Des abus extérieurs [du clergé normand], comme celui de monter à cheval en tabard, c'est-à-dire en manteau de laïque (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p. 46).
Prononc. et Orth.: [taba:ʀ]. Avec et sans -d (Rob., Rob. 1985, Lar. Lang. fr.). Prop. Catach-Golf. Orth. Lexicogr. 1971, p. 219: tabard. Étymol. et Hist.xiiies. tabairt « manteau porté par les gens de guerre » (Pastourelles, éd. J.-C. Rivière, noVII, 8); id. tabar (La Contrecengle, B.N. fr. 837 ds Montaiglon et Raynaud, Rec. gén. Fabliaux, t. 2, p. 260); 1240-80 tabart (Baudoin deCondé, Dits et contes, 207, 61 ds T.-L.). Orig. obsc., peut-être germ., le mot étant originaire du Nord de la France (v. Cor.-Pasc. et FEW t. 21, pp. 519b-520a, qui rejette l'étymol. précédemment proposée au t. 20, p. 21). Bbg.Alessio (G.). Problemi di etimologia romanza. R. Ling. rom. 1950, t. 17, pp. 37-54. − Baldinger (K.). Z. rom. Philol. 1977, t. 93, p. 577. − Mantou (R.). Le Vocab. des actes originaux réd. en français... B. de la Comm. royale de topon. et dialectol. 1976, t. 50, p. 577. − Sain. Arg. 1972 [1907], p. 4, 47, 181, 269.
(Habillement) Vêtement du dessus médiéval fait d'une courte veste aux manches en forme d'ailerons, enfilé par-dessus l'armure.
Mais ce qui donne à la procession un caractère tout particulier, c’est le héraut d’armes de la cité de Londres, vêtu comme au moyen âge, avec un tabard historié du blason d’Angleterre ; ce sont des chevaliers couverts de pied en cap d’armures d’or et d’acier, suivis de leurs pages portant la lance et l’écu, qui marchent isolés, de distance en distance, entre les divers pelotons.— (Théophile Gautier, Zigzags, 1845)
(Par extension)(Héraldique) Dalmatique du héraut. Il est généralement brodé aux armoiries de l’office ou employeur du héraut. Le vêtement présente quatre surfaces (face, dos et sur chacun des bras) sur lesquelles les armoiries sont reproduites, permettant à quiconque de les voir quelle que soit sa position par rapport au héraut.
Lorsque qu'un homme tireur d'épée
s'accoutrera de tabardes
Car un homme, ne le cachez pas
Sera toujours homme en tabardGeorges Brassens
Mais quand je serai revenu à toi
Parmi les mauvais poètes
J'aurai porté des tabards bleus
Des bonnets romains et des fêtesPaul Éluard
N'est-ce pas cette race étrange de souricères à tabards de ramoneurs qui évitent le mot propre, le geste délicat, la main tendre, le regard pur, la peau luisante de l'été, la voix d'enfant sans bégaiement, et rallument les tisons éteints de l'enfer des boucs, les fièvres éteintes des boucs bâtis ?Jules Supervielle