnait dans la campagne, il (...) le sermonnait un quart d'heure (Flaub., MmeBovary,1857, p.7).Je passais mes journées à gaminer sur le quai, à marauder dans les jardins, à barboter dans les flaques (...) je polissonnais avec les petits garçons, parmi les épines blanches (Mirbeau, Journal femme ch.,1900, p.99).Les privations, la faim (...) l'inquiétude de voir (...) Camille, son plus jeune, courir les rues faute d'école et polissonner avec les gamins du quartier, tout cela usait Félicie (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p.321).
2. P. ext. Être dissipé, se comporter avec espièglerie; dire ou faire des polissonneries. Racadot et Mouchefrin, qui étaient voisins et se plaisaient, ne polissonnèrent plus que durant les classes d'histoire et de géographie (Barrès, Déracinés,1897, p.7).
B. − [Le suj. désigne un homme, une femme] Se comporter de façon libertine, se complaire dans des propos licencieux; en partic., se livrer aux jeux amoureux. Il ne fait que polissonner (Ac.). [Fragonard] se mit (...) au ton du jour, et ses jeunes amants, après avoir polissonné dans les greniers (...) trouvèrent le bonheur en pouponnant d'innombrables marmots (Hourticq, Hist. art,Fr., 1914, p.278).Jusqu'alors Germaine avait polissonné avec les garçons du village; les manières délicates du soldat l'émurent. Pendant un mois, ce fut entre eux une idylle fort chaste (Arland, Ordre,1929, p.420).
Le prince [de Ligne] a une manière gaie et parfois polissonnante (c'est un de ses mots) de dire même des choses sérieuses (Sainte-Beuve, Caus. lundi,t.8, 1853, p.263).L'oeil gamin, la mine espiègle, le geste polissonnant, le contentement de la niche accomplie et le rayonnement du bonheur de vivre, prêtaient au plus jeune l'air de chérubin et l'âge d'un collégien en vacances (Goncourt, Ch. Demailly,1860, p.6).Une page de Fragonard, c'est comme une peinture de Diderot. Même ton polissonnant et ému (Goncourt, Journal,1859, p.657).REM.
Polissonnant, -ante, adj.,rare. a) [En parlant d'un trait physique ou du comportement d'une pers.] Qui témoigne d'un caractère vif, espiègle, polisson. Le prince [de Ligne] a une manière gaie et parfois polissonnante (c'est un de ses mots) de dire même des choses sérieuses (Sainte-Beuve, Caus. lundi,t.8, 1853, p.263).L'oeil gamin, la mine espiègle, le geste polissonnant, le contentement de la niche accomplie et le rayonnement du bonheur de vivre, prêtaient au plus jeune l'air de chérubin et l'âge d'un collégien en vacances (Goncourt, Ch. Demailly,1860, p.6).b) [En parlant d'une oeuvre littér., d'une représentation artist., de leurs caractéristiques] Qui présente un caractère libre ou licencieux. Une page de Fragonard, c'est comme une peinture de Diderot. Même ton polissonnant et ému (Goncourt, Journal,1859, p.657).
Prononc. et Orth.: [pɔlisɔne], (il) polissonne [pɔlisɔn]. Att. ds Ac. dep. 1718. Étymol. et Hist.1. 1718 (Ac.: Polissonner. Dire ou faire des polissonneries); spéc. 1845-46 «licencieux» (Besch.); 2. 1780 «traîner, vagabonder» (MmeRiccoboni, Aloise de Rivarot, OEuv., t.V, p.192 ds Pougens d'apr. Littré). Dér. de polisson*; dés. -er. Fréq. abs. littér.: 20.
Wiktionnaire
Français
Source : Wikitionnaire
Verbe
polissonner \pɔ.li.sɔ.ne\ intransitif ou transitif 1er groupe (voir la conjugaison)
- (Vieilli) Vagabonder, jouer dans les rues, en parlant d’enfants.
- surtout la rue Courtalon, une ruelle noire, sordide, qui va de la place Sainte-Opportune à la rue Saint-Denis, trouée d’allées puantes, au fond desquelles ils avaient polissonné, étant plus jeunes. — (Émile Zola, Le Ventre de Paris, Georges Charpentier, Paris, 1873)
- Apprenti chez un Allemand - qui vous nourrissait tous à la même écuelle, vous reprochait votre négligence à coups de tire-pied sur le dos et vous défendait de polissonner dans les rues - tu travaillais à merveille, …. — (Nicolas Gogol, Les âmes mortes -1842 ; traduction de Henri Mongault -1949)
- (Vieilli) Dire ou faire des polissonneries.
- Il ne fait que polissonner.
- – Mon cher, la Garde impériale est polissonnée dans toute la ville !… les péquins t’embêtent, et par contrecoup, ça me touche à fond de cœur. — (Honoré de Balzac, La Rabouilleuse, Furne, Paris,1843)
- Vous avez fait aller les autres, papa, la petite vous tient et vous polissonne… — (Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, deuxième partie)
Littré (1872-1877)
polissonner
(po-li-so-né) v. n.
- 1Faire le polisson, vagabonder, jouer dans les rues, la campagne, en parlant d'enfants.
Il allait polissonner avec d'autres enfants au bord du canal, pêcher dans les étangs
, Mme Riccoboni, Aloïse de Rivarot, Œuv. t. V, p. 192, dans POUGENS. - 2Dire ou faire des polissonneries.
On ne les voit jamais oisifs et désœuvrés jouer dans une antichambre ou polissonner dans la cour, mais toujours occupés à quelque travail utile
, Rousseau, Hél. VI, 10.Cette table, assez nombreuse, était très gaie sans être bruyante, et l'on y polissonnait beaucoup sans grossièreté
, Rousseau, Conf. VII.Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
Étymologie de « polissonner »
- Dérivé de polisson, avec le suffixe -er.
Polisson.
Source : Dictionnaire LittréPhonétique du mot « polissonner »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| France (Lyon) : écouter « polissonner » |
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Fréquence d'apparition du mot « polissonner »
Source : GoogleTraductions du mot « polissonner »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | polish |
| German | polissonner |
| Spanish | polaco |
| Portuguese | polimento |
| Italian | lucidatura |
| Dutch | polish |
| Polish | polski |
| Russian | польша |
Synonymes de « polissonner »
Citations sur le mot "polissonner"
Les vieux polissons sont rares. On les reconnaît facilement, ils ont la nourriture en horreur.
Frédéric Dard
N'oublions pas que les ennemis sont essentiellement des politiciens, des polissons professionnels ; c'est leur métier d'être ennemis.
Jean Giraudoux
Les vérités de la philosophie sont devenues des polissons. On se déshabille en public. On salit les murs.
Simone Weil