Souder

verbe trans

Définitions de « souder »

Trésor de la Langue Française informatisé

SOUDER, verbe trans.

A. − Assembler, faire adhérer en un tout continu des pièces métalliques ou des produits synthétiques soit en chauffant l'une ou les deux parties en contact, ou en utilisant une composition fusible (brasage), soit par une action chimique ou physique permettant d'unir leur interface. Anton. dessouder, détacher1, rompre, séparer.Souder des cosses, des tôles, des tuyaux; souder des pièces métalliques à l'autogène, au chalumeau, à l'étain; souder à froid; souder deux pièces de plomb par martelage; métaux qui se soudent facilement; souder des tissus synthétiques par ultrasons. Les tôles ne sont pas rivées, mais soudées électriquement par points (Chapelain,Techn. automob., 1956, p. 290).Il faut (...) réchauffer les deux pièces à une température voisine de celle de ramollissement en raison de la faible diffusibilité du verre. Il faut toujours recuire la partie soudée (Cl. Duval, Verre, 1966, p. 109).V. frette1ex. de Thaller, soudage ex. de Rousset, soudure ex. 1.
Empl. abs. Matériel à souder; apprendre à souder. On laisse aux extrémités des tubes [de verre] un espace libre de trois millimètres environ et l'on soude, dans la flamme chauffante d'un petit bec de Bunsen (Nocard, Leclainche,Mal. microb. animaux, 1896, p. 380).V. borax ex. et soudant ex. de Fillon.
Fer à souder. ,,Outil dont la partie essentielle est une masse de cuivre (panne) que l'on porte à une température suffisante pour fondre l'alliage d'étain employé dans les soudures ordinaires`` (Quillet 1965). Rapporter au fer à souder de petits morceaux de métal blanc aux endroits nécessaires (Ambroise,Monteur mécan., 1949, p. 29).
Lampe* à souder.
P. méton.
Fermer en soudant. Souder un cercueil. Les pipettes, remplies complètement, sont soudées à la lampe, à leur extrémité (Nocard, Leclainche,Mal. microb. animaux, 1896, p. 266).On vend en boîtes soudées une margarine à la graisse de phoque (T'Serstevens,Itinér. esp., 1933, p. 208).
Au part. passé. Construit, monté en soudant. Charpente soudée; technique de la construction soudée. La construction [de bateaux] par préfabrication soudée connut (...) une certaine faveur (Le Masson,Mar., 1951, p. 95).V. soudeur ex. de Arts et litt.
B. −
1. Faire se réunir par adhérence des éléments matériels. Souder les lèvres d'une plaie; pétales soudés; molécules, surfaces osseuses qui se soudent (entre elles). Souder les deux oreilles d'un lapin, puis, après soudure, couper une oreille au-dessous afin de voir le rétablissement de la sensibilité (Cl. Bernard, Notes, 1860, p. 99).Ces protozoaires qui commencent par entremêler leurs pseudopodes et finissent par se souder entre eux (Bergson,Évol. créatr., 1907, p. 260).
Souvent au passif. [Le compl. d'obj. désigne une articulation] Bloquer en faisant adhérer les cartilages. Hanche, jointures soudée(s). Il avait un genou soudé par une blessure de guerre et tenait sa jambe étendue, raide comme une planche (Druon,Gdes fam., t. 1, 1948, p. 40).
P. exagér. Fixer, réunir fortement. Souder ses lèvres à celles de qqn. Il réussit à souder ses crocs à l'entour d'un tendon (Cladel,Ompdrailles, 1879, p. 29).Les doigts crispés, les mâchoires soudées, il réfrénait une furieuse envie de mordre, d'aboyer sa rage (H. Bazin,Tête contre murs, 1949, p. 335).
2. [Le compl. d'obj. désigne une étendue ou une chose considérée par rapport à son étendue] Faire se toucher, réunir. Temps paléontologiques où l'Angleterre était soudée au continent européen (Morand,Londres, 1933, p. 1).Ultérieurement, l'armée de Lattre et l'armée Patch viendraient du sud se souder à l'ensemble du dispositif (De Gaulle,Mém. guerre, 1956, p. 296).
C. − Au fig. Unir étroitement, intimement.
1. [Le compl. d'obj. désigne des pers.] Souder une équipe; être soudés autour de qqn; se souder autour d'un chef. Quel que soit l'amour qui les soude l'un à l'autre, l'homme et la femme sont toujours étrangers d'âme, d'intelligence (Maupass.,Contes et nouv., t. 1, Bûche, 1882, p. 780).Si j'arrive à organiser ces imbéciles en groupe, à les souder en un seul bloc (Camus,Possédés, 1959, 2epart., 11etabl., p. 1038).
2. [Le compl. d'obj. désigne des choses abstr.] Les esprits puissamment synthétiques qui ont voulu jusqu'au bout essayer de souder des pensées que leur époque écartelait: Érasme (...) Pascal (...) Mirabeau (Mounier,Traité caract., 1946, p. 678).
En partic. [Le compl. d'obj. désigne des élém. ling.] Souder deux mots en un seul. Menendez-Wodon, horloger. Un nom castillan et un nom flamand soudés par un trait d'union (Hugo,Rhin, 1842, p. 55).La langue philosophique devient une langue agglutinante. Parfois, à l'inverse, au lieu de se souder, les mots, intimement, se délient. Préfixes et suffixes (...) se dessoudent (Bachelard,Poét. espace, 1957, p. 192).
P. ext.
Associer étroitement. Est-ce par hasard si les affiches de ce même parti [communiste] tendaient plus récemment à souder son nom à des images de jeunesse en plein air, de soleil, d'arbres en fleurs? (Huyghe,Dialog. avec visible, 1955, p. 47).
Renforcer ce qui unit. La grève avec occupation des usines (...) soude l'unité des grévistes en les maintenant réunis, et exprime de manière frappante la force retrouvée dans l'union (Reynaud, Syndic. en Fr., 1963, p. 87).Ce qui soude la solidarité [d'un groupe de travail], ce sont les pressions venues d'en-haut (Traité sociol., 1968, p. 470).
Prononc. et Orth.: [sude], (il) soude [sud]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. Souder 1. [fin xies. solder « joindre deux pièces (métalliques) » (Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t. 1, n o958a et b)] ca 1160 (Eneas, éd. J. J. Salverda de Grave, 4474: bien recuiz et bien soldez); ca 1165 (Troie, éd. L. Constans, 10388: si soudee la plataine); 1472 fers à soulder (Jean de Roye, Journal, éd. B. de Mandrot, t. 1, p. 266); 1676 fer à souder (Félibien); 1923 lampe à souder (Quéret, Industr. gaz, p. 237); 2. a) [fin xies. solder « réunir par adhésion, faire adhérer » (Raschi, op. cit., n o958e)] ca 1202 solder (Jean Bodel, Congés, 308 ds Les Congés d'Arras, éd. P. Ruelle, p. 96: ma char solder et reprendre); b) 1842 ling. (Hugo, loc. cit.); 1868 (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 11, p. 208: on en a soudé les deux parties [du mot a parte = aparté]); 3. ca 1225 fig. « lier étroitement » (Gautier de Coinci, Mir [II Ch 9], éd. V. F. Koenig, t. 3, p. 441, 3511: aers a lui [Dieu] est et sodez [mon cœur]). B. Soudant 1863 Blanc-soudant (Mozin-Peschier Suppl., p. 40); 1872 température du fer soudant (Littré). C. Soudé 1872 hippol. un cheval bien soudé (ibid.). Du lat. solidare « rendre solide, consolider, affermir, donner de la consistance », dér. de solidus (solide*). Fréq. abs. littér.: souder 146; soudé 221. Fréq. rel. littér.: soudé xixes.: a) 563, b) 166; xxes.: a) 155, b) 276.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Verbe

Souder un circuit imprimé (1).

souder \su.de\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Joindre des pièces de métal ensemble, au moyen d’une composition métallique fusible.
    • C'était une fabrique de bijoux et Béatrice soudait l’or, l'argent, le cuivre, préparait les modèles pour les représentants. Elle était devenue une excellente monteuse en bijoux. — (Geb, Béatrice, tome 2, Éditions Publibook, 2007, page 77)
  2. Unir directement par le martelage ou la fusion autogène des parties en contact, de manière à n’en faire qu’une même pièce, en parlant des pièces de métal.
    • Souder deux pièces de fer.
  3. (Sens figuré) Réunir fermement des choses matérielles qui ne le sont pas habituellement.
    • En effet, mes mâchoires étaient soudées sur électrodes par le courant, il m'était impossible de desserrer les dents, quelque effort que je fasse. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • La description de Ch. Depéret touchant le cône d'alluvions préglaciaires se soudant vers l'amont aux dépôts morainiques de Vancia et se dirigeant à l'aval vers la vallée de Tassin doit être complétée […]. — (Philippe Russo, Géologie et hydrologie appliquées à l'urbanisme dans les collines lyonnaises, Audin et Cie, 1964, vol.1, page 83)
  4. (Sens figuré) Réunir (des réalités immatérielles).
    • Ainsi, la recherche personnelle s'inscrivait dans un contexte plus large de collaboration qui soudait ensemble les intérêts de chacun pour une époque particulière et ses caractéristiques. # (Sens figuré) Réunir fermement des choses matérielles qui ne le sont pas habituellement.
  5. (Anatomie, Botanique) (Pronominal ou à la voix passive) Se rejoindre ou se trouver uni de manière à ne plus former qu’une seule pièce, en parlant de parties anatomiques d'un végétal, d’abord ou ordinairement distinctes.

Anagrammes

→ Modifier la liste d’anagrammes

  • doseur
  • doures, dourés
  • droues
  • odeurs
  • ourdes, ourdés
  • résoud
  • soudre
  • sourde
  • sudoer
  • udores
  • urédos
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

souder

(sou-dé) v. a.
  • 1Joindre ensemble des pièces de métal au moyen de la soudure.
  • 2Amollir au feu et battre ensemble des pièces de métal, de manière à les unir et à n'en faire qu'une même pièce. On soude tous les jours le fer avec lui-même ou sur lui-même ; mais il faut la plus grande précaution, pour qu'il ne se trouve pas un peu plus faible aux endroits des soudures, Buffon, Hist. min. Introd. part. exp. Œuvr. t. VII, p. 92.
  • 3 Terme d'anatomie et de botanique. Réunir par adhésion deux parties. L'inflammation a soudé les deux feuillets de la plèvre.
  • 4 V. n. Devenir soudé. La pièce soudera à merveille, Buffon, Hist. min. Introd. part. exp. Œuvr. t. VII, p. 80.
  • 5Se souder, v. réfl. Contracter soudure. L'affinité du cuivre avec le fer est encore démontrée par la facilité que ces deux métaux ont de se souder ensemble, Buffon, Min. t. V, p. 88. Le fer a la propriété de se souder avec lui-même sans intermède ; il suffit de lui donner une chaleur suffisante, Brongniart, Traité de min. t. II, p. 393, dans POUGENS.
  • 6En parlant de parties organiques, être réuni par adhésion en une seule pièce. Ces deux parties se sont soudées.

HISTORIQUE

XIIIe s. Vraiement le dist l'Escripture, Que c'est [baptême] la sode et la jointure Par quoi sommes joint et saudé à chelui ki tout a creé, Gui de Cambrai, Barl. et Jos. p. 47. Et que nus [nul] ne soit si hardis ki soude d'estain en noeve oevre [d'or ou d'argent], Tailliar, Recueil, p. 241. Que nus chandelliers de cuivre ne soient faiz de pieces soudées pour metre sus la table, Liv. des mét. 101. Nus boutonier ne puet faire boutons, qu'il ne soient bien saudé et loialment, c'est à savoir li deux bras de la queue, et li boutons en milieu oniement [uniment], ib. 185.

XVIe s. Defendons à tous orfeuvres et autres d'alterer, soulder ou charger aucunes especes d'or ou d'argent, à peine d'estre punis comme faux monnoyeurs, Ordonn. janv. 1560. Souder argent vif [chose impossible], Génin, Récréat. t. II, p. 249.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « souder »

(Date à préciser) Du latin solidare (« rendre solide, consolider, affermir, donner de la consistance »), dérivé de solidus (« solide »).
Source : Wikitionnaire

Wallon, sôdé ; prov. soldar, soudar, espagn. et portug. soldar ; ital. sodare ; du lat. solidare, de solidus, solide : rendre solide.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « souder »

Phonétique Prononciation
France : écouter « souder [su.de] »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « souder »

Source : Google

Traductions du mot « souder »

Langue Traduction
English souder
German souder
Spanish souder
Portuguese alma
Italian souder
Dutch souder
Polish souder
Russian souder
Source : DeePL

Synonymes de « souder »

Antonymes de « souder »