Ronchonner
verbe
intrans
Sommaire
Définitions de « ronchonner »
Trésor de la Langue Française informatisé
RONCHONNER, verbe intrans.
Ce déplacement est nécessaire et (...) il serait inutile de ronchonner (Huysmans, En route, t. 1, 1895, p. 274).Le gendarme brossait son képi d'un air désabusé. − « Allons, debout! » ronchonna-t-il, « et donnez-moi vos noms, prénoms, et toute la séquelle » (Martin du G., Thib., Cah. gr., 1922, p. 651).Je faisais une première sortie entre une Mathilde ronchonnante et un Milandre épanoui (H. Bazin, Lève-toi, 1952, p. 62).Mais ces phrases, je les devinai plutôt que je ne les entendis, tant elle les prononça d'une voix ronchonnante et en serrant les dents (Proust, Guermantes 1,1920, p. 312).Zut... M... N... de D... Ça me rend tout ronchon, D'faire quand j'croyais tout fait, 'cor un' blag' pour Ponchon (Verlaine, Corresp., t. 3, 1889, p. 73).De temps à autre, par sursaut, il revenait un peu à la vie (...) Ça lui venait en ronchonnements ... des insultes dans le fond de son assiette, toutes rauques... toutes sourdes...: « Nom de Dieu! Nom de Dieu de merde!... » (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 565).REM.
Ronchonnant, -ante, part. prés. en empl. adj.,fam. [En parlant d'une pers.] Qui ronchonne. Je faisais une première sortie entre une Mathilde ronchonnante et un Milandre épanoui (H. Bazin, Lève-toi, 1952, p. 62).[P. méton.] Propre à quelqu'un qui ronchonne. Mais ces phrases, je les devinai plutôt que je ne les entendis, tant elle les prononça d'une voix ronchonnante et en serrant les dents (Proust, Guermantes 1,1920, p. 312).
Prononc. et Orth.: [ʀ ɔ ̃ ʃ ɔne], (il) ronchonne [-ʃ ɔn]. Att. ds Ac. 1935. Étymol. et Hist. 1866 (Delvau, p. 344: Ronchonner. Être grognon, maussade; bougonner); d'où a) 1894 ronchonnant part. prés. adj. « qui ronchonne » (D'Esparbès, Yeux clairs, p. 37); b) 1920 id. « propre à quelqu'un qui ronchonne » voix ronchonnante (Proust, loc. cit.). Mot prob. venu de la région lyonn. où le verbe roncher « ronfler », qui représente le lat. roncare « id. » d'où l'a. fr. ronchier, ca 1223 (Gauthier de Coinci, Mir. Vierge, éd. V. F. Koenig, II Mir. 30, 848), est entouré de nombreux dér.: dauph. ronchuná, rũtsiñá (FEW t. 10, p. 466b), lyonn. rouchonno (ibid. et Du Puitsp.), avec le sens de « gronder, pleurnicher ». La forte valeur onomat. du mot a certainement été pour beaucoup dans son admission en fr. pop. Fréq. abs. littér.: 44.
DÉR. 1.
Ronchon, adj. et subst.,pop., fam. (Personne) qui a pour habitude de ronchonner. Synon. bougon, grognon, ronchonneur.Un vieux ronchon. Zut... M... N... de D... Ça me rend tout ronchon, D'faire quand j'croyais tout fait, 'cor un' blag' pour Ponchon (Verlaine, Corresp., t. 3, 1889, p. 73).− [ʀ ɔ ̃ ʃ ɔ ̃]. − 1reattest. 1878 (Rigaud, Dict. jargon paris., p. 299); déverbal de ronchonner*.
2. Ronchonnement, subst. masc.,pop., fam. Action de ronchonner; paroles, murmures proféré(e)s par quelqu'un qui ronchonne. Ronchonnement de mauvaise humeur. De temps à autre, par sursaut, il revenait un peu à la vie (...) Ça lui venait en ronchonnements ... des insultes dans le fond de son assiette, toutes rauques... toutes sourdes...: « Nom de Dieu! Nom de Dieu de merde!... » (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 565).− [ʀ ɔ ̃ ʃ ɔnmɑ ̃]. − 1reattest. 1880 le ronchonnement d'un gosse (Huysmans, Croquis Parisiens, p. 58 ds Cressot, p. 217); de ronchonner, suff. -ment1*.
Wiktionnaire
Français
Source : Wikitionnaire
Verbe
ronchonner \ʁɔ̃.ʃɔ.ne\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)
- (Familier) (Lyonnais) (Québec) Être de mauvaise humeur tout en grognant constamment.
- — Oh toi, ronchonne-t-elle, tu joues l’esprit fort, n’empêche que tu dormais mal, souviens-toi. Et que t'as été bien content de rhabiter Paris. — (Frédéric Dard, San-Antonio, n° 63 : Faut être logique, Éditions Fleuve Noir, 1967)
- Et ce monsieur commençait à ronchonner, il devenait exigeant, réclamait pour la nourriture. — (Djamila Amrane, Des femmes dans la guerre d'Algérie, 1994)
- Il y a maintenant deux semaines que la victoire de Joe Biden a été déclarée par tous les observateurs éclairés de la scène politique américaine et, depuis ce jour, on n'a vu pratiquement aucun signe de vie de la part de Donald Trump, mis à part ses incontournables tweets et quelques sorties où les caméras l’ont capté de loin à ronchonner sur ses parcours de golf. — (Pierre Martin, « La sombre comédie d’un président qui s’accroche désespérément au pouvoir », Le journal de Québec, 22 novembre 2020)
Littré (1872-1877)
ronchonner
(ron-cho-né) v. n.
- Terme populaire. Grommeler.
Il fumait sa pipe sur son siége, ronchonnant après les clients qui ne venaient pas, en attendant qu'il pût ronchonner après les clients qui viendraient
, Gaz. des Trib. 28 nov. 1875, p. 1147, 1re col.
Étymologie de « ronchonner »
- Peut-être de l'ancien français ronchier, du latin rhoncare, lui-même issu du grec ancien ῥόνχος (rhonkhos) qui signifie "ronflement". → voir ronchon et -er.
Phonétique du mot « ronchonner »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| France (Lyon) : écouter « ronchonner » |
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| France (Lyon) : écouter « ronchonner » |
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| Canada (Shawinigan) : écouter « ronchonner » |
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Fréquence d'apparition du mot « ronchonner »
Source : GoogleTraductions du mot « ronchonner »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | grumble |
| German | grummeln |
| Spanish | grumble |
| Portuguese | resmungar |
| Italian | brontolio |
| Dutch | mopperen |
| Polish | grumble |
| Russian | ворчать |
Synonymes de « ronchonner »
- murmurer
- grogner
- râler
- bougonner
- rouspéter
- rager
- maugréer
- fumer
- grommeler
- gronder
- maronner
- rogner
- rognonner
- se plaindre
- protester
- marmotter
- enrager
- marmonner
- être en colère
- geindre
- bisquer
- être en fureur
- écumer
- ragonner
- gémir
- grognonner
- grognasser
- endêver
- broncher
- bourdonner
- être en rogne
- grogner
- grommeler
- bougonner
- marmonner
- protester
- rognonner
- gronder
- maronner
- pester
- semoncer
Citations sur le mot "ronchonner"
Les grands hommes ronchonnent rarement, ils n'en ont pas le temps.
Jacques Chancel
Je ronchonne, donc je suis.
Woody Allen
Il n'y a pas de bonheur sans ronchonnements.
Alexandre Dumas

