A. −HIST.Propriétaire roturier jouissant de certains privilèges dans l'Angleterre médiévale. (Dict. xixeet xxes.).
− P. ext.[En Angleterre]Propriétaire d'une certaine importance, qui cultive ses terres.L'agriculture anglaise, qui avait fait un énorme effort de mise en valeur de toutes ses terres pendant les guerres napoléoniennes, (...) connut jusqu'en 1840 « une de ses périodes les plus noires » (lord Ernle). Ce fut la fin d'une classe sociale, l'exode des yeomen (paysans propriétaires) déjà affaiblis par les impôts écrasants de la période 1800-1815 (Lesourd, Gérard, Hist. écon., 1968, p. 212).
B. −Yeoman de la garde.Vétéran de la garde, en Angleterre, qui paraît dans les cérémonies royales en costume du xves. (Dict. xixeet xxes.).
Les Anglais conquièrent deux fois le royaume avec leur yeomanry, et marchent avec confiance à la tête de la classe populaire (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 2, 1821-24, p. 75).Le fils robuste du Saxon, le fils élancé du Normand, ne sont-ils pas toujours distincts? Si vous ne rencontrez plus le premier courant les bois avec l'arc de Robin Hood, vous le trouverez brisant les machines ou sabré à Manchester par la Yeomanry (Michelet, Introd. Hist. univ., 1831, p. 458).
REM.
Yeomanry,subst. fém.,hist. de l'Angleterre.a)Classe sociale formée par les yeomen et venant après la gentry.Les Anglais conquièrent deux fois le royaume avec leur yeomanry, et marchent avec confiance à la tête de la classe populaire (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 2, 1821-24, p. 75).b)Police montée créée à la fin du xviiies. et formée de yeomen.Le fils robuste du Saxon, le fils élancé du Normand, ne sont-ils pas toujours distincts? Si vous ne rencontrez plus le premier courant les bois avec l'arc de Robin Hood, vous le trouverez brisant les machines ou sabré à Manchester par la Yeomanry (Michelet, Introd. Hist. univ., 1831, p. 458).
Prononc. et Orth.: [joman]. Le yeoman, un yeoman, sans liaison. Plur. yeomen [jomεn]. Prop. Catach-Golf. Orth. Lexicogr. 1971, p. 317: yoman, plur. yomans. Étymol. et Hist. 1614 citat. du terme angl., au plur., yeomen désignant des roturiers jouissant d'une certaine considération (A. DuChesne, Hist. generale d'Angleterre, d'Escosse et d'Irlande, 14 ds Höfler Anglic.); 1669 Yeomans de la garde (E. Chamberlayne, L'Estat present de l'Angleterre, 219, ibid.); 1765 (Encyclop. t. 17: Yeman [...] nom de ceux qui en Angleterre sont les premiers après les gentils-hommes, dans les communes [...] Les yemans sont proprement ceux qui ont des francs fiefs, qui ont des terres en propre). Empr. à l'angl.yeoman, yeman prob. issu, par contraction, d'une forme du vieil angl. qui est à l'orig. de youngman « jeune homme, page » et désignant en m. angl. un serviteur ou un domestique de rang assez élevé dans une maison royale ou une famille de haute noblesse, d'où son emploi dans des syntagmes se référant à sa fonction, comme Yeoman of the Guard où il désigne un membre de la garde royale constituée en 1485 à l'avènement de Henri VII, ou son emploi dans la mar. pour désigner un officier subalterne chargé d'un secteur de l'approvisionnement et pour désigner un homme n'appartenant pas à la noblesse, mais dont la condition de propriétaire terrien lui donnait droit à un certain rang (1387 ds NED). Bbg.Bonn. 1920, p. 174.
(Histoire) Paysan propriétaire de la terre qu’il cultive dans l’Angleterre médiévale. Ils forment l’élite villageoise.
[…] ; un d’entre eux, un yeoman, robuste et bien taillé, portant un costume de drap vert de Lincoln, […], se retourna brusquement ; […].— (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
En d’autres temps le yeoman eût résisté et se fût accroché à sa terre. Mais, outre les villes, les colonies l’attiraient.— (André Maurois, Histoire de l’Angleterre, Fayard & Cie, 1937, p. 589)
Ce ne fut, dit Hallam, ni la noblesse d’Angleterre, ni ses vassaux qui gagnèrent les batailles de Crécy, de Poitiers et d’Azincourt : […] ; mais ce furent les yeomans qui tiraient l’arbalète d’un bras sûr et nerveux, […].— (Alexandre de La Fons de Mélicocq, Une cité picarde au Moyen-Age, ou Noyon et le noyonnais aux XIVe et XVe siècles, Noyon : Soulas-Amoudry, 1841, p. 13)
Tout roturier exerçant un office à la cour ou auprès d’un notable.
Gardes des souverains britanniques. Ce corps, créé en 1485 par Henry VII, est recruté par les anciens militaires et n’a plus que des fonctions d’apparat. Il a conservé le costume du XVIe siècle. Il fournit les gardiens de la tour de Londres, populairement appelés beefeaters.
Membre de la yeomanry (voy. ce mot au Dictionnaire). Robin Hood, c'est le héros national… compatissant d'ailleurs et bon envers le pauvre monde, recommandant à ses gens de ne pas faire de mal aux yeomen ni aux laboureurs, H. Taine, Hist. de la littér. anglaise, t. I, livre I, les Origines, ch. II, et IX.
The yeoman, like any other Englishman, was free to think and speak what he liked, but it was also his duty to stand up and fight for it when called upon.Winston Churchill
I am myself a web Yeoman, who has haupmbly adored for many years...Charlotte Brontë
The cheerful call of the yeomanry, their forceful spirit, their readiness to help by their personal activity... these bright-faced peasant lads, glad to stand shoulder to shoulder with the prince's son, rich in their loyalty and their pluck.Walter Scott