Comment voulez-vous qu'une musulmane revienne de bon cœur au vieux yachmak épais, quand elle coudoie, chaque jour, des dames de Péra, nues des cheveux aux épaules et qu'elle voit vous et moi leur rendre hommage! (Farrère, Homme qui assass., 1907, p. 75).
Prononc. et Orth.: [jakmak], [jaʃmak]; Barbeau-Rodhe 1930, Warn. 1987 [jakmak]; Lar. Lang. fr. [jaʃmak]. Plur. des yachmaks. Étymol. et Hist. 1847 yamack [sic] (Nerval, Les Druses ds R. des Deux Mondes, p. 578); 1854 yachmac (DuCamp, Nil, p. 42); 1879 yachmak (Loti, Aziyadé, p. 65). Empr. au turcyas????mak « voile dont les femmes turques se couvraient le bas du visage ».
(Habillement) Voile laissant découvert le haut du visage, que portaient les femmes turques.
Tous ces corps de femmes, enveloppés chacun jusqu’aux pieds de pièces de soie de couleurs éclatantes, toutes ces têtes blanches cachées sous les plis des yachmaks d’où sortaient des yeux noirs, se confondaient sous les cyprès avec les pierres peintes et historiées des tombes.— (Pierre Loti, Aziyadé, 1879)
Elles étaient assises sur leurs montures, enveloppées de leurs yachmaks : on ne pouvait rien voir d'autre que leurs yeux et les talons de leurs chaussures.— (Nabokov, traduction de Raymond Girard, Le Don, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2010, tome II, p. 104)